Critique : Coraline

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Coraline

CoralineCoraline

USA : 2009
Titre original : Coraline
Réalisateur :
Scénario : Henry Selick
Acteurs : Dakota Fanning, Teri Hatcher, John Hodgman
Distribution : Universal Pictures International
Durée : 1h40
Genre : Animation, Fantastique
Date de sortie : 10 juin 2009

4/5

Coraline est l’adaptation cinématographique du conte noir de l’écrivain anglais publié en 2002. Par son côté surréaliste, le cinéma d’Henry Selick rappelle celui de dont les univers sont finalement assez similaires, mais aussi le conte de , Alice au Pays des Merveilles par la présence de réalité-alternative. Univers merveilleux ou angoissant, l’histoire de cette petite fille nous plonge dans un monde entre rêves et cauchemars…

Synopsis : Coraline Jones, petite fille intrépide à la curiosité sans limites vient d’emménager avec ses parents dans une nouvelle maison. Une étrange maison. Ses parents n’ayant guère de temps à lui consacrer, Coraline explore sa nouvelle demeure jusqu’au jour où elle trouve une petite porte condamnée. Elle découvre ainsi un monde parallèle lui présentant sa nouvelle vie ; des «Autres parents» identiques aux siens, ayant tout leur temps à lui consacrer, des voisins toujours en fêtes, de la nourriture exquise et des loisirs à l’infini. Mais Coraline est bien loin d’imaginer que ce monde parallèle est en fait un monde cruel et inquiètant détenu par l’Autre Mère…

Coraline

La patte de l’artiste est là !

Coraline est un film d’animation en volume, tout comme James et la Pêche Géante ou L’Etrange Noël de Monsieur Jack, également réalisés par Henry Selick. Dès les premières minutes du film, on a devant nous l’ambiance sombre et mystérieuse présente durant les 100 minutes du film.

Lorsque j’ai regardé Coraline pour la première fois, j’ai apprécié de ne pas voir d’images de synthèse ou de 3D comme dans la plupart des films d’animation du moment. Cette technique rend l’image plus naturelle et beaucoup moins cadrée pour un résultat tout autant réussi qu’un film à l’esthétique irréprochable conçu par ordinateur et où l’on ne voit rien de vraiment personnel.

Au-delà des apparences

Au premier abord, ne serait-ce qu’à l’affiche du film ou même à la bande-annonce, la déduction la plus plausible serait « C’est un film pour enfant »… Détrompez-vous ! Ce film aussi coloré qu’il soit a quelque chose qui dérange.

L’histoire de la poupée rappelant les pratiques vaudou, les enfants fantômes, une « Autre mère » qui au final est une créature démoniaque déterminée à garder prisonnière Coraline… Quant aux boutons cousus à la place des yeux… il s’agit là peut-être de l’idée la plus effrayante du film à mon sens, aussi bien pour les jeunes que pour les moins jeunes. Le concept n’est déjà pas très réjouissant, ajoutez à cela le fait de ne n’avoir aucune visibilité face au danger, il est donc impossible de se protéger… Autant d’éléments à ne pas négliger auprès des plus jeunes.

Le scénario en lui-même est intéressant. L’interrogation est à son comble, on ne sait pas où l’on va. On se pose des questions, on ne comprend pas tout et l’angoisse arrive finalement à nous envahir malgré nous. Des surprises, un certain nombre de personnages, du suspens ; un film à l’étrangeté envoûtante qui nous invite à suivre l’héroïne dans son aventure aux saveurs cauchemardesques.

Coraline

La solitude d’une enfant qui s’ennuie

A la suite de la découverte d’une porte condamnée, Coraline se retrouve plongée dans un monde parallèle aux allures de paradis, habité par ses « Autres parents » bien différents de ses Vrais parents. La petite fille devient naïve et très influençable. Elle perd peu à peu le reste de complicité qu’elle avait avec ses Vrais parents pour se consacrer à son « Autres vie » où la vie semble tellement plus belle… Mais de fil en aiguille, un malaise s’installe et une impression d’insécurité nous envahit, doublée d’une ambiance oppressante mise en place astucieusement par l’Autre mère.

Petit hic : Coraline présente quelques longueurs, mais finalement, elles renforcent l’ambiance lourde et inquiétante de l’ensemble du film.

Des personnages intriguants

Chaque personnage a quelque chose de mystérieux que l’on a du mal à cerner et dont on ne parvient pas à trouver ce qui cloche. Leur étrangeté les rend peu attachants et chacun est doté d’une folie effrayante qui nous rappelle Alice au Pays des Merveilles.

L’héroïne ne favorise pas tellement d’attachements si ce n’est une certaine compassion à son égard. Celle-ci, à l’esprit d’aventurière ne possède que trop peu de charisme. Il en va de même pour la plupart des personnages dont les personnalités restent finalement assez floues. Le seul personnage ne paraissant pas neutre est certainement le plus angoissant. L’Autre Mère dont son effroyable avenance et sa gentillesse troublante a tendance à faire froid dans le dos.

Coraline

Une histoire qui selon moi reste davantage centrée sur l’histoire elle-même et intéresse très peu aux personnages et à leur personnalité, c’est un peu dommage.

Résumé :

Un bon film d’animation, riche en couleurs et très bien réalisé par sa technique en volume, mais pas pour tout le monde. Une histoire pour le moins effrayante mais très originale.

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