Critique : Live by night

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Etats-Unis, 2016
Titre original : –
Réalisateur :
Scénario : Ben Affleck
Acteurs : Ben Affleck, ,
Distribution : Bros. France
Durée : 2h09
Genre : Action,
Date de sortie : 18 janvier

2/5

La dernière fois que Ben Affleck était passé derrière la caméra, c’était il y a quatre ans, avec Argo qui avait triomphé aux Oscar. Son troisième film en tant que réalisateur n’a été que le début d’un adoubement du tout Hollywood, puisque ont suivi un Terrence Mallick (A la merveille, la même année) et surtout un David Fincher (Gone Girl, 2014) dans lequel sa prestation fut quasi-unanimement saluée. En ce début d’année, il est revenu en tant que réalisateur-scénariste-producteur et acteur principal d’une adaptation de Dennis Lehane, auteur dont il avait adapté Gone baby gone il y a dix ans. Qu’en est-il du film en lui-même ? 

Synopsis officiel : Boston, 1926. Malgré la Prohibition, l’alcool coule à flot dans les bars clandestins tenus par la mafia et il suffit d’un peu d’ambition et d’audace pour se faire une place au soleil. Fils du chef de la police de Boston, Joe Coughlin a rejeté depuis longtemps l’éducation très stricte de son père pour mener une vie de criminel. Pourtant, même chez les voyous, il existe un code d’honneur que Joe n’hésite pas à bafouer : il se met à dos un puissant caïd en lui volant son argent et sa petite amie. Sa liaison passionnelle ne tarde pas à provoquer le chaos. Entre vengeance, trahisons et ambitions contrariées, Joe quittera Boston pour s’imposer au sein de la mafia de Tampa…

Pas besoin d’y aller par quatre chemins : Live by night veut trop en raconter, et finit par ne plus rien avoir à dire. Pour raconter ces quelques années de la vie de Joe, qu’il incarne, Ben Affleck multiple les intrigues et les personnage secondaires, s’étale sur plusieurs années sans prendre son temps, et on finit par ne plus être concerné par l’histoire de ce « gentil mafieux ». Difficile ainsi de s’y attacher … Par exemple, il passe quelques années en prison, qui sont expédiées en quelques plans et dont on ne reparlera plus jamais : comment faire peser le poids des années si elles ne se ressentent pas ? C’est tout autant problématique que c’est que le réalisateur semble vouloir raconter le déroulement d’une période précise (la prohibition), qui n’est au final qu’une toile de fond. Adapter un roman aussi dense aurait peut-être mérité un autre format, celui de série T.V. – ce qui a été le cas pour la période avec les cinq saisons de Boardwalk Empire

Ben Affleck a prouvé dans le passé qu’il sait mettre en scène la tension : dans The Town, film sur des braqueurs de banques, mais surtout à la fin d’Argo, pendant laquelle on restait en apnée tout en connaissant le fin mot de l’histoire. Ici pourtant, la scène de course-poursuite et la fusillade finale n’atteignent jamais le niveau des films précédemment cités ; pire, elles sont parfois illisibles, et plombées par une musique d’Harry Gregson-Williams en mode automatique. Heureusement que la photo de Robert Richardson sauve les meubles ! Niveau acteurs, si Ben Affleck joue encore le même rôle, on peut se consoler avec les brèves apparitions de Elle Fanning, toujours épatante. Le reste du casting, lui, souffre du problème qui traverse tout le film : on s’attache pas à eux car le film ne prend pas le temps ne se poser quelques minutes pour nous les rendre sympathiques …

Conclusion

 Live by night souffre donc d’une trop grande densité, et se révèle au final souvent brouillon. On avait pris l’habitude d’un Affleck plus en forme, devant comme derrière la caméra, ces dernières années. Nous  pouvions rêver le voir plus en forme avec ce qui fut annoncé un temps comme son prochain film en tant que cinéaste : le film en solo avec Batman (toujours sobrement titré The Batman pour le moment) qu’il incarne dorénavant sur grand écran. Mais il en a désormais cédé les rênes à Matt Reeves (Cloverfield ; La Planète des singes: L’Affrontement et l’attendu La Planète des singes: Suprématie…). Pour retrouver Ben Affleck derrière la caméra, il faudra attendre sa nouvelle version de Témoin à charge d’après le classique de Billy Wilder.

1 COMMENTAIRE

  1. Et encore, vous n’êtes pas cruel. J’ai vu une version doublée dans laquelle tous les personnages prononcent « Boston » comme bonbon, et je trouve Ben Affleck particulièrement inexpressif !

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