Critique : Boulevard

1
543

Boulevard

boulevard afficheEtats-Unis : 2014
Titre original : –
Réalisateur : Dito Montiel
Scénario : Douglas Soesbe
Acteurs : Robin Williams, Kathy Baker, Roberto Aguire
Distribution : Zelig Films Distribution
Durée : 1h24
Genre : Drame
Date de sortie : 18 mai 2016


Note : 2.5/5

Pour quelle raison principale va-t-on parler de Boulevard, ce film de Dito Montiel dont le rôle principal est interprété par Robin Williams ? Sa qualité artistique ou le fait que Robin Williams a tenu dans ce film son dernier rôle, peu de temps avant de mettre fin à ses jours ? Un peu des deux, sans doute, mais probablement davantage pour la deuxième raison.

 

Synopsis : Si Nolan et sa femme Joy vivent sous le même toit, ils font chambre à part depuis longtemps. Employé de banque modèle, Nolan affiche pourtant un air absent et se montre insensible à une promotion. Rien ne semble pouvoir combler le vide de son existence. Un soir, alors qu’il circule le long d’une avenue déserte, il fait la rencontre de Léo, jeune homme écorché. Rattrapant le temps perdu, Nolan retrouve un nouveau sens à sa vie et décide enfin de ne plus se mentir…

boulevard 8

un tournant capital dans l’existence

A 60 ans, Nolan est responsable des crédits dans une agence de la Southern Mutual Bank et son chef vient de lui annoncer la possibilité d’une prochaine promotion. Nolan est marié avec Joy, une femme de son âge, et, quand bien même ils ne partagent pas la même chambre, Nolan et Joy partagent leurs goûts pour la culture. Pour quelle raison Nolan fait-il demi-tour sur une grande avenue de Nashville, en revenant de l’hôpital où son père se remet difficilement d’un AVC ? C’est le coin où les prostitué(e)s, hommes et femmes, guettent le client et rien ne permet de deviner si Nolan va chercher à monnayer une relation avec un homme ou une femme. Ayant très légèrement accroché avec sa voiture un giton qui marchait sur la route, Nolan se confond en excuses et accepte d’emmener le jeune prostitué « faire un tour » dans sa voiture, puis de passer, avec lui, du temps dans un motel. Il ne le sait pas encore très bien, mais Nolan est en train de vivre un tournant capital dans son existence. Lui qui n’a pas d’enfant, est-il en train de se trouver, avec Leo, un fils de substitution ? On pourrait le croire puisqu’il refuse toute prestation sexuelle de la part de Leo tout en l’arrosant de dollars et en faisant tout pour pouvoir le revoir. On pourrait le croire mais, très vite, il s’avère que Nolan sait qu’il est homosexuel depuis l’âge de 12 ans, qu’il a tout fait pour refuser d’assumer cette orientation, qu’il s’est marié, qu’il est devenu un employé modèle et qu’il a … raté sa vie ! D’un seul coup, la vérité lui fait face et, quand bien même, il aime sincèrement celle qui est sa femme, il entend dorénavant profiter de ce qui lui reste à vivre pour, enfin, prendre la route qu’il n’avait pas prise 40 ans auparavant.

boulevard 9

Il n’est jamais trop tard pour faire demi-tour

Le réalisateur Dito Montiel est peu connu dans notre pays, Boulevard, son 5ème long métrage, n’étant que le 2ème à sortir en salles. Jusqu’à présent, il semblait s’être spécialisé dans les films d’action, ce qui n’est pas le cas, loin de là, de Boulevard. En effet, il s’agit d’un film ayant pour sujet les sentiments : un homme vieillissant qui prend conscience que, jusqu’à présent, il a gâché sa vie en rentrant dans le moule, en obéissant à toutes les conventions sociales, en suivant ce qu’il a toujours pensé être la raison et qui prend la décision de suivre, enfin, ce que lui dicte son cœur. Certes, on s’étonne que le premier homme sur lequel il jette son dévolu soit un jeune prostitué qui est loin de lui vendre la tendresse espérée, mais, après tout, c’est ce jeune homme qui a déclenché ce réflexe tardif et, sans aucun doute, d’autres hommes sauront lui donner ce qu’il attend.

 

boulevard 5

Une interprétation contrastée

A ce point, il faut bien en arriver à ce qui gêne dans ce film au sujet très fort : le jeu de Robin Williams qui interprète le rôle de Nolan. Un jeu sans nuance dans lequel le comédien montre toujours la même expression, le même sourire figé, un jeu qui arrive à tuer dans l’œuf  l’empathie qu’on devrait avoir pour le personnage. D’autant plus dommage que les autres comédiens et comédiennes affichent, eux, toutes les nuances que nécessitent leurs rôles : Kathy Baker, dans le rôle de Joy, Roberto Aguire, dans celui de Leo, ainsi que Bob Odenkirk et Eleonore Hendricks qui jouent Winston et Patty, un couple d’amis de Nolan et Joy. Notons que le film a été tourné à Nashville, dont le surnom est « Music City U.S.A. ». Eh bien à part une musique d’accompagnement insipide et trop présente, rien de musical dans ce film, et il faut avoir l’œil pour repérer, pendant une fraction de seconde, une guitare Gibson peinte sur un mur, près de l’endroit où Nolan rencontre Leo !

robin williams 4

Conclusion

On ne saura jamais ce que Boulevard aurait donné avec un comédien ayant, dans le jeu, un registre plus vaste que celui montré, ici, par Robin Williams. Toujours est-il que, malgré les présences efficaces de Kathy Baker, de Roberto Aguire, de Bob Odenkirk et d’Eleonore Hendricks, Boulevard laisse le goût un peu amer d’un très bon sujet qui finit, malheureusement, par laisser le spectateur sur sa faim.

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici