Critique Express : Tu choisiras la vie

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Tu choisiras la vie

France, Italie : 2022
Titre original : –
Réalisation : Stéphane Freiss
Scénario : Stéphane Freiss
Interprètes : Lou de Laâge, Riccardo Scamarcio, Pierre-Henry Salfati
Distribution : JHR Films
Durée : 1h41
Genre : Drame
Date de sortie : 25 janvier 2023

3/5

Synopsis : Une famille juive ultra-orthodoxe se rend chaque année dans une ferme du sud de l’Italie afin d’accomplir une mission sacrée : la récolte des cédrats. Esther, en pleine remise en cause des contraintes imposées par sa religion fait la connaissance d’Elio, le propriétaire de la ferme. Et si le face à face entre ces mondes était la genèse d’une autre histoire ?

Souvent intéressant, parfois maladroit

Membre d’une famille juive ultraorthodoxe, Esther Zelnik n’est toujours pas mariée alors qu’elle a dépassé les 25 ans. Bien qu’aimant ses parents, elle étouffe dans ce carcan religieux, sa foi vacille et, loin d’être dupe, elle sait très bien que, si elle reste au sein de sa famille, un mari lui sera imposé à plus ou moins long terme. Comme chaque année, la famille Zelnik s’est déplacée depuis Aix-Les-Bains pour venir dans le sud de l’Italie, dans les Pouilles, avec d’autres familles ultraorthodoxes, afin de participer à la cueillette des cédrats, ces fruits faisant partie des 4 espèces mentionnées dans la Torah comme étant des prescriptions majeures de la fête biblique de Souccot. Leur hôte, Elio De Angelis, est un homme qui, lui aussi, ne se sent pas vraiment à sa place : artiste dans l’âme, il a fait les Beaux-Arts, il a été marié, il a 2 enfants, et si il s’occupe de l’exploitation agricole qui continue de produire ces cédrats non greffés, les seuls à être cashers, c’est surtout pour honorer la mémoire de son père qui lui a légué cette exploitation. Un père du côté de Esther, Aaron Zelnik, père toujours bien vivant, rabbin, pas le mauvais bougre sauf qu’il ne conçoit la vie que sous le poids des traditions, pas seulement pour lui mais aussi pour ses enfants ; un père du côté d’Elio, un père qui n’est plus de ce monde, mais dont la « présence » continue de peser sur son fils ; deux pères qui, d’une façon ou d’une autre, ont empêché l’un sa fille, l’autre son fils, de tracer leur propre chemin, de choisir leur vie.

Très vite, il y a comme un lien qui va se créer entre Esther et Elio, même si, la première fois où, à la recherche d’une connexion Internet, Esther se présente à la porte d’Elio, ses premiers mots sont : « Je ne peux pas rentrer chez un homme qui n’est pas mon mari ». Et si la proximité qui, petit à petit, s’établit entre eux, une proximité extrêmement chaste qui n’ira jamais plus loin que le fait de se tenir la main en cachette, si cette proximité avait la force pour leur ouvrir une nouvelle vie, une vie dans laquelle la liberté serait de mise, une vie qu’elle et il auraient choisie ! C’est sur ce beau sujet que le comédien Stéphane Freiss a réalisé son premier long métrage de fiction, un film dans lequel l’intérêt des spectateurs se partage entre ce qui ressemble fort à la naissance d’un sentiment amoureux entre un homme et une femme et l’observation sans jugement des pratiques d’une communauté juive ultraorthodoxe. Tourné en scope avec une très belle utilisation par le Chef Opérateur Michele Paradisi de la très belle lumière du sud de l’Italie, Tu choisiras la vie se montre parfois maladroit dans la conduite du récit et il est probable que la fin très ouverte recevra des louanges de certains spectateurs et en décevra d’autres. Par contre, il serait étonnant que l’unanimité ne se fasse pas sur la très grande qualité des prestations de Lou de Laâge, l’interprète d’Esther, et de Riccardo Scamarcio, l’interprète d’Elio.


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