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Critique Express : The Sea

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The Sea 

Israël, Palestine : 2025
Titre original : Ha’Yam
Réalisation : Shai Carmeli-Pollak
|Scénario : Shai Carmeli-Pollak
|Interprètes : Muhammad Gazawi, Khalifa Natour, Marlene Bajali
Distribution : Maâtmov
Durée : 1h33
Genre : Drame
Date de sortie : 9 septembre 2026

3.5/5

Synopsis : Khaled (12 ans), un garçon palestinien de Ramallah, est en route pour voir la mer pour la première fois de sa vie. Au point de contrôle, les autorités israéliennes lui refusent l’entrée. Déterminé, il franchit la frontière clandestinement et poursuit seul sa route vers la mer, traversant un territoire où son regard d’enfant se confronte aux tensions du conflit israélo-palestinien. Pendant ce temps, son père, Ribhi, part à sa recherche…

 Savez vous qu’il existe au moins une ville dans le monde dont les enfants qui y habitent peuvent rencontrer d’énormes difficultés pour aller voir la mer alors qu’elle située à moins de 60 kilomètres de leur maison ? Cette ville, c’est Ramallah, ville palestinienne située au centre de la Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, et dans les faits, capitale administrative de l’autorité nationale palestinienne. Choqué par cette injustice, le réalisateur israélien Shai Carmeli-Pollak en a fait un film produit par le palestinien Baher Agbariya. Un film dont le scénario est à la fois très fort et d’une très grande simplicité : l’histoire de Khaled, un petit palestinien de Ramallah âgé de 12 ans, qui se réjouit d’aller voir la mer à Tel Aviv pour la première fois de sa vie  dans le cadre d’un voyage scolaire mais qui est refoulé à un point de contrôle pour absence de permis. Obstiné, Khaled décide d’aller à Tel Aviv par ses propres moyens, en territoire a priori hostile, alors qu’il ne parle pas hébreu et, bien sûr, sans prévenir sa famille. Lorsque cette dernière prend conscience de la « disparition » de Khaled, Ribhi, son père, ouvrier en situation irrégulière du côté de Tel Aviv, part à sa recherche. Voilà, c’est tout ! Et c’est beaucoup ! Et ce qui ressemble beaucoup à un conte s’avère souvent très émouvant tout en montrant combien était déjà difficile, avant même les évènements du 7 octobre 2023,  comparée à celle des israéliens, l’existence des palestiniens des territoires occupés, avec la suspicion, les contrôles, l’exploitation au travail qu’ils doivent subir en permanence.

Oui, car The Sea a été tourné en 2023, avant ces évènements, et on sait que, malheureusement,  la situation des palestiniens des territoires occupés est encore bien pire aujourd’hui. En effet, dans The Sea, on voit des israéliens qui, presque tous, à l’époque, faisaient preuve d’une grande gentillesse face à ce petit palestinien un peu perdu et qui ne comprend pas leur langue. Qu’en serait il aujourd’hui ? Quant à Ribhi, les recherches qu’il entreprend pour retrouver son fils l’amènent à reprendre contact avec une commerçante chez qui il avait travaillé dans le passé et, là aussi, on sent que les rapports qu’ils ont entretenus ont toujours été d’une grande cordialité. Eh bien, figurez vous que ce film, qui n’a pourtant rien d’un brulot vouant Israël aux gémonies, puis toutes les récompenses qu’il a engrangées durant l’été 2025, n’ont pas eu l’heur de plaire au gouvernement de Netanyahou et, en particulier, à Miki Zohar, le Ministre de la culture, instigateur d’une campagne intitulée « Le cinéma israélien, une histoire israélienne » visant à débarrasser le cinéma israélien de l’influence de la gauche. The Sea ayant reçu 3 distinctions lors du Festival du film de Jérusalem en juillet 2025, remporté 5 prix en septembre 2025, dont celui de meilleur film, lors de la cérémonie des Ophirs, l’équivalent israélien des Oscars et des Césars, et ayant été désigné comme candidat d’Israël aux Oscars 2026 dans la catégorie du meilleur film international par l’Académie israélienne du cinéma, Miki Zohar, considérant que The Sea crache au visage des soldats israéliens (?!) et véhicule un message pro-palestinien (?!?!), a annoncé le retrait du financement public des Ophir Awards et la création des Israeli State Oscars, une cérémonie soutenue par l’état israélien et qui remplacerait les Ophir Awards. De notre côté, on retient surtout la profonde humanité qui se dégage de ce film, un film qui loin de chercher à approfondir le fossé entre palestiniens et israéliens, cherche au contraire à montrer que le rejet systématique de l’autre n’est pas forcément de mise au niveau de ces deux peuples cousins. On retient aussi, bien sûr, la curiosité, l’obstination, la spontanéité et la candeur de Khaled, superbement interprété par Muhammad Gazawi, découvert dans une classe de kick-boxing et plus jeune lauréat du meilleur acteur dans l’histoire de l’Ophir.

 

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