L’entente – La face cachée d’Alexandrie
Egypte : 2025
Titre original : Al mosta’mera
Réalisation : Mohamed Rashad
Scénario : Mohamed Rashad
Interprètes : Adam Shukr, Zeyad Islam, Hanady Abd El Khaleh, Emad Ghoniem
Distribution : Tahia Films
Durée : 1h33
Genre : Drame
Date de sortie : 6 mai 2026
3.5/5
Synopsis : Deux frères, Hossam, 23 ans, fauteur de troubles, et Maro, 12 ans, vivent dans une communauté marginalisée d’Alexandrie. Après la mort de leur père dans un accident de travail, ils sont embauchés par la même usine en guise de « compensation » pour leur perte, au lieu d’intenter une action en justice. Alors qu’ils s’adaptent à leur nouvel emploi, ils commencent à se demander si la mort de leur père était vraiment accidentelle.

Lorsqu’on s’apprête à aller voir le film égyptien L’Entente – La Face Cachée d’Alexandrie et qu’on s’aperçoit que, selon certains médias, il appartient au genre cinématographique des thrillers, il peut être difficile de s’empêcher de faire un rapprochement avec Le Caire Confidentiel, La conspiration du Caire et Les Aigles de la République. Erreur sur toute la ligne : tout d’abord ces 3 films de Tarik Saleh ne sont pas des films égyptiens et, ensuite, L’Entente – La Face Cachée d’Alexandrie n’est pas un thriller mais un drame à caractère social. C’est une rencontre avec un jeune homme qui a inspiré Mohamed Rashad pour la réalisation de L’Entente – La Face Cachée d’Alexandrie : à la suite du décès accidentel de son père, la direction d’une usine avait proposé à ce jeune homme de reprendre le poste paternel et il l’avait accepté. A la fois attiré par les paysages industriels, à son avis trop peu exploités au cinéma malgré leur singulière beauté visuelle et toutes les histoires qui s’y déroulent, et intrigué par cette entente, Mohamed Rashad a décidé de développer cette histoire dans un scénario et d’en faire son premier long métrage de fiction. La question la plus importante concernant cette proposition faite par la direction de l’usine est très simple : pourquoi ? Pour aider la famille d’un ouvrier très apprécié et qui se retrouve dans le besoin suite au décès du père ? Ou, plutôt, parce que la direction était consciente de sa responsabilité dans ce décès et qu’elle espérait, grâce à cette entente, éviter une action en justice de la part de la famille.
Toujours est-il que, dans L’Entente – La Face Cachée d’Alexandrie, nous sommes conviés auprès de Hossam, 23 ans, et Maro, 12 ans, les 2 fils d’un ouvrier qui vient de mourir accidentellement à son travail. Hossam est un jeune homme au visage fermé et dont on comprend très vite que son passé est loin d’être clair. Maro, beaucoup plus lumineux, ne supporte plus l’école et aspire à travailler. Si le scénariste et réalisateur a opté pour la réponse la plus exploitable d’un point de vue cinématographique à la question évoquée plus haut, celle de la responsabilité de l’entreprise dans l’accident mortel, il a très habilement choisi de ne nous le faire découvrir que petit à petit. Quant à Hossam et Maro, il y a doute sur leur connaissance de ce qui s’est réellement passé. Toutefois, très vite, les conversations avec leurs nouveaux collègues de travail vont, si besoin est, leur servir de révélateurs. Mais que faire ? Hossam et Maro sont loin d’être en position de force et, en cas de dérapage, le passé d’Hossam ne plaiderait en sa faveur. Dans sa description de la vie dans une usine, Mohamed Rashad a su exploiter avec talent son expérience de documentariste et il montre par ailleurs de très bonnes aptitudes pour la fiction, aussi bien dans le volet social du film que dans ce qui rapproche le film d’un polar. Il montre en particulier que si il y a des dealers de drogue, le plus souvent dans les couches défavorisées de la société, c’est bien parce qu’il y a des utilisateurs, en particulier dans les couches favorisées. Malgré le caractère très dur des situations vécues par Hossam et Maro, Mohamed Rashad arrive à instiller ce qu’il faut de tendresse dans les relations entre les 2 frères. Quant à la relation qui se noue entre Hossan et Abeer, une jeune femme dont la mère est morte à l’usine alors qu’elle avait 2 ans, certains trouveront peut-être qu’elle est superfétatoire mais on peut aussi y voir un rayon de soleil dans un paysage bien sombre.
















