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Critique : Yao


France, : 2018
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Philippe Godeau,
Interprètes : , ,
Distribution :
Durée : 1h43
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 23 janvier 2019

2.5/5

Avant tout producteur, il arrive de temps à temps à Philippe Godeau de se lancer dans la réalisation. C’est ainsi que Yao est le 3ème long métrage qu’il réalise, un film qu’il a produit avec Omar Sy, sa tête d’affiche, et dont il a écrit le scénario avec Agnès de Sacy.

Synopsis : Depuis son village au nord du Sénégal, Yao est un jeune garçon de 13 ans prêt à tout pour rencontrer son héros : Seydou Tall, un célèbre acteur français. Invité à Dakar pour promouvoir son nouveau livre, ce dernier se rend dans son pays d’origine pour la première fois. Pour réaliser son rêve, le jeune Yao organise sa fugue et brave 387 kilomètres en solitaire jusqu’à la capitale. Touché par cet enfant, l’acteur décide de fuir ses obligations et de le raccompagner chez lui. Mais sur les routes poussiéreuses et incertaines du Sénégal, Seydou comprend qu’en roulant vers le village de l’enfant, il roule aussi vers ses racines.

Un père sans son fils

Seydou Tall est un acteur français d’origine sénégalaise. Célèbre en France, complètement intégré dans ce pays, il n’a jamais mis les pieds au Sénégal. Alors qu’il est invité à Dakar pour faire la promotion d’un livre qu’il a écrit, il se fait une joie d’emmener Nathan, son jeune fils, avec lui sur la terre de ses ancêtres. Autant dire que sa déception est grande lorsque Laurence, son épouse avec qui il est en instance de séparation, lui apprend que Nathan est malade et ne peut donc accompagner son père.

Yao est un jeune garçon de 13 ans qui vit dans le nord du Sénégal, dans un petit village au milieu de la brousse. Son idole ? Seydou Tall. Prêt à tout pour le rencontrer, même furtivement, c’est tout seul que ce gamin débrouillard entreprend le voyage de 387 kilomètres entre son village et Dakar. La rencontre qu’il espérait va se concrétiser et, sans doute grâce à l’absence de Nathan et au sentiment de manque ressenti par son père, elle sera loin d’être furtive, Seydou décidant de raccompagner Yao dans son village.

Un gros défaut et des qualités

Le générique de fin nous apprend que Yao est dédié à Jacques Godeau, le père du réalisateur, et à Demba Sy, celui du comédien. Pas vraiment surprenant dans la mesure où le thème du film a beaucoup à voir avec la paternité. Pas étonnant non plus quand on apprend que Jacques Godeau travaillait au Mali lorsque le futur réalisateur était enfant et que l’attirance de Philippe Godeau pour l’Afrique est née lors des visites qu’il rendait alors à son père. En tout cas, c’est vers l’Afrique qu’il s’est tourné lorsqu’il a décidé de réaliser un film sur les valeurs de la famille et de la paternité. Lui qui avait choisi François Cluzet pour interpréter le rôle principal de ses 2 premiers longs métrages s’est, cette fois-ci, tourné vers Omar Sy, son partenaire dans Intouchables, et, avec la collaboration de Agnès de Sacy, il a écrit le scénario spécifiquement pour son acteur.

Face à un certain nombre de qualités indéniables, on ne peut que regretter la réalisation trop souvent amorphe de ce road-movie tourné de façon chronologique. Très intelligemment, la peinture de l’Afrique s’avère à la fois idyllique et fidèle. C’est ainsi qu’on y retrouve l’hospitalité et le sens de l’entraide des populations mais, par ailleurs, la corruption, ici celle des forces de l’ordre, est belle et bien présente. Quant à la différence de perception des notions de temps et de respect des horaires entre les populations africaines et européennes, elle est montrée avec d’autant plus de légèreté et de bienveillance que l’européen de service, ici, c’est le personnage interprété par … Omar Sy !

Fatoumata et Germaine

Personnalité préférée des français depuis un peu plus de 2 ans, Omar Sy est un comédien particulièrement sympathique. Cela n’en fait pas pour autant un grand comédien : comme d’habitude chez lui, on trouve peu de nuances dans son jeu, ce qui, ici, n’est pas véritablement une faiblesse, le rôle n’exigeant pas un comédien aux multiples facettes. A la vision du film, on peut se demander quelle peut être la notoriété du comédien Omar Sy au Sénégal : adulé par les enfants d’un petit village au cœur de la brousse, très éloigné de la capitale, Seydou Tall n’est même pas reconnu par la plupart des adultes qu’il rencontre. Qu’en est-il, dans la vraie vie, de celui qui interprète son rôle ?

Choisi parmi 600 enfants, le jeune Lionel Louis Basse, l’interprète de Yao, s’acquitte plutôt bien de sa tâche, même si l’authenticité de son accent empêche parfois de bien comprendre ce qu’il dit. Un sous-titrage aurait pu, parfois, s’avérer utile.

A côté de ces deux têtes d’affiche, on apprécie de retrouver, comme dans Timbuktu, la grande chanteuse malienne Fatoumata Diawara, ainsi que la danseuse et chorégraphe franco-sénégalaise : dans les scènes où elles apparaissent, elles arrivent à insuffler au film un dynamisme trop souvent absent le reste du temps. Quant à la musique du film, elle est signée M (), un artiste qui, justement, a beaucoup travaillé avec Fatoumata Diawara. Avouons qu’on est un peu surpris d’entendre une musique beaucoup plus proche du blues que de la musique de l’ouest de l’Afrique, même si, de temps en temps, heureusement, il arrive qu’on entende un peu le son de la kora.

 

Conclusion

Il est vraiment dommage que la réalisation de Philippe Godeau soit si paresseuse car, par ailleurs, Yao n’est pas sans qualité. Jamais caricaturale, la peinture de l’Afrique est à la fois fidèle et pleine de sympathie. Dans la distribution, on apprécie particulièrement les seconds rôles que sont Fatoumata Diawara et Germaine Acogny.

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles