De retour en salles au mois d’octobre 2020

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© 1976 Rena Small / The CKK Corporation / Films sans Frontières Tous droits réservés

Généralement, les grosses sorties hollywoodiennes, presque sans exception repoussées en 2021, et les films de répertoire, soigneusement restaurés après leur premier cycle d’exploitation des décennies plus tôt, n’occupent pas les écrans des mêmes salles. Pourtant, on aurait pu croire que la disette du côté des blockbusters incite les distributeurs spécialisés à mettre les bouchées doubles. Il n’en est hélas rien en ce mois d’octobre, toujours placé sous le signe de l’épidémie, avec à peine une dizaine de beaux films anciens de retour dans les salles obscures.

Faute de quantité, il faudra donc se rattraper du côté de la qualité. Une tâche plutôt facile, grâce à plusieurs œuvres majeures de réalisateurs aussi légendaires que John Huston, Jonathan Demme, John Carpenter, Marguerite Duras, Michael Mann, Jean-Luc Godard et Michelangelo Antonioni. Du beau monde hautement hétéroclite en somme, qui peuple cette petite sélection mensuelle, en attendant un mois de novembre au contraire très chargé.

© 1992 Andrew Schwartz / New Line Cinema / Splendor Films Tous droits réservés

Hollywood domine

Chacun des quatre mercredis du mois nous offre au moins une ressortie américaine incontournable. Curieusement, ce mois d’octobre s’agence en dents de scie, avec le deuxième et le quatrième jour de sortie plutôt bien garnis, tandis que ce jour et dans deux semaines, les cinéphiles nostalgiques n’auront pas grand-chose à se mettre devant les yeux. Dès aujourd’hui, vous aurez ainsi l’occasion de revoir un classique récent sous forme du thriller magistral de Jonathan Demme, lauréat de cinq Oscars majeurs (Meilleur Film, réalisateur, acteur, actrice et scénario adapté) en 1992, que Ciné Sorbonne avait déjà ressorti il y a deux ans.

Le seul mini-cycle du mois fait preuve de davantage de rareté, puisque les films de la dernière période de la carrière faste de John Huston ressortent sensiblement moins régulièrement en France que ses chefs-d’œuvre des années 1940, ’50 et ’60. Il faudrait ainsi remonter plus de dix ans en arrière pour en trouver un en 2009, le sublime chant de cygne Les Gens de Dublin, alors que des films comme African Queen, Dieu seul le sait et Les Désaxés se rappellent à nous à intervalles plus réguliers. D’où tout l’intérêt de revoir ces deux films à la thématique à fleur de peau que sont avec l’illuminé Brad Dourif et avec un Albert Finney en grande forme alcoolisée. Merci à Carlotta Films d’avoir remis à l’ordre du jour ces deux films d’un maître du cinéma à l’état brut !

Dans une semaine, Films sans frontières ressort l’un de nos Carpenter préférés : le diablement efficace Assaut, refait sans trop de succès par Jean-François Richet en 2005 sous le titre Assaut sur le Central 13 avec Ethan Hawke et Laurence Fishburne. Aucune tête d’affiche aussi prestigieuse n’est à signaler dans l’original de 1976, mais le spectacle anarchiste y est d’autant plus viscéral. De quoi achever convenablement la rétrospective officieuse du maître de l’horreur et du fantastique des années ’70 et ’80, qui s’était essentiellement déroulée en 2018 avec la ressortie de pas moins de six de ses films, de Halloween jusqu’à Invasion Los Angeles !

La seule et unique ressortie du 21 octobre sera a priori de Michael Mann chez Splendor Films. En redonnant aux premières aventures filmiques du docteur Hannibal Lecter son titre original, le distributeur met enfin un terme à la confusion entre ce film-ci, Le Sixième sens lors de sa sortie française, et Sixième sens de M. Night Shyamalan. Refait lui aussi assez modestement en 2002 par Brett Ratner sous le titre Dragon rouge, le troisième long-métrage de Michael Mann ne doit nullement craindre la comparaison avec Le Silence des agneaux.

Enfin, la semaine suivante, le même distributeur nous fait l’immense plaisir de ressortir l’adaptation de la pièce de théâtre de David Mamet Glengarry par James Fowley. Un casting démentiel y accomplit des tours de force en parfaite complémentarité : de Jack Lemmon dans son dernier grand rôle de vieillesse, qui lui avait valu la Coupe Volpi du Meilleur acteur au Festival de Venise en 1992, jusqu’à Al Pacino à deux doigts de décrocher un Oscar pour son second rôle savoureux, en passant par des acteurs devenus encore plus adulés depuis, tels que Alec Baldwin, Alan Arkin, Ed Harris et Jonathan Pryce. Seule la carrière de Kevin Spacey s’est brutalement arrêtée depuis, pour les raisons qu’on connaît.

L’Avventura © 1960 Enrico Appetito / Produzioni Cinematografiche Europee / Société Cinématographique Lyre /
Théâtre du Temple Distribution Tous droits réservés

France, Italie, Royaume-Uni, Danemark : l’Europe riposte

Face à cette déferlante américaine, le cinéma européen ne reste quand même pas les bras croisés. Dès mercredi prochain, le 14 octobre, vous pourriez ainsi découvrir le controversé de Franco Rosso, jusque là inédit en France, où le distribuent Les Films du Camélia. Même dans son pays d’origine, l’Angleterre, il était resté invisible pendant près de quarante ans, à cause de son incitation supposée à la haine raciale. Accueilli à l’époque avec un degré de polémique à peu près comparable, le premier succès international de Thomas Vinterberg revient sur les écrans grâce à Mission Distribution le jour de la sortie du nouveau film du réalisateur Drunk. Enfin, la ressortie, toujours le 14 octobre, de de Marguerite Duras par le biais de Tamasa Distribution pourrait nous servir de prétexte pour rendre hommage à l’immense Michael Lonsdale, disparu le 21 septembre dernier.

Une fois de plus, on vous a gardé le meilleur pour la fin. Car le dernier mercredi du mois, deux chefs-d’œuvre sortis en 1960 célébreront en grande pompe leur 60ème anniversaire. Que dire encore de ces deux monuments intemporels du Septième art que sont de Jean-Luc Godard et L’Avventura de Michelangelo Antonioni ? Tout simplement que, chacun à sa façon, Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg côté français et Monica Vitti et Gabriele Ferzetti côté italien y forment des couples éminemment mythiques du cinéma mondial. A ne rater donc sous aucun prétexte, tout en soutenant accessoirement le travail exemplaire de leurs distributeurs respectifs Carlotta Films et Théâtre du Temple Distribution !

Babylon © 1980 Diversity Music / Les Films du Camélia Tous droits réservés

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