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Test Blu-ray 4K Ultra HD : The Furious

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Test Blu-ray 4K Ultra HD : The Furious

Titre original : Huo zhe yan
Réalisateur : Kenji Tanigaki
Scénario : Tin Shu Mak, Shum Kwan-Sin, Lei Zhilong, Frank Hui
Casting principal : Miao Xie, Joe Taslim, Enyou Yang
Genre : Action Date de sortie cinéma : 10 juin 2026 Date de sortie DVD/BR/4K : 23 octobre 2026
Durée : 1h53
Pays : Hong Kong, Chine (2025)
Éditeur : HK Vidéo

Après l’enlèvement de sa fille par un réseau criminel et face à l’inaction de la police, Wang Wei se lance dans une traque implacable pour la retrouver. Son seul allié, Navin, est un journaliste tenace dont la femme a mystérieusement disparu. Unis par un même désir de vengeance, ces deux hommes que tout oppose affrontent les ravisseurs dans un face-à-face explosif mêlant arts martiaux et justice sans merci…

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Le film

[4,5/5]

Il aura donc fallu que Kenji Tanigaki mette le feu aux poudres pour rappeler une évidence parfois oubliée par les grosses machines hollywoodiennes : le cinéma d’action, le vrai, celui qui fait grimacer le spectateur sur son canapé en lui donnant envie de vérifier que toutes ses côtes sont encore à leur place, n’a pas besoin de sauver la planète pour justifier son existence. Avec The Furious, le réalisateur hongkongais revient aux fondamentaux du film de baston, mais avec une générosité absolument réjouissante. Lorsque la fille de Wang Wei est enlevée par un réseau criminel et que les autorités se montrent incapables de lui venir en aide, le père se lance dans une traque désespérée. Il trouve sur sa route Navin, un journaliste dont la femme a elle aussi mystérieusement disparu. Deux hommes, deux drames intimes et une même volonté de faire payer les responsables : voilà le programme. L’intrigue de The Furious ne cherche pas à décrocher un doctorat en criminologie, mais elle possède une qualité essentielle : elle prend la souffrance de ses personnages au sérieux. Et quand la douleur devient le moteur du récit, les coups cessent d’être de simples figures de gymnastique pour prendre une véritable signification.

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Car The Furious ne se contente pas de distribuer les mandales avec la régularité d’une horloge suisse particulièrement énervée. Le film parle aussi de l’impuissance des victimes, de la corruption des institutions et de cette frontière terriblement fragile entre justice et vengeance. Lorsque la police se dérobe, que reste-t-il à ceux qui n’ont ni pouvoir ni influence ? Wang Wei ne dispose d’aucun arsenal miraculeux, d’aucune équipe de superhéros et d’aucun costume renforcé au kevlar scénaristique. Il lui reste son corps, sa détermination et une colère qui menace constamment de le dévorer. Cette dimension viscérale donne à The Furious une épaisseur appréciable, sans jamais ralentir artificiellement la machine. La violence n’est pas ici un simple argument publicitaire destiné à remplir les bandes-annonces : elle devient le langage désespéré de personnages que personne ne semble vouloir écouter. Il y a quelque chose de profondément triste derrière cette succession de corps projetés contre les murs. La brutalité impressionne, certes, mais elle raconte surtout un monde dans lequel les faibles doivent parfois se transformer en armes pour espérer être entendus.

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Et puis arrive l’action. La vraie. Celle qui fait oublier pendant quelques instants les années de combats numériques, de montages hystériques et de personnages qui semblent frapper des ennemis situés dans une dimension parallèle. The Furious renoue avec la grande tradition du cinéma d’arts martiaux hongkongais, en privilégiant la lisibilité des mouvements, la précision des impacts et l’engagement physique des interprètes. La caméra sait où regarder, les corps occupent réellement l’espace et chaque affrontement possède sa propre géographie. On comprend qui frappe, qui esquive, qui encaisse et qui commence sérieusement à regretter d’avoir choisi une carrière dans le crime organisé. Kenji Tanigaki, dont le savoir-faire en matière de chorégraphie n’est plus à démontrer, orchestre des séquences d’une inventivité folle. Les objets du quotidien deviennent des prolongements de la violence, les changements de rythme empêchent les combats de ronronner et les adversaires semblent réellement mesurer les conséquences de chaque mouvement. The Furious rappelle ainsi ce que Gareth Evans avait brillamment démontré avec The Raid : la brutalité cinématographique gagne en intensité lorsqu’elle s’appuie sur une mise en scène rigoureuse plutôt que sur une accumulation de secousses artificielles.

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Ceux qui avaient souillé leur caleçon à la découverte de The Raid et The Raid 2 retrouveront donc avec The Furious cette sensation délicieuse d’assister à un spectacle qui ne demande pas pardon pour son amour de la castagne. Mais Kenji Tanigaki ne se contente pas de reproduire une formule éprouvée. Son film possède une identité propre, notamment grâce à la manière dont il relie la violence physique au désespoir des personnages. La photographie de Meteor Cheung accompagne cette fuite en avant avec une efficacité qui privilégie les contrastes, les espaces oppressants et la proximité des corps. Le montage de Chris Tonick (comme le Schweppes, tiens) maintient une énergie considérable sans sacrifier la compréhension des affrontements. Surtout, les combats ne donnent jamais l’impression d’être de simples attractions indépendantes du récit : chacun rapproche les protagonistes de leur objectif tout en les éloignant un peu plus de toute possibilité de retour à une existence normale. La vengeance a beau procurer une ivresse immédiate, elle ne ressuscite personne et ne garantit certainement pas que les survivants retrouveront leur innocence. Sous ses airs de formidable défouloir, The Furious laisse ainsi planer une question autrement moins confortable : lorsqu’un système abandonne les victimes, la violence devient-elle une réponse légitime ou simplement la preuve ultime de son échec ?

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Reste que le plaisir de spectateur est immense, notamment grâce à l’implication de Xie Miao et Joe Taslim. Le premier apporte à Wang Wei une détermination farouche, mais jamais complètement déshumanisée, tandis que le second compose un Navin dont la ténacité complète efficacement la rage de son partenaire. Les deux hommes forment un tandem convaincant, sans avoir besoin de transformer chaque échange en concours de regards ténébreux. Et lorsqu’apparaissent Yayan Ruhian et JeeJa Yanin, figures bien connues des amateurs de cinéma d’action asiatique, le spectacle prend encore une autre dimension. Les affrontements gagnent en nervosité et en imprévisibilité, avec cette petite pointe d’appréhension qui accompagne les meilleures scènes de combat : celle de ne pas savoir comment les protagonistes vont bien pouvoir s’en sortir. The Furious n’est certes pas une révolution philosophique, et son scénario préfère parfois l’efficacité immédiate à la subtilité. Mais quelle efficacité ! Kenji Tanigaki signe un film d’action généreux, brutal et remarquablement chorégraphié, qui retrouve l’énergie contagieuse des grandes réussites du genre. Depuis The Raid, les amateurs de baston attendaient peut-être simplement un film capable de leur remettre les cervicales en ordre sans leur demander de remplir un questionnaire de satisfaction. Le voici. Et il cogne fort.

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Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

Le Blu-ray 4K Ultra HD de The Furious, proposé par HK Vidéo dans un digipack collector limité accompagné d’un livret, devrait constituer un joli morceau de choix pour les amateurs de cinéma d’action asiatique. L’édition comprend le film en Blu-ray 4K Ultra HD et en Blu-ray classique, ainsi que plusieurs suppléments consacrés à sa fabrication. L’image, proposée en HDR10 et Dolby Vision, permet de profiter pleinement de la photographie de Meteor Cheung, entre scènes nocturnes, éclairages contrastés et affrontements particulièrement physiques. Le rendu Katka est très solide : il conserve une texture adaptée à l’esthétique du film, et les scènes sombres profitent de noirs suffisamment profonds pour maintenir la tension visuelle. Côté son, les pistes française et originale en DTS-HD Master Audio 5.1 nous imposent un véritable festival acoustique : coups portés, chutes, déplacements et ambiances donnent aux combats du film toute leur dimension physique. Du lourd !

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Les suppléments méritent également que l’on s’y attarde. On commencera avec le making of (42 minutes), qui revient sur la fabrication de The Furious à travers plusieurs entretiens et des aperçus du tournage. Le module apporte un éclairage intéressant sur les intentions de l’équipe, même si certains accents prononcés peuvent rendre quelques passages difficiles à comprendre sans sous-titres. On continuera avec un retour sur la scène du Combat à cinq (16 minutes), consacré à l’une des grandes scènes de combat du film. Un bonus particulièrement pertinent pour qui souhaite comprendre comment une chorégraphie de cette ampleur se construit, comment les interprètes travaillent leurs mouvements et comment la mise en scène permet de conserver une lecture claire de l’action. On poursuivra avec trois scènes inédites (2 minutes), qui complètent cette plongée dans l’univers du long-métrage, avant de terminer avec la traditionnelle bande-annonce. Si l’ensemble reste assez classique dans sa composition, le making of et le module consacré au combat à cinq constituent les éléments les plus intéressants de cette sélection. Ils permettent de prolonger le plaisir du film en s’intéressant à ce qui fait sa véritable force : le travail collectif, la précision des gestes et la préparation minutieuse de séquences qui donnent à The Furious son énergie si particulière.

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