Titre original : Resident Evil
Réalisateur et scénariste : Zach Cregger (scénario coécrit avec Shay Hatten)
Producteur : Robert Kulzer
Casting principal : Austin Abrams, Paul Walter Hauser, Zach Cherry, Kali Reis
Genre : Épouvante-horreur, Science-fiction, Thriller
Durée : 1h37
Pays : États-Unis, Allemagne
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Date de sortie : 16 septembre 2026
Sept ans après le premier reboot de la franchise (Bienvenue à Raccoon City), c’est au réalisateur de Barbare et Évanouis, Zach Cregger, que Sony a confié les clés de Resident Evil. Un pari qui a de quoi surprendre sur le papier — aucun personnage iconique de la saga culte n’apparaît à l’écran — mais qui s’explique vite : Cregger revendique une passion de longue date pour les jeux vidéo de la franchise, et signe ici moins une adaptation littérale qu’une tentative de retrouver, en salle, la sensation viscérale de survie qui a fait le succès du survival-horror originel.
Synopsis
Bryan (Austin Abrams) est coursier médical dans une grande ville américaine. Une livraison de routine tourne au cauchemar lorsqu’un virus expérimental s’échappe d’un laboratoire voisin et transforme en quelques minutes la population en créatures agressives. Le film adopte une narration linéaire et quasi en temps réel : on suit Bryan du point A au point B, dans une fuite en avant permanente, entraîné toujours plus profondément dans un chaos urbain qui ne cesse de s’aggraver.

Sur sa route, il croise Paul (Paul Walter Hauser) et Carl (Zach Cherry), deux survivants aussi paniqués qu’attachants, ainsi que Maxine (Kali Reis), figure plus aguerrie qui a déjà compris les règles de ce nouveau monde. Le groupe improvisé doit composer avec des ennemis directement inspirés des jeux vidéo originaux : infectés zombifiés, mutations grotesques, et une menace plus organisée qui semble tirer les ficelles de l’épidémie en coulisses.

Critique
Après Barbare puis Évanouis, Zach Cregger confirme sa maîtrise du survival horror hybride, à mi-chemin entre la terreur pure et l’humour noir. Resident Evil regorge de clins d’œil directs aux jeux vidéo : machines à écrire qui servent de points de sauvegarde, munitions à ramasser au compte-gouttes, apparitions du fameux virus « T ». Le réalisateur revendique avoir voulu recréer, en salle, la sensation de progression et de tension propre au genre survival-horror — un pari globalement réussi, porté par une mise en scène nerveuse et un sound design particulièrement immersif.

Austin Abrams porte le film sur ses épaules avec une énergie convaincante, tandis que Paul Walter Hauser et Zach Cherry apportent un contrepoint comique bienvenu dans les premiers actes. C’est d’ailleurs là que le bât blesse parfois : à trop vouloir désamorcer l’angoisse par l’humour, certaines séquences perdent en intensité, et le twist final, plus abrupt que réellement surprenant, ne conclut pas l’ensemble avec toute la force qu’on pouvait espérer. Reste un divertissement gore, généreux en hémoglobine et en références, qui assume pleinement son statut de blockbuster décomplexé plutôt que de réinvention prestigieuse du mythe.

Verdict et recommandation
En confiant les clés de Resident Evil à Zach Cregger plutôt qu’à un faiseur de blockbusters standard, Sony a fait le pari d’une signature d’auteur au service d’une licence culte — et cela se sent à l’écran, pour le meilleur la plupart du temps. Le film séduira surtout les amateurs de la saga vidéoludique, sensibles aux clins d’œil disséminés tout au long du récit, et les amateurs d’horreur premier degré qui apprécieront la générosité gore de la mise en scène. Ceux qui espéraient une réinvention plus ambitieuse ou un final à la hauteur de la tension accumulée risquent en revanche de rester sur leur faim.

Reboot honnête et efficace, Resident Evil version Cregger n’atteint pas les sommets de Barbare ou d’Évanouis mais offre un divertissement d’horreur solide, taillé pour les salles obscures.













