Critique : Panic sur Florida Beach (FEFFS 2015)

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Panic sur Florida Beach critique de film Joe Dante 1993Panic sur Florida Beach 

USA – 2015
Titre original : Matinee
Réalisateur : Joe Dante
Scénario : Charlie Haas
Acteurs : John Goodman, Cathy Moriarty, Simon Fenton
Distribution : CTV International
Durée : 1h39
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 28 juillet 1993

Note : 4,5/5

Le Festival 2015 de Strasbourg reçoit comme invité d’honneur Joe Dante, et une rétrospective lui est consacrée, l’occasion de voir ou revoir en salles Gremlins 1 & 2, L’Aventure intérieure ou encore Hurlements. Mais c’est également l’occasion assez rare jusque-là de découvrir dans une salle ce qui est certainement le long-métrage le plus abouti de Dante, long-métrage quasiment invisible pendant de nombreuses années avant une sortie DVD confidentielle aux USA en 1998. Ce film date de 1993 et c’est Panic sur Florida Beach.

Synopsis : Key West, Floride, 1962. Alors que le monde est au bord de l’aneantissement nucleaire, Lawrence Woosley presente en premiere mondiale son nouveau film d’horreur. Les habitants de Key West, Gene et ses amis, s’appretent a vivre un samedi apres-midi qu’ils n’oublieront pas.

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Le film le plus abouti de Dante

Le titre original, Matinee, désigne ces séances destinées aux enfants des années 1950-1960 où les kids américains pouvaient passer des après-midis entières au cinéma, à voir films, cartoons et autres programmes destinées à la jeunesse. Comme souvent chez Dante, on croise dans son film beaucoup de références aux séries B de SF des 50’s, mais ici l’histoire prend un tour un peu plus autobiographique et personnel pour le metteur en scène. En effet, le métrage narre la rencontre d’un gamin, un peu solitaire (sa famille déménage très souvent à cause des obligations professionnelles du père militaire) et passant presque tout son temps à voir des films d’horreur et de monstres au cinéma, avec Lawrence Woolsey, producteur et « show-man » dans le monde de la série B d’horreur, présentant son tout nouveau film « Mant ! », le tout se déroulant pendant la crise des missiles de Cuba en 1962, dans la petite ville de Key West cédant peu à peu à la panique.

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Un hommage au cinéma de son enfance

Pauvre Joe Dante… Son film le plus méconnu est très certainement le plus réussi. Rendant hommage au cinéma de son enfance tout en s’éloignant un peu de ses genres de prédilection (horreur et SF), il nous livre un petit bijou de comédie attachante, drôle, mais aussi nostalgique et mélancolique sur une Amérique perdant peu à peu son innocence, à la veille de l’assassinat de JFK et de l’offensive américaine au Vietnam.

Jouant constamment sur la frontière entre réel ou imaginaire, en particulier lors de la séance du film dans le film « Mant ! », le long-métrage évoque la puissance de fascination et d’immersion du 7ème Art, manière pour les adolescents américains d’échapper un moment à la vague de peur et de paranoïa qui secoue la petite ville de Key West. Il est également l’occasion de découvrir un John Goodman littéralement ébouriffant, dans ce personnage de producteur excentrique, mégalo, à mi-chemin entre Alfred Hitchcock et Orson Welles, mais évoquant surtout William Castle, cinéaste beaucoup moins connu, réputé dans les 50’s pour avoir réalisé des séries B d’horreur et mis au point des procédés dans les salles de cinéma afin de surprendre le public et assurer le succès de ses œuvres.

Conclusion

En bref, une très belle œuvre de cinéma, mais surtout un très beau film sur le pouvoir du cinéma et de l’imaginaire, un petit bijou encore trop peu méconnu. NB : pour une analyse poussée de Matinee, je vous invite à découvrir cette présentation du film par le critique-historien de cinéma Jean-Baptiste Thoret

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