Critiques de films Drame — 16 février 2015
Critique : Imitation Game

Imitation Game  l'affiche du film

USA, Grande-Bretagne, 2014
Titre original : The Imitation Game
Réalisateur : 
Scénario : , d’après l’oeuvre d’
Acteurs : , ,
Distribution : StudioCanal
Durée : 1h55
Genre : Biopic , Drame
Date de sortie : 28 janvier 2015

Note : 3,5/5

Héros oublié de la Seconde Guerre mondiale, Alan Turing est gracié plus de soixante ans après sa disparition par la reine d’Angleterre en 2013. Un an après, le long-métrage de Morten Tyldum apporte sa pièce à l’entreprise de réhabilitation médiatique du mathématiciens anglais.

Synopsis : 1940 : Alan Turing, mathématicien, cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.

Imitation Game, le film de l'année 2015

Histoire majeure de la seconde guerre mondiale

En choisissant d’adapter l’ouvrage primé d’Andrew Hodges  Alan Turing : The Enigma sorti en 1983, le réalisateur Morten Tyldum dévoile une histoire majeure de la seconde guerre mondiale, restée relativement discrète hors du sol anglais. Pourtant l’histoire d’Alan Turing est incroyable à plusieurs niveaux, déjà pour les conséquences que son invention à eu sur la fin de l’holocauste et également sur l’avancé que sa « machine » apporte pour l’avenir de l’informatique.

Dans Imitation Game, Tyldum se concentre sur la guerre silencieuse que se sont livrés une poignée d’intellectuels, de scientifiques et de politiques dans les bureaux. Ici, le sang et la poussière sont remplacés par des cravates à pois et des vestes en tweed. La réalisateur réussit à donner conscience au spectateur que derrière ces images paisibles, le destin de millions d’hommes se joue et ce n’était pas gagné. En effet il est bien difficile dans ces conditions de restituer l’intensité de ce moment décisif pour l’Europe. C’est ainsi que l’histoire se focalise à tour de rôle sur 3 destins, celui d’un pays, celui d’un groupe de chercheurs et celui d’un homme incompris. Cette alternance entre la grande Histoire et la petite donne toute sa force au récit, car elle permet de s’intéresser à l’intimité des protagonistes, sans jamais oublier le but ultime de leur travail. De cet équilibre naît une tension constante, qui empêche les temps morts et dynamise la narration.

 

Imitation Game, le premier ordinateur de l'histoire

Taillé pour les Oscars

On sent dans Imitation Game beaucoup d’ambition, le réalisateur Morten Tyldum propose un film académique, taillé pour remporter son lot de récompenses dans les différents festivals et surtout aux Oscars. Benedict Cumberbatch livre une performance taillée pour les Oscars, et s’insère parfaitement dans la peau d’un homme arrogant mais fragile, qui comprend les nombres sans jamais comprendre les hommes. Un personnage torturé, trainant le poids de son enfance, c’est beau.

Malheureusement tout n’est pas fantastique dans Imitation Game, Morten Tyldum ne nuance pas assez ses propos et fait passer Turing pour un véritable martyr. Malheureusement à trop vouloir en faire, il rend ce personnage trop parfait, pas assez humain. Résultat, on y croit que moyennement, ça sent trop le pathos, surtout dans le dernier tiers. Cette liberté narrative, on la retrouve également dans l’histoire, le film omet de préciser que plusieurs milliers de personnes travaillaient sur Enigma, ou que la machine de Turing est elle-même inspirée du travail de savants polonais.

Conclusion

En adaptant l’oeuvre béton d’Andrew Hodges, Morten Tyldum n’a pas pris de grand risque. Néanmoins il fallait réussir à adapter à l’écran cette histoire incroyable et le réalisateur l’a fait. Imitation Game offre son plus beau rôle à Benedict Cumberbatch, désormais bien placé dans la course aux Oscars. 

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Julien

Cet article a été rédigé par Julien Mathon, fondateur et rédacteur du site Critique Film. Lire tous ses articles