Festival de Gerardmer 2016 : bilan

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banière Festival de Gérardmer 2016

La 23e édition du Festival du Film Fantastique de Gérardmer 2015 s’est terminée hier soir avec la cérémonie de clôture qui a décerné les différents prix, suivie de la projection du dernier film American Hero de Nick Love, très réussi mais on n’a pas le droit d’en parler, le distributeur ayant interdit à la presse de le faire ici comme il l’avait fait à Dinard où on l’avait découvert. Étrange phénomène que celui où, dans un festival de cinéma ouvert au public, deux films sont interdits de papier critique alors qu’ils peuvent être vus de tous, l’autre étant , carrément interdit aux critiques accrédités (séance uniquement pour les enfants – ah -) même si certains ont bravé courageusement la «censure» qui s’explique aisément à la vision du film. Qu’il y ait des contraintes après des projections strictement réservées aux professionnels peut plutôt se comprendre dans le contexte privilégié de notre profession mais là, cela se justifie difficilement.

Bone Tomahawk affiche

Le jury du Festival présidé par a rendu un palmarès plutôt satisfaisant dans son ensemble. Un Grand Prix largement mérité, remis au meilleur film (et de loin) d’une compétition qui ne fut hélas pas aussi exemplaire que celle de l’an dernier et heureusement ce sont d’autres longs-métrages plus honorables que expressément réussis qui ont également été primés par son groupe de jurés et récompensés. avait l’avantage sur les autres films en lice ou hors-compétition d’être l’oeuvre d’un auteur dont le talent à l’écriture et à la mise en scène s’annonce particulièrement prometteuse (le cas Lucile Hadzihalilovic étant un cas à part, son talent est reconnu depuis longtemps même si elle tourne peu). Un film écrit avec précisions, des dialogues brillants et ce grand moment du genre est filmé avec un réel sens de l’image, de la narration et du rythme salué déjà aux Spirit Awards (nommé pour le meilleur scénario) et aux prix de la Directors Guild où il est nommé en tant que réalisateur de premier film. Quatre ans après avoir écrit réalisé par Alexandre Courtès, S.Craig Zahler s’impose comme un auteur à suivre, comme un futur grand, tous genres confondus d’ailleurs, mais pour l’instant interdit de grand écran pour la deuxième fois consécutive, la sortie en DVD est annoncée pour le mois de mai. Rien n’interdit d’espérer une sortie en salles après la (légitime) très bonne réception de ce western cannibale.

jury palmarès 2016 gérardmer musique

Autre talent confirmé, celui de , déjà primé en 2011 du prix SyFy pour , ici honoré par le public (et le jury des longs pour la musique) pour The Devil’s Candy, plaisante variation de Shining et autres classiques du genre, portée par une bonne dose d’humour (qui vient des personnages plus que d’un regard cynique de l’auteur), de jolis sentiments (filiaux, amoureux…) et une belle distribution dont en artiste tourmenté par les fantômes d’une maison hantée et fragile colosse. Un esprit agréablement hard rock règne dans cette œuvre recommandable dans l’ensemble, primée par le public mais aussi pour sa musique.

Le diable était à l’honneur cette année dans les Vosges avec ce film, qui a fait quasiment l’unanimité en sa faveur (oncle Philippe le bouc noir, grand héros de l’année) ainsi que l’Enfer avec un long-métrage que l’on ne s’attendait pas à voir au palmarès, , found footage plutôt agréable, notamment dans son utilisation intelligente du procédé car si l’on ne comprend pas pourquoi les héros de ces productions anonymes persistent à filmer des événements dramatiques plus ou moins surnaturels sans jamais, ou presque, lâcher leur caméra, ici c’est fait de manière crédible. Le film prend un peu trop son temps à démarrer et se retrouve plombé par des tournures qui ne marchent pas toujours mais reste un divertissement de bonne facture dans l’ensemble. Le diable est encore au cœur du faux documentaire La Rage du démon qui rend un hommage involontaire au critique de cinéma Jean-Jacques Bernard disparu depuis le tournage et sur qui le film s’achève.

Soulignons enfin la remarquable qualité du nouveau système de réservations des places mis en place avec succès depuis l’an dernier. Déjà de très haut niveau, il a été encore amélioré avec un système de badge qui évite le ticket physique et assure de rentrer sans queue interminable. Désormais, il est possible de savoir avec certitude si l’on rentrera ou pas aux projections, ce qui n’était pas le cas auparavant, une source de stress et de déceptions, surtout pour le public payant qui avait parfois abandonné l’expérience douloureuse de s’acquitter des cartes d’abonnement au montant relativement élevé, déçu d’être quasi systématiquement refoulé des films qu’il espérait découvrir avec fébrilité et enthousiasme. À ce niveau, le festival possède l’un des meilleurs systèmes de réservation pour le public non accrédité mais aussi pour les accrédités presse et professionnels. Un festival égalitaire pour tous, une réussite qui n’est pas encore relayée au niveau qu’elle mérite et que l’on s’empresse de faire ici, même si certains se sont plaints de ne pas avoir pu rentrer à certaines séances, à raison, on n’en doute pas, donc il reste de la marge de progression, que l’on ne peut qu’encourager histoire d’éviter les salles peu remplies parfois. Saluons encore le travail et l’engagement exemplaire des bénévoles à l’accueil des salles !

Le Jury longs-métrages de la 23e édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer était également composé de Sophie Audouin-Mamikonian, François-Eudes Chanfrault, Guillaume Gouix, Jonathan Lambert, Gilles Marchand, Dominik Moll, Louise Monot, Mathilde Seigner et Elsa Zylberstein. Le Jury courts-métrages était présidé par Dominique Pinon, accompagné de Justine Le Pottier, Philippe Nahon, Olivier Van Hoofstadt, Thomas Verovski et Alison Wheeler. a débuté son discours en affirmant espérer que la 23ème édition nous donnera envie de revenir à la 24ème. Je valide !

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