Critique : Luke Cage (saison 1)

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Il n’y a pas si longtemps (deux ou trois ans), on apprenait que allait adapter des héros sur petit écran, dans le même univers que le « MCU » (tout ce qui tourne autour d’Avengers donc, en bref Studios). Des héros urbains – , Jessica Jones, , Iron Fist – qui vont finir réunis dans un crossover, leur propre Avengers : The Defenders. Entre une première saison de géniale l’année dernière, et une seconde, elle aussi d’une grande qualité, en début d’année, était apparu dans Jessica Jones il y a tout juste un an. Aujourd’hui il a le droit à sa propre série, avant qu’Iron Fist ne débarque sur nos écran en mars prochain, et qu’on les retrouve tous dans The Defenders donc, dans un an pile poil. Vous l’aurez compris : le plan de pour est bien huilé, tout autant qu’au cinéma, et promet un rythme de deux séries par an. Si  c’est pour retrouver la qualité de , c’est une promesse alléchante. Cependant Jessica Jones m’avait moins conquis, et on peut dire que m’a déçu. La formule / est-elle à bout de souffle ? Par pour autant. Explications.

Do the right thing

enchaîne les petits boulots pour survivre. Ex-détenu, Carl Lucas de son vrai nom a la particularité d’avoir une peau indestructible et une force surhumaine. S’il préfère cacher ses habilités pour avoir la tranquillité, une fusillade et l’arrivée massive d’armes à Harlem vont l’obliger à aller lui-même faire le ménage. Une intrigue qui mêle l’affirmation d’un héros, les magouilles politiques, l’antagonisme d’un caïd et des combats musclés, le tout dans une ambiance urbaine : de quoi rappeler  donc. Malheureusement la formule tourne un peu en rond ici – d’ailleurs vous aurez le droit à des impressions de déjà vu si vous avez vu l’excellente série de : combats dans des couloirs, photo jaunâtre, immeuble dans lequel le héros est piégé … Ici la sauce ne prend pas pour de multiples raisons : si incarne un badass comme il faut, et est bien entouré (mention spéciale pour , toujours aussi géniale), les « méchants » manquent cruellement de charisme. Que ça soit la machiavélique politicienne, le grandiloquent caïd Cottonmouth (incarné par Mahershala Ali, beaucoup moins en forme qu’en Rémy Danton dans House of cards !) ou le grand méchant ridicule, personne ne crève l’écran. Quant aux combats, qui se résument à des balles qui fusent et poings qui frappent, force est d’avouer qu’on reste dans le standard T.V. habituel – mis à par le combat dans le couloir déjà cité ! Il faut dire que semble avoir un budget assez serré, et n’est pas aidé par une réalisation qui fait son job, sans plus. De plus le vrai problème est que, à l’instar de Jessica Jones, l’intrigue est étendu sur beaucoup trop d’épisodes, les 13 épisodes auraient pu être compressés sur deux fois moins de temps. En résulte une histoire qui n’en finit pas, et qui tourne en rond …

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Boyz N the hood / Black Lives Matter

Il faut cependant avouer que se distingue par son ambiance : entièrement tournée et située à Harlem, la série interroge l’identité culturelle du quartier new-yorkais. Une identité interrogée par ses personnages, avec la candidate politique par exemple, mais aussi utilisée par les créateurs du programme. Comme les autres séries de , elle a le mérite d’avoir entièrement été tournée sur place (et non pas à Atlanta comme dans nombres d’autres séries ou films). Ultra-référencé, propose une bande-son remplie d’artistes qui viennent de Harlem : c’est simple, la musique est tellement indissociable à la série que chaque épisode débute par un concert dans la boite des antagonistes. On aura même droit à un invité surprise qui interviendra quelques minutes à l’écran, dont je tairai le nom pour les fans du mythique Wu Tang Clan ! peut aussi se voir comme une mini-série de Blaxsploitation, qui le temps d’un épisode passe même par la case « film de prison »(pour une origin story rétro fort sympathique). Notons d’ailleurs que le projet d’adaptation de était un temps entre les mains de Quentin Tarantino, qui a ressuscité une figure majeure de la blaxploitation dans les années 90′ (avec Pam Grier dans Jackie Brown) et qui n’a jamais caché son amour pour le genre.

Conclusion

est donc une série sympathique pour peu qu’on aime de près ou de mon Harlem et son ambiance, mais beaucoup trop sage et étendue. Son intrigue n’en finit pas et bien que portée par un héros auquel on s’attache tout de suite, les enjeux sont trop faibles pour nous emporter pendant 13 épisodes. Un constat paradoxal car on aurait aimé en voir plus : une série à l’image de son ultime épisode, avec un combat kitsch au possible mais des dernières minutes qui nous donne envie de signer pour une saison 2 …

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