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Test Blu-ray : Les Intrus – Chapitre 2

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Les Intrus – Chapitre 2

États-Unis, Espagne, Slovaquie, Canada, Royaume-Uni : 2025
Titre original : The Stangers – Chapter 2
Réalisation : Renny Harlin
Scénario : Alan R. Cohen, Alan Freedland
Acteurs : Madelaine Petsch, Gabriel Basso, Richard Brake
Éditeur : Metropolitan Film & Video
Genre : Horreur
Durée : 1h38
Date de sortie cinéma : 29 octobre 2025
Date de sortie DVD/BR : 12 mars 2026

Les intrus sont de retour. Plus brutaux et impitoyables que jamais. Quand ils découvrent que l’une de leurs victimes, Maya, est toujours en vie, ils reviennent pour achever ce qu’ils ont commencé. Sans échappatoire et sans personne en qui avoir confiance, Maya la belle devra survivre à un nouveau chapitre d’horreur, traquée par des tueurs animés d’une folie sans raison. Ils sont prêts à tuer quiconque se dressera sur leur chemin…

Le film

[4/5]

Il flotte autour de Les Intrus – Chapitre 2 une drôle d’électricité, un parfum de suite qui ne veut pas seulement continuer l’histoire, mais la tordre, la secouer, la faire grincer comme une vieille balançoire abandonnée dans un jardin où personne n’a envie de s’aventurer. Là où Les Intrus – Chapitre 1 jouait la carte du classicisme anxieux, respectueuse du film original dans sa manière de poser les bases d’une nouvelle trilogie, Les Intrus – Chapitre 2 s’autorise une poussée d’adrénaline formelle, comme si Renny Harlin avait décidé de brancher son slasher sur une prise industrielle et de regarder ce qui brûle en premier. Et ce qui brûle, c’est l’espace : hôpital, morgue, forêt, ranch, lodge… Le film transforme chaque lieu en piège, chaque couloir en couveuse à panique, chaque arbre en témoin muet d’une traque qui n’a plus rien d’humain.

Ce qui frappe dans Les Intrus – Chapitre 2, c’est cette manière de reprendre le fil du premier film sans jamais donner l’impression de redite. Maya, déjà martyrisée et mise à mal dans le premier film, se retrouve ici projetée dans une spirale encore plus brutale, comme si Renny Harlin voulait vérifier jusqu’où un corps peut tenir avant de se dissoudre dans la peur. La séquence de la morgue, par exemple, a cette qualité rare : elle ne cherche pas à faire sursauter, mais à faire ressentir. Le froid, le silence, la proximité des morts, la respiration qui se coince… Le film transforme l’angoisse en matière palpable. Et quand Maya se retrouve face à un sanglier furieux, le film bascule dans une sorte de western cauchemardesque où la nature elle-même semble vouloir sa peau. Une scène absurde, presque surréaliste, mais qui fonctionne parce que Les Intrus – Chapitre 2 assume pleinement son côté « tout peut arriver, même ce qui n’a aucun sens ».

On sent aussi que Les Intrus – Chapitre 2 veut élargir son univers, quitte à s’aventurer sur des terrains glissants. Les flashbacks sur l’enfance des tueurs, par exemple, ont quelque chose d’à la fois intrigant et maladroit. Intrigant parce que Renny Harlin et ses scénaristes tentent de donner une texture à ses monstres, maladroit parce que le film perd aussi un peu de son mystère en levant trop tôt le voile. Le premier film brillait par son opacité : pas de motivations, pas d’explications, juste la terreur brute et des doutes qui partaient dans tous les sens. Ici, le voile se soulève, et Les Intrus – Chapitre 2 ne s’effondre jamais : il avance, il tente, il expérimente, comme un funambule qui aurait décidé de courir sur son fil pour voir si le vide applaudit.

Presque cinquante ans après la sortie du mythique Halloween de John Carpenter, la survie du genre slasher est intimement liée aux talents que l’on trouve aujourd’hui derrière la caméra, et à ce niveau-là, la mise en scène de Renny Harlin s’impose comme un vrai terrain de jeu pour le cinéaste. Les Intrus – Chapitre 2 multiplie les mouvements de caméra qui frôlent les murs, les plongées qui écrasent les personnages, les contre-plongées qui transforment les tueurs en silhouettes mythologiques. On pense forcément à Halloween II pour le début à l’hôpital, aux meilleurs opus de la franchise Vendredi 13 pour les séquences en forêt, le tout étant magnifier par le talent de Harlin pour styliser la violence sans jamais la rendre glamour. De plus, en dépit des clins d’yeux, Les Intrus – Chapitre 2 garde sa propre identité : un mélange de brutalité sèche et de poésie cabossée, comme si Renny Harlin avait décidé de peindre son slasher avec un pinceau trempé dans l’huile de moteur.

De fait, visuellement, Les Intrus – Chapitre 2 est une véritable masterclass, se permettant même quelques audaces presque baroques : un plan où la caméra tourne autour de Maya comme un vautour impatient, un autre où les arbres semblent se refermer sur elle comme une mâchoire végétale. Renny Harlin n’a jamais été un cinéaste subtil, mais ici, son style trouve un équilibre étonnant entre efficacité et flamboyance – avec une maestria telle que le film rappelle parfois le plus grand chef d’œuvre de sa filmographie, à savoir le formidable Au revoir à jamais, qui appliquait au cinéma d’action la même recette qu’il applique ici au slasher. On sent que le cinéaste finlandais s’amuse énormément, qu’il pousse tous les curseurs jusqu’à 11, qu’il tente des choses. Et même durant les rares moments durant lesquels le tout dérape légèrement, Les Intrus – Chapitre 2 reste absolument fascinant à regarder.

Les thématiques du film, en partie caressées par le premier opus, s’épaississent également encore un peu. Les Intrus – Chapitre 2 parle de survie, bien sûr, mais aussi de mémoire traumatique, de cette manière dont un corps garde les traces de ce qu’il a traversé. L’héroïne du film, Maya, incarnée par Madelaine Petsch, n’est plus seulement une victime : elle devient une sorte de figure mythique, une héroïne malgré elle, un corps qui refuse de céder. Comme tous les opus précédents de la franchise, le film interroge aussi la banalité du mal : les tueurs ne sont pas des démons, juste des silhouettes qui ont glissé du côté obscur sans raison valable. Et c’est peut-être ça, le plus terrifiant dans Les Intrus – Chapitre 2 : cette idée que la violence n’a pas besoin d’explication pour exister.

Et puis il y a les acteurs, bien sûr. Madelaine Petsch, surtout, qui porte Les Intrus – Chapitre 2 sur ses épaules comme si elle transportait un piano à queue dans une montée d’escalier. Elle souffre, elle hurle, elle rampe, elle se relève, elle recommence. Son jeu a quelque chose de presque physique, viscéral, qui donne au film une densité émotionnelle inattendue. Les tueurs, eux, restent des présences, des ombres, des fantômes de chair, et c’est très bien ainsi. Ainsi, si Les Intrus – Chapitre 2 n’est peut-être pas un film parfait, il s’agit indéniablement d’un film vivant, vibrant, qui cherche, qui tente, qui ose des choses. Et dans un paysage horrifique parfois trop sage, ça fait un bien fou. Vivement la suite !

Le Blu-ray

[4/5]

Le Blu-ray des Intrus – Chapitre 2, édité par Metropolitan Film & Video, nous arrive dans un packaging sobre – un boîtier classique qui ne cherche pas à impressionner mais qui, à l’image du film, fait parfaitement le djaube. Côté galette, le Blu-ray bénéficie d’une image extrêmement solide, avec un piqué souvent remarquable dans les scènes diurnes et une gestion des noirs globalement satisfaisante dans les séquences nocturnes. Le film repose beaucoup sur les contrastes, et le Blu-ray restitue correctement les variations de lumière, même si quelques plans très sombres montrent un léger bruit vidéo. Rien de dramatique : Les Intrus – Chapitre 2 reste parfaitement lisible, même dans les couloirs de l’hôpital ou les profondeurs de la forêt. On espère cela dit que la sortie du troisième opus d’ici quelques mois pourra être l’occasion pour l’éditeur de nous proposer de redécouvrir la trilogie au format Blu-ray 4K Ultra HD. Côté son, le film de Renny Harlin bénéficie d’une VF en DTS-HD Master Audio 5.1 très propre, ample, avec une spatialisation efficace dans les scènes de traque. Les bruits de pas, les craquements, les respirations étouffées circulent bien dans l’espace, donnant au film une présence sonore immersive. La VO en Dolby Atmos, de son côté, offre une verticalité supplémentaire, notamment dans les séquences où les tueurs semblent surgir de partout. Les deux pistes sont de très bonne qualité : la version originale est naturellement plus détaillée, mais la version française n’a absolument pas à rougir et permet de profiter pleinement de la leçon de cinéma qui nous est ici prodiguée par Renny Harlin.

Côté suppléments, le Blu-ray des Intrus – Chapitre 2 nous propose tout d’abord un intéressant making of (19 minutes), qui reviendra sur la conception du film, avec des interviews du casting et de l’équipe technique. On y découvre les coulisses du tournage, les choix de mise en scène, les défis physiques imposés à Madelaine Petsch, et quelques images de plateau qui montrent à quel point ce deuxième opus a été pensé comme un chapitre central, plus sombre et plus intense. Le disque propose également une galerie d’images, un teaser, ainsi que les bandes-annonces des épisodes 1 et 2. L’ensemble est parfaitement cohérent et donne un éclairage appréciable sur le film !

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