Festival Cinémas Différents et Expérimentaux de Paris 2016 : Soirée d’ouverture

0
96

festival-films-differents-2016-bandeau

Ce Mardi 11 octobre 2016 eut lieu la soirée d’ouverture de la 18ème édition du festival des cinémas différents et expérimentaux, aux Voûtes, lieu culturel sise de la Bibliothèque François Mitterrand. Divisée en deux parties, l’ouverture fut, dans un premier temps, consacrée à une sélection de films choisie par , artiste et cinéaste. Ce corpus d’œuvres est, pour l’essentiel, le fait d’un trio d’artistes-amis issus de la sphère artistique new-yorkaise : , et .

barbie-audition-joe-gibbons

Dans , Joe Gibbons simule un entretien d’ « embauche » entre ce qui semble être un imprésario (incarné par Gibbons lui-même) et une jeune actrice, personnifiée par une poupée Barbie, celle-ci hochant de la tête, acquiesçant à chaque question posée par Gibbons. Le dispositif est minimaliste, et la caméra se fait l’écrin, le réceptacle de la performance surréaliste de Gibbons. Ce dernier interprète cet impresario qui, au fur et à mesure de l’entretien, devient de plus en plus « paternaliste » à l’égard de cette jeune femme au point de muer en un dragueur minable profitant de la naïveté de son interlocutrice. Ce qui dans un film « normal » eût été particulièrement sordide, la performance de Gibbons, alliée à la présence de « Barbie », créent une distance avec le fond de l’histoire et confère à cette œuvre une tonalité absurde de bon aloi. A travers ce film, Gibbons réactive un geste « lo-fi », « punk », à la sensibilité brute. Soit l’équivalent cinématographique de Daniel Johnston ou Jad Fair, des artiste musicaux œuvrant dans la galaxie indépendante « lo-fi ».

tony-oscular-pets-tony-conrad-01

Dans , Tony Conrad nous introduit à ses animaux de compagnie. Seulement ceux-ci ont élu domicile au sein de ses voies buccales et ne sont en fait que des microbes, ou germes, issus de la nourriture. Conrad nous évoque ces « charmantes » bestioles sous un ton paternaliste comme s’ils eussent été des animaux particulièrement mignons. L’humour pince-sans-rire de Conrad, en sus de ses propos complètement incongrus, nous gratifient d’un spectacle cocasse. A l’instar des métrages de Joe Gibbons, le minimalisme de la « mise en scène » confère au film un aspect amateuriste, proche de l’esprit « Do-It Yourself ».

L’on retrouve ce même esprit absurde dans , où Tony Conrad imagine les procédés de notation d’élèves les plus aberrants possibles. Encore une fois, l’humour faussement sérieux participe à l’esprit complètement délirant de l’œuvre.

segundo-de-chomon-les-tulipes

Suite à ce programme, et dans une deuxième partie, le festival des cinémas différents consacra un focus au cinéaste . Bien que d’origine espagnole, de Chomon réalisa la grande partie de son œuvre en France. En 1905, il est en effet engagé par Pathé dans le dessein de concurrencer sur son propre terrain. Peu à peu, et à force de travail, Segundo de Chomon devient l’égal de Méliès sur le plan technique. En dépit d’une maîtrise formelle impressionnante et d’une imagination débridée, le cinéaste espagnol a été, pendant longtemps, omis des exégèses cinématographiques avant d’être réhabilité à sa juste valeur.

L’artiste a été conviée afin d’accompagner musicalement les métrages de Segundo de Chomon. Son style est une sorte de pop-synthétique aux accents industriels / bruitistes / expérimentaux. En somme, dans un genre bien éloigné des relectures improvisées de Debussy, Ravel, ou autres, constituant le lot commun des séances de cinéma muet au sein des grandes institutions. En dépit d’un volume sonore légèrement excessif, l’accompagnement musical fonctionne parfaitement. Les visions féériques et diaboliques du réalisateur espagnol s’accordent de manière idoine aux rythmes robotiques de la musique. Une expérience visuelle et sonore réussie !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici