Critique : La Terre et l’Ombre

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la terre et l'ombre afficheLa Terre et l’Ombre

Colombie, 2015
Titre original : La Tierra y la Sombra
Réalisateur : César Acevedo
Scénario : César Acevedo
Acteurs : Haimer Leal, Hilda Ruiz, Edison Raigosa
Distribution : Pyramide Distribution
Durée : 1h37
Genre : Drame
Date de sortie : 3 février 2016

Note : 2/5

Récompensé de la caméra d’or au dernier festival de Cannes où il fur présenté dans le cadre de la Semaine de la Critique, La tierra y la sombra est un peu le stéréotype du «film d’auteur d’Amérique Latine». Ou le pire cauchemar de critiques qui n’aurait comme moi pas aimé le film, le voyant dans ce qui j’imagine être la routine d’un festival : corps et esprit fatigués, redoutant ce qu’on pourrait naïvement (?) qualifier de typique «film d’auteur chiant».

Synopsis : En Amérique du sud, Alfonso retrouve sa famille plus de dix ans après l’avoir quittée. Il a maintenant un petit-fils, et son fils est gravement malade. En effet, l’exploitation intensive des cannes à sucre et les terres brûlées font tomber sur ce pays des pluies de cendres, s’insinuant dans les poumons des malchanceux, noircissant le ciel – et les esprits. Arrivera t-il à convaincre sa famille d’abandonner leur maison pour partir loin des cendres et de la poussière?

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Un anti-Prisonnière du désert ?

Bien sûr, je comprends très bien l’extase que l’on peut ressentir devant un film contemplatif, j’en ai déjà eu (l’heureuse) expérience, mais ici les quelques quatre-vingt-dix-sept minutes ont été une rude épreuve à endurer. Un des premiers plans du film donne de faux espoirs : Alfonso est accueilli par son petit-fils, qu’il n’a jamais connu, un long travelling arrière s’enfonçant dans la maison tandis qu’eux deux restent statiques. On se dit alors que le film va être un sorte d’anti-Prisonnière du désert, le plan s’opposant au célèbre plan du film de John Ford : Alfonso ne venant non pas sauver son fils en territoire ennemi, mais dans son propre foyer. Que nenni, la maison semble être un décor simplement esthétique, tout comme les autres lieux que traverseront (ou subiront) les membres de la famille.

la terre et l'ombre 2 la prisonniere du desert

 

 

 

 

 

 

Ainsi les longs plans fixes ou lents travellings montrent plus qu’ils racontent. Ils auraient pu constituer une proposition qui convienne aux thèmes du film mais leur atout principal est de combiner l’agonie du père avec celle du spectateur. Tout n’est pas à jeter, et quelques pointes de poésie pointent le bout de leur nez : un chant dans un bar ou une pluie cendrée par exemple, brefs moments de respiration. Cependant rien de neuf sous le soleil (des tropiques), le film enchaînant des plans souvent réussis mais interminables. Saluons tout de même la photographie, très belle et maîtrisée de bout en bout. Les quelques personnages de l’intrigue se résument eux à leurs rôles : un père malade, une belle-fille forte, et un homme blessé par la vie.

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Conclusion

Malgré des acteurs (amateurs) assez bons, il m’a été difficile de m’attacher à ces figures monolithiques. Il faut dire que le scénario s’étend sur la durée, diluant le peu d’empathie que l’on pourrait ressentir pour cette famille exploitée. Le film n’est ainsi qu’une succession de plans parfois beaux mais tout le temps vides. Un spectacle manquant d’âme et plus «auteurisant» qu’euphorisant.

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