Critique express : Mi iubita mon amour

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Mi iubita mon amour

France : 2021
Titre original : –
Réalisation : Noémie Merlant
Scénario : Noémie Merlant, Gimi Covaci
Interprètes : Gimi Covaci, Noémie Merlant, Sanda Codreanu
Distribution : Tandem
Durée : 1h35
Genre : Drame, Romance
Date de sortie : 27 juillet 2022

2.5/5

Synopsis : Jeanne part fêter son enterrement de vie de jeune fille en Roumanie avec des amies. Elle y rencontre Nino et sa famille. Tout les sépare. C’est le début d’un été passionnel et hors du temps.

Les qualités et les défauts d’un film construit dans l’improvisation

Et si on bougeait pour fêter un enterrement de vie de jeune fille ! C’est ce que se sont dit Jeanne et ses 3 amies, Katia, Lola et Helena, Jeanne, une comédienne de cinéma et de télévision, devant se marier un mois plus tard. Et, tant qu’à bouger, autant partir assez loin. En Roumanie, par exemple, avec un trajet en voiture au cours duquel la bonne humeur est de mise. Une bonne humeur qui se transforme en soupe à la grimace lorsque, arrivées en Roumanie, elles se font subtiliser la voiture lors d’une pause pique-nique à proximité d’une station-service. Fringues, papiers d’état-civil, fric, tout était dans cette voiture. Hasard : lorsque la voiture a été volée, les 4 amies venaient d’entamer la conversation avec deux frères, Nino, 17 ans, et Giani, 11 ans, deux jeunes Roms originaires du coin, en vacances chez leurs parents mais vivant à Paris, plus ou moins dans la rue, le reste du temps. Deux frères qui, donc, parlent français et qui vont proposer un hébergement dans la maison familiale aux 4 « naufragées ».

3 minutes pour Je #suis une biche, son premier court-métrage, en 2017, 27 minutes pour le second, Shakira, en 2019, la comédienne Noémie Merlant se sentait prête pour investir le long métrage. Toutefois, elle se félicite d’avoir pu réaliser ce long métrage de façon quasiment improvisée, sans avoir à ressentir la pression découlant d’un budget important. En fait, Mi iubita mon amour est, d’une certaine façon, la suite logique de Shakira, un film qui se déroulait dans une communauté Rom avec Gimi Covaci comme personnage central dans le rôle de Nino. Ce dernier, devenu le compagnon de Noémie Merlant dans la vie, a proposé à cette dernière et à ses 3 meilleures amies, rencontrées au Cours Florent, de passer l’été avec lui en Roumanie et, pourquoi pas, d’en profiter pour tourner un film. Une petite équipe de 11 personnes a été constituée et le film a été tourné en 14 jours.

Sur l’idée de départ de parler d’une histoire d’amitié et de l’histoire d’amour entre Noémie et Gimi, le « scénario » du film a été pratiquement improvisé au jour le jour. A la vision de Mi iubita mon amour, les qualités  et les faiblesses inhérentes à ce type d’élaboration sont flagrantes, points forts et points faibles se succédant tout au long du film. Dans ce film de fiction au volet documentaire important, on retient surtout de façon positive la spontanéité des protagonistes et les renversements de situation par rapport à ce qu’il est commun de proposer : des personnages sont sans ressource dans un pays étranger, situation malheureusement commune pour des membres de la communauté Rom, sauf qu’ici, il s’agit de françaises en vacances en Roumanie, sauf qu’ici, elles sont accueillies, très bien accueillies même, par une famille Rom ; un couple se forme entre un homme et une femme présentant une importante différence d’âge, mais ici, c’est la femme qui a 15 ans de plus que l’homme. Au débit du film, on note un certain nombre d’ellipses pas toujours bien maitrisées, certaines scènes de conversation ne présentant pas un grand intérêt et des surprises inattendues comme celle consistant à voir les 4 jeunes femmes dépenser beaucoup d’argent alors qu’elles étaient censées être sans ressource depuis le vol de leur voiture. Ben voyons, c’est tout simplement parce que Jeanne avait sa carte de crédit dans la poche au moment du vol. Ah pardon, on ne le savait pas !

On notera que, pour ce film présenté en séance spéciale au Festival de Cannes 2021, Noémie Merlant a fait appel, tant pour l’image que pour le son, à deux jeunes techniciennes venant tout juste de terminer leurs études, Evgenia Alexandrova et Armance Durix, avec un résultat probant dans les deux cas.

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