Intégrale Claude Berri #01 : Le vieil homme et l’enfant (1967)

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Le vieil homme et l’enfant

 
France : 1967
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Claude Berri,
Acteurs : , ,
Durée : 1h27
Genre : Comédie, Drame
Date de sortie cinéma : 11 mars 1967

Note : 4/5

Récit semi-autobiographique pour lequel Claude Berri a puisé dans ses souvenirs d’enfance, Le vieil homme et l’enfant propose au spectateur un retour à une période sombre : celle d’une France pétainiste au cœur de laquelle les Juifs, les rouges et les francs-maçons étaient considérés comme la cause de tous les maux du pays. Mais, bien déterminé à creuser un peu derrière la surface, le cinéaste décide de nous raconter l’amour et l’attachement profonds nés entre un petit garçon juif et un vieil homme antisémite et bourru…

 

 

Synopsis : Paris sous l’Occupation. Claude, enfant juif, commet un vol et est envoyé à Grenoble pour échapper à la Gestapo. Hébergé par un vieux couple, l’arrivée de cet enfant va transformer l’existence de Pépé. Ancien poilu et pétainiste, le vieil homme ignore tout des origines de Claude et le prend sous son aile…

 

 

Difficile pari que celui de Claude Berri qui, pour son premier long-métrage en 1967, décide d’évoquer sur un mode semi-poétique quelques années de son enfance durant l’occupation, et sa rencontre avec une famille de « braves gens » et avec son pépé de substitution, incarné à l’écran par Michel Simon. Le vieil homme et l’enfant est donc raconté à travers les yeux de son petit héros de neuf ans découvrant une vie simple et champêtre : les allers et retours entre l’école et la ferme et l’incompréhension devant les us et coutumes des adultes rythment donc le récit. Un brin opportuniste, Berri reprend à son compte le mélange d’innocence et d’irrévérence développé par Yves Robert quelques années plus tôt avec La guerre des boutons, confrontant son regard d’enfant aux agissements des français, ou des adultes en général, durant l’occupation.

Outre son ton nostalgique et enfantin, la grande force du film de Claude Berri se situe dans son parti pris d’observer sans émettre le moindre jugement moral. Ainsi, les personnages de Michel Simon (Pépé) et Luce Fabiole (Mémé) ont beau être absolument et résolument réactionnaires – ils sont même ouvertement pétainistes – Berri fait le choix de les présenter sous un jour tout à fait positif, comme pour souligner toutes les contradictions qui sclérosaient la France de l’époque, et démontrer qu’à force d’amour et de sentiments, tout au fond n’est jamais ni tout blanc ni tout noir.

S’il aborde des thématiques graves (guerre, antisémitisme) en les saupoudrant d’humour et de tendresse, Claude Berri n’en cède pas pour autant aux excès ou à la facilité, refusant les rebondissements attendus (les deux fermiers ayant accueilli le jeune Claude n’apprendront jamais qu’il est juif) ou le recours au pathos (les adieux ne se font pas dans les larmes). Aussi, Le vieil homme et l’enfant propose finalement au spectateur une chronique lumineuse et positive dont la fraicheur, alliée à un rythme bien tenu et à une photo des plus bucoliques, n’en est finalement que plus touchante.

 

 

Conclusion

En choisissant de situer Le vieil homme et l’enfant à mi-chemin entre la fable et le témoignage, Claude Berri réussit à faire de son film une œuvre à la fois sensible et intemporelle, qui délivre au final un message d’espoir selon lequel la compréhension et les sentiments parviennent à surmonter toutes les idées reçues. Cette chronique distanciée aux accents paradoxalement criants de vérité, portée par l’interprétation extraordinaire de Michel Simon, a par ailleurs reçu l’Ours d’argent à Berlin en 1967.

 

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