Critique : Cinquante Nuances de Grey

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Cinquante Nuances de Grey l'affiche du film

USA – 2015
Titre original : 
Réalisateur : 
Scénario : Sam Taylor-Johnson, d’après le roman d’E.L. James
Acteurs : , ,
Distribution : Universal Pictures International France
Durée : 2h05
Genre : Erotique, Drame, Romance
Date de sortie : 11 février 2015

Note : 1/5

L’adaptation du bestseller d’E. L. James, Cinquante Nuances de Grey, débarque enfin sur le grand écran après des mois d’attente. Une communication savamment orchestrée par la production à coup de pseudo fuites des plateaux de tournages, d’images volées ou encore de musique du film divulguées au compte goutte.

Synopsis : L’histoire d’une romance passionnelle, et sexuelle, entre un jeune homme riche amateur de femmes, et une étudiante vierge de 22 ans.

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Un mauvais pressentiment

Il faut croire que le marketing fonctionne, il était attendu ce Cinquante nuances de Grey, surtout par le public féminin totalement voué à la cause de l’oeuvre avant même de l’avoir vu. Et pourtant ça sentait mauvais dès le départ : un casting composé de petits noms du grand écran pour faire des économies, un héros franchement pas charismatique, des bandes-annonces qui annonçaient un film bien plus soft que le roman, rien de très prometteur.

Ça commence très mal, le film débute sur la scène de l’interview qui résume assez bien la suite. Pseudo gag lorsque notre héroïne trébuche maladroitement en entrant dans le bureau de Mr Grey, suivi d’un dialogue des plus ridicules entre les deux personnages. Comment faire passer au spectateur les sentiments et la gêne d’Anastasia Steele ?! En lui faisant dire ce qu’elle pense à haute voix, voyons, c’est tellement plus simple … On est dans un Disney là ?!

Le reste ne donnera rien de plus intéressant. Il est étonnant de voir à quel point un film dont le sujet annoncé est l’éveil du désir et de la sexualité n’a rien à dire sur ce thème. L’érotisme, il faut être réaliste, n’est pas présent dans ce film. Disons-le de suite, Cinquante Nuances de Grey est une comédie romantique, et rien de plus. Là où l’on nous vend de la «baise», comme dit Jamie Dornan, avec son air de dominateur de pacotille, il n’y a que des scènes d’amour.

Twilight était plus sulfureux

Cinquante Nuances de Grey est juste un nouveau Twilight dans lequel la production vise un public plus large, allant de la pré-adolescente à la trentenaire. Pour ce faire on nous vend du sulfureux, du sexe pour finalement nous montrer une romance classique. L’amour impossible entre un vampire et une étudiante devient l’amour impossible entre un millionnaire à la sexualité différente et une étudiante. Les problématiques sont identiques, devoir et vouloir changer par amour alors que son naturel revient pour bouleverser la romance. C’est banal, cliché, et ça tourne en rond.

Là où on nous promet la disparition du romantisme, on enchaîne les scènes de balades dans la forêt sur fond de soleil miroitant, les tours en hélicoptère, les slows dans la nuit éclairée par les lumières irréelles de la ville. Le sadomasochisme, censé être démystifié et valorisé, n’est qu’un prétexte à un conte de fées moderne. Notre héros est juste malade, il traîne le lourd poids de son passé qu’Anastasia doit guérir pour sauver son prince… « Libéré, délivré ! » … Pathétique.

 

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Aucune cohérence

Et l’ensemble ne tient pas la route, il se dit dominant mais lui fait l’amour tendrement, il dit ne jamais dormir avec ses conquêtes mais partage son lit dès le premier soir, il dit ne rien partager mis à part la « baise » avec ses conquêtes et accepte une soirée romantique par semaine dès le départ. De plus il révèle de suite les tourments de son passé, il accepte sans broncher l’hésitation d’Anastacia à signer le contrat qui dure et dure encore. Rien ne tient la route.

Alors oui on nous montre des cravates, glaçons dégoulinants et cunnilingus pour ne pas se voir traité de voleur, mais même Top Gun était plus sulfureux à son époque. On en viendrait presque à regretter la tension sexuelle émanant de Twilight, là au moins il y avait matière à fantasmer.

Coté casting, et malgré son corps de dieu grec, Jamie Dorman ne dégage aucun charisme. On guette en vain la moindre expression sur son visage en vain… Dakota Johnson au petit air de Sophie Marceau, qui passe son temps à se mordiller la lèvre, apparait plus nunuche qu’ingénue. Un casting low cost qui laisse suggérer qu’Universal redoutait un flop au box office. Heureusement, et merci au marketing, ce ne sera pas le cas. Le jackpot sera au rendez-vous et le budget riquiqui de 40 millions de dollars va rapporter un joli pactole.

Conclusion

Ce film qu’on pouvait espérer provocateur est finalement totalement puritain. Mr Grey est un pauvre malade qui attend sa princesse pour le délivrer. Walt Disney ne se réinvente toujours pas en 2015…

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=9G7oSGWHSVc[/youtube]

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