Critique : Dancing in Jaffa

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Dancing in Jaffa afficheDancing in Jaffa

Etats-Unis, 2013
Titre original : –
Réalisateur : Hilla Medalia
Scénario : Philip Shane, Hilla Medalia
Acteurs : Pierre Dulaine, Yvonne Marceau
Distribution : Pretty Pictures
Durée : 1h30
Genre : Documentaire
Date de sortie : 2 avril 2014

Note : 4.5/5

La danse de salon est un univers qui n’est sans doute familier qu’à une poignée de cinéphiles. Autant dire qu’un documentaire s’intéressant à cet univers n’est pas a priori susceptible de passionner un nombre important d’habitués des salles obscures. Sauf si ce documentaire est réalisé par une documentariste israélienne qui va suivre le travail d’un natif de Jaffa devenu champion du monde de danse de salon et qui va passer plusieurs semaines dans sa ville natale à essayer de faire danser ensemble des enfants palestiniens et israéliens.

 

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Synopsis :  Né à Jaffa en 1944, Pierre Dulaine quitte son pays avec sa famille en 1948 pour s’installer à l’étranger. Après une carrière internationale accomplie de danse en couple, Pierre retourne à Jaffa pour réaliser son rêve : faire danser ensemble des enfants juifs et palestiniens pour rapprocher les communautés. C’est là, selon lui, que réside toute la beauté de la danse de salon : forcer deux personnes à se déplacer en faisant qu’un.

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Qui est Pierre Dulaine ?

Face au triste conflit israélo-palestinien, il y a des hommes qui se dressent avec une bonne volonté émouvante pour essayer de faire tomber les barrières, disons plutôt les murs qui existent depuis des années entre la communauté juive et la communauté arabe. On connaît le magnifique travail de Daniel Barenboïm au sein de son Orchestre du Divan occidental-oriental qui réunit chaque été des musiciens juifs et arabes au sein d’un orchestre symphonique. On connaît moins Pierre Dulaine, un homme qui fut 4 fois champion du monde de danse de salon. Né en 1944 à Jaffa, en banlieue de Tel Aviv, d’une mère palestinienne et française et d’un père soldat irlandais, il a vu sa famille suivre l’exil de milliers de palestiniens en 1948, lors de la création de l’état d’Israël. Un exil au cours duquel la famille est passée par Chypre, l’Angleterre et l’Irlande du Nord. L’Irlande qu’il faut quitter car là-bas, un couple où le père est protestant et la mère catholique, ça craint ! L’exil se poursuit en Jordanie, au Liban et à Birmingham, en Angleterre. C’est là qu’il commence la danse, avant de partir pour les Etats-Unis, où il rencontre la danseuse américaine Yvonne Moreau avec laquelle il va truster les récompenses dans le domaine de la danse de salon. C’est également avec elle qu’il fonde en 1994 le programme « Dancing Classrooms », destiné au départ aux écoles publiques de New-York. Le but : permettre aux enfants d’effacer les barrières sociales, améliorer leur confiance en eux, leur apprendre le respect, à communiquer, à coopérer, à accepter les autres quand bien même ils sont différents. Un programme dont plus de 350 000 enfants ont profité en 20 ans. Un programme dont Pierre Dulaine a pensé que sa ville de naissance pourrait en tirer bien du profit.

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Difficile, mais exaltant

Faire danser ensemble des enfants palestiniens et israéliens alors que, la plupart du temps, ils ne se parlent même pas, quel beau programme. C’est tout cela que nous montre la réalisatrice, l’israélienne Hilla Medalia, dans ce magnifique documentaire qu’est Dancing in Jaffa. En fait, la vie et les réalisations de Pierre Dulaine avaient déjà fait l’objet d’au moins 2 films : Dance with me de  Liz Friedlander, film dans lequel Antonio Banderas tenait le rôle de Pierre Dulaine, et le documentaire Un…deux…trois dansez de Marilyn Agrelo. Dancing in Jaffa, tout en étant à la fois passionnant, drôle et émouvant, ne cache rien des difficultés que Dulaine a rencontrées pour lancer son programme dans sa ville de naissance. Heureusement pour lui qu’il parle parfaitement l’arabe et, qui plus est, avec une pointe d’accent palestinien, car, en plus du fossé existant entre juifs et arabes, il lui a fallu surmonter, par exemple, le problème de faire danser des filles avec des garçons en milieu musulman. Autour de ce magnifique projet, le conflit continue et Pierre Dulaine visite la maison de son enfance, tout cela le film n’oublie pas de le montrer.

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Conclusion

Si, sur terre, il y avait davantage de Barenboïm et de Dulaine, la vie de milliards de gens serait beaucoup plus facile. Et si, derrière les caméras, il y avait davantage d’Hilla Medalia, la vie des cinéphiles serait beaucoup plus exaltante !

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=pd3AaxLr8Ck[/youtube]

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