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Test Blu-ray 4K Ultra HD : Amours chiennes – Réédition 2026

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Test Blu-ray 4K Ultra HD : Amours chiennes – Réédition 2026

Titre original : Amores perros
Réalisateur : Alejandro G. Iñárritu
Scénario : Guillermo Arriaga
Casting principal : Emilio Echevarría, Gael García Bernal, Goya Toledo
Genre : Drame Date de sortie cinéma : 1 novembre 2000 Date de sortie BR/4K : 23 octobre 2026
Durée : 2h34
Pays : Mexique (2000)
Éditeur : Metropolitan Film & Video

Les extrêmes de la vie, sous l’angle de trois histoires radicalement différentes : Octavio, un adolescent qui a décidé de s’enfuir avec la femme de son frère, Daniel, un quadragénaire qui quitte sa femme et ses enfants pour aller vivre avec un top model, el Chivo, un ex-guerillero communiste…

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Le film

[5/5]

Dans Amours chiennes, les chiens ne sont pas juste des compagnons fidèles ou des métaphores faciles pour parler de l’instinct. Ce sont des catalyseurs, des témoins, des victimes collatérales d’un monde qui part en vrille. Et dans ce monde, chaque personnage court après quelque chose : l’amour, la rédemption, la gloire, ou juste un peu de paix. Mais comme souvent dans les grandes villes et les petits cœurs, tout finit par se percuter. Littéralement. Le film s’ouvre sur un accident de voiture qui ferait passer celui de Crash (celui de Cronenberg, pas l’autre) pour une pub Volvo. Et cet accident, c’est le point de bascule, le carrefour sanglant où trois histoires viennent se croiser, s’emmêler, se dévorer.

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Amours chiennes ne fait pas dans la dentelle. Alejandro González Iñárritu, épaulé par Guillermo Arriaga au scénario, découpe son récit comme un boucher halluciné. Trois tranches de vie, trois trajectoires qui s’entrechoquent, avec une caméra qui ne tient pas en place, comme un enfant hyperactif à qui on aurait fait boire trois cafés et deux Red Bull. Mais cette nervosité visuelle, loin d’être gratuite, épouse parfaitement le chaos intérieur des personnages. Octavio, le jeune paumé qui veut fuir avec la femme de son frère, Daniel, le publicitaire qui plaque tout pour un top model en ruine, et El Chivo, le clochard philosophe qui parle aux chiens comme d’autres parlent à Dieu. Dans Amours chiennes, chaque plan semble vouloir hurler quelque chose – et parfois, ça hurle très fort.

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Le style de Amours chiennes rappelle évidemment celui d’autres films « choc » tels que La Haine ou Trainspotting – on y retrouve la même énergie brute, et surtout cette envie de tout dire, de tout montrer, quitte à en faire trop. Mais ce trop-là est nécessaire. Il permet de faire ressentir la violence du monde, la brutalité des rapports humains, et cette solitude qui colle à la peau comme les bonbons au papier par période de forte chaleur. La photo de Rodrigo Prieto, granuleuse, contrastée, presque sale, donne au film une texture organique, comme si chaque image avait été trempée dans la sueur et les larmes. Et la musique de Gustavo Santaolalla, discrète mais poignante, vient caresser les plaies sans jamais les refermer.

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Comme son titre l’indique, Amours chiennes parle d’amour, bien sûr, mais d’un amour qui fait mal. Un amour qui blesse, qui trahit, qui abandonne. Le titre original, Amores perros, joue d’ailleurs sur cette ambivalence : l’amour est un chien, fidèle mais parfois mordant. Et dans le film, les chiens sont partout. Ils sont battus, enfermés, sacrifiés. Comme les humains. Cette analogie, loin d’être gratuite, permet de poser une question simple mais vertigineuse : qu’est-ce qui distingue l’homme de l’animal ? La capacité à souffrir ? À aimer ? À se souvenir ? Dans Amours chiennes, la frontière est floue, et c’est ce flou qui rend le film si troublant.

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En raison de la portée universelle des questions qu’il soulève, il nous parait un peu trop facile – et ô combien réducteur – d’affirmer qu’Amours chiennes n’est qu’un film (de plus) sur la violence urbaine, sur le Mexique contemporain, sur la misère sociale. Le film est par ailleurs également une réflexion sur le destin, sur les choix, sur les conséquences. Chaque personnage est confronté à ses actes, à ses regrets, à ses fantômes. Et la structure en triptyque, loin d’être un gadget narratif, permet de montrer que les vies sont liées, que les douleurs se répondent, que les cicatrices se ressemblent et que tout le monde saigne pareil.

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Alors oui, on peut peut-être déplorer le fait que certaines scènes tirent un peu en longueur, et le segment du top model aurait mérité un peu plus de subtilité. Mais ces défauts sont anecdotiques face à la puissance émotionnelle dégagée par le film. Et puis, il faut saluer le courage d’Iñárritu qui, pour son premier long métrage, osait tout : la narration éclatée, les plans tremblés, les dialogues crus, les chiens qui se battent comme des boxeurs en rut. Ça sent la rue, le sang, la merde. Et c’est beau. Et si on remet le film dans le contexte de son exploitation d’origine, on peut dire qu’Amours chiennes avait débarqué, à l’époque, comme un véritable uppercut dans le paysage cinématographique du nouveau millénaire. Amours chiennes tapait là où ça fait mal, et vingt-cinq ans plus tard, son impact reste intact. Chef d’œuvre.

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Le Blu-ray 4K Ultra HD

[5/5]

Un tout petit peu moins d’un an après une première édition Katka, Amours chiennes revient au format Blu-ray 4K Ultra HD chez Metropolitan Film & Video, dans une édition limitée qui célèbre dignement le vingt-cinquième anniversaire du premier long-métrage d’Alejandro González Iñárritu. Le film bénéficie d’un master 4K, accompagné des technologies HDR10 et Dolby Vision, de quoi retrouver dans les meilleures conditions possibles la photographie âpre et contrastée de Rodrigo Prieto. La définition gagne en finesse, les textures conservent leur grain argentique et la palette chromatique restitue avec justesse la brutalité de Mexico, entre lumières crues, intérieurs sombres et rues poussiéreuses. Les noirs profonds et les contrastes renforcés participent à cette immersion dans un univers où la violence surgit sans prévenir. Le rendu conserve heureusement la rugosité de l’œuvre, sans chercher à lisser artificiellement ses aspérités. Côté son, trois pistes sont proposées : la version française en DTS-HD Master Audio 2.0, ainsi que la version originale espagnole en DTS-HD Master Audio 5.1 et DTS-HD Master Audio 2.0. La VF offre une restitution claire des dialogues et une écoute stéréo convaincante, tandis que la VO multicanal déploie plus largement les ambiances urbaines, les bruits de circulation et la musique de Gustavo Santaolalla. La piste espagnole stéréo constitue également une alternative appréciable pour ceux qui préfèrent une restitution plus frontale. Chacun pourra donc choisir son écoute selon ses habitudes et son équipement.

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Côté suppléments, on commencera avec le nouveau making of (44 minutes), produit par Iñárritu en lui-même, qui rassemble recherches préparatoires et images brutes du tournage. Un document particulièrement intéressant pour comprendre la fabrication du film, même si certaines séquences montrant des combats de chiens sont graphiquement éprouvantes. On continuera avec trois scènes coupées (18 minutes), accompagnées en option d’un commentaire audio du réalisateur et du directeur de la photographie Rodrigo Prieto, enregistré spécialement pour Criterion en 2020. De quoi découvrir des morceaux de récit écartés du montage final et profiter des éclairages des deux principaux artisans du film. On poursuivra avec des images des répétitions, également commentées par Iñárritu (6 minutes), qui dévoilent le travail préparatoire avec les comédiens et quelques réflexions sur la direction d’acteurs. On enchaînera avec un essai vidéo du critique Paul Julian Smith (24 minutes), conçu pour remettre le film en perspective et approfondir ses enjeux. Enfin, trois clips musicaux (12 minutes) viendront compléter cette copieuse section : « Me Van a Matar » par Julieta Venegas, « A Vientame » par Café Tacvba et « De Perros Amores » par Control Machete et Ely Guerra, deux d’entre eux ayant été réalisés par Iñárritu. Un programme de suppléments généreux, qui apporte un véritable éclairage sur la genèse de ce film coup-de-poing.

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