Critique : L’envolée

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L’envolée

Grande-Bretagne : 2019
Titre original : Perfect 10
Réalisation :
Scénario : Eva Riley
Interprètes : , , ,
Distribution :
Durée : 1h23
Genre : Drame
Date de sortie : 8 juillet 2020

3/5

Agée de 34 ans, Eva Riley est une scénariste et réalisatrice écossaise établie à Brighton, dans le sud de l’Angleterre. Cette diplômée de la National Film and Television School a réalisé plusieurs court-métrages, dont Patriot, présenté en compétition au Festival de Cannes 2015, avant de s’attaquer au long métrage avec L’envolée.

Synopsis : Leigh, 14 ans, vit dans la banlieue de Brighton avec un père souvent absent. C’est une gymnaste douée qui s’entraîne intensément pour sa première compétition. Lorsqu’un demi-frère plus âgé apparait une nuit sur le seuil de sa porte, son existence solitaire vacille. La méfiance fait place à des sensations inconnues et grisantes. Leigh s’ouvre à un monde nouveau.

De quoi perturber une jeune adolescente !

Un été ensoleillé dans le sud de l’Angleterre. 14 ans, une mère qui n’est plus là pour aimer et aider sa fille, un père irresponsable et trop souvent absent, une pratique sportive ingrate, la gymnastique, dans laquelle réussites et échecs se succèdent, voilà déjà de quoi perturber Leigh, une jeune adolescente de Brighton. Dire que l’arrivée impromptue de Joe, un demi-frère plus âgé qu’elle et dont elle n’avait jamais entendu parler, ne la perturbe pas encore un peu plus serait mentir. Joe, lui aussi, sent grandir en lui un fort ressentiment envers leur père commun. Ce point commun entre eux, plus la volonté farouche de Leigh de s’investir dans la bande de jeunes petits délinquants dans laquelle Joe s’est introduit, voici la vie de Leigh qui prend une nouvelle tournure. Par goût de la performance ? Par désir de montrer à ce demi-frère qui vient de débarquer dans sa vie qu’à tout point de vue, elle le vaut bien ?

Un frère et une sœur font connaissance à l’âge de l’adolescence

Un film sur un sport, la gymnastique ? Un film sur les problèmes posés à une adolescente par la perte de sa mère et l’irresponsabilité de son père ? Un film sur une Angleterre estivale à l’atmosphère lumineuse ? L’envolée est un peu tout cela, mais c’est surtout, c’est avant tout, un film sur l’évolution de la rencontre, arrivant alors qu’elle et lui sont déjà adolescent.e.s, entre un frère et sa sœur, ou, pour être vraiment précis, sa demi-sœur. Ils se flairent, ils se disputent, ils se rabibochent, ils se soutiennent l’un l’autre, des liens profonds se tissent. Même si Eva Riley ne peut pas être rangée (et ne veut sans doute pas l’être !) dans la lignée de Ken Loach, il y a dans son film un petit côté social, ne serait-ce que lorsque la réalisatrice montre combien le manque de moyens financiers peut handicaper une jeune adolescente dans la pratique de son sport. Quant à l’art de construire les plans, c’est une fois de plus vers les frères Dardenne qu’on peut se tourner avec cette façon de suivre très souvent de dos les personnages. Face à ces nombreuses qualités, on se contentera d’émettre un petit bémol en ce qui concerne la construction du récit, avec des transitions parfois trop abruptes d’une scène à l’autre.

L’excellente entente des deux interprètes

Concernant le casting de son film, Eva Riley n’a pas choisi la facilité. En effet, le scénario de L’envolée tourne surtout autour de Leigh et de Joe et elle s’était mis en tête de trouver deux adolescents non professionnels pour les interpréter, tout en manifestant le désir de faire exécuter les mouvements de gymnastique au sol par la comédienne tenant le rôle de Leigh. On peut dire que la chance était avec elle car elle a trouvé en Frankie Box l’interprète idéale de Leigh. Lors des séances d’audition communes, il est vite apparu que l’entente serait excellente entre Frankie et Alfie Deegan, l’interprète de Joe. Une entente qui leur a permis de donner libre court à une qualité commune, le goût et le talent pour l’improvisation. Exactement ce que recherchait la réalisatrice !

Comme pour Eva Riley en ce qui concerne la réalisation, L’envolée est le premier long métrage photographié par . On lui doit entre autre de belles images d’une Angleterre inhabituellement pleine de soleil et une très bonne restitution des mouvements de gymnastique au sol exécutés par l’interprète de Leigh.

Conclusion

Pour son premier long métrage, Eva Riley rend une copie prometteuse, avec la peinture entre ombre et lumière des premiers contacts entre un frère et sa demi-sœur alors qu’il et elle sont déjà arrivé.e.s à l’adolescence. Comme son jeune personnage féminin, la réalisatrice se cherche encore un peu, mais on attendra la suite de sa carrière avec attention et espoir.

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