Test Blu-ray 4K Ultra HD : Karate Kid – Legends

0
115

Karate Kid – Legends

États-Unis : 2025
Titre original : –
Réalisation : Jonathan Entwistle
Scénario : Rob Lieber
Acteurs : Jackie Chan, Ralph Macchio, Ben Wang
Éditeur : Sony Pictures
Durée : 1h34
Genre : Action, Comédie
Date de sortie cinéma : 13 août 2025
Date de sortie BR/4K : 17 décembre 2025

Après avoir vécu une tragédie personnelle, le jeune prodige de kung-fu Li Fong est arraché à sa famille à Pékin et contraint de s’installer à New York avec sa mère. Il tente de tirer un trait sur son passé tout en cherchant à s’intégrer dans son nouveau lycée. Et même s’il ne cherche pas la bagarre, il semble constamment s’attirer des ennuis. Lorsqu’un ami dont il vient de faire la connaissance sollicite son aide, Li accepte de participer à une compétition de karaté, mais il comprend qu’il ne peut pas seulement compter sur son talent. Son professeur de kung-fu, M. Han, engage alors le premier Karaté Kid, Daniel LaRusso, en renfort. Li découvre un nouveau style de combat réunissant leurs deux approches dont il se servira pour l’affrontement ultime…

Le film

[3/5]

La franchise Karate Kid n’en finit pas de se rouvrir, à l’image d’une vieille cicatrice qu’on croyait refermée, mais qui gratte encore avec une sorte de nostalgie nerveuse. Et comme l’indique son titre de façon presque explicite, Karate Kid : Legends ne cherchera pas à révolutionner la saga : le réalisateur Jonathan Entwistle avance au contraire avec la modestie d’un élève qui sait qu’il a un héritage à honorer, mais qui n’a pas peur de se casser la gueule en essayant un salto arrière. Et c’est précisément ce mélange de respect et d’audace qui donne au dernier film de la saga Karate Kid son parfum d’aventure urbaine, quelque part entre la sueur des salles d’entraînement et les néons new-yorkais qui clignotent comme des notifications TikTok en pleine crise existentielle. Le film s’inscrit dans la continuité de la saga, mais sans se contenter de jouer les photocopies : il respire, il pulse, il cherche sa propre voie, comme un ado qui découvre que la philosophie peut aussi se cacher dans un coup de pied circulaire.

Dans Karate Kid : Legends, l’arrivée de Ben Wang dans la lignée des Daniel LaRusso et autres Miguel Diaz de Cobra Kai fonctionne comme une passerelle générationnelle. Le film ne se contente pas de faire coucou aux fans : il tisse des liens, parfois subtils, parfois frontaux, entre les différentes incarnations de la franchise. A sa manière nostalgique, Karate Kid : Legends joue avec les échos, les reflets, les transmissions, comme si chaque geste de kung-fu était une phrase dans un grand roman familial. Et au milieu de tout ça, Jackie Chan et Ralph Macchio reviennent comme deux oncles un peu cabossés mais toujours prêts à sortir une leçon de vie ; et même si ce côté solennel et pompeux a toujours de quoi agacer, l’ensemble est rattrapé par les scènes où la caméra glisse lentement sur leurs visages fatigués, révélant la fragilité derrière la légende. Et on admettra que le film parvient parfaitement à manier ce genre de grand écart émotionnel.

La mise en scène de Karate Kid : Legends surprend par sa douceur. Pas de surenchère numérique façon Mortal Kombat, pas de chorégraphies illisibles à la Taken 3. Le réalisateur Jonathan Entwistle préfère la lisibilité, la respiration, la précision. Les combats sont filmés avec une attention presque documentaire, comme si chaque mouvement devait raconter quelque chose : la peur, la colère, la honte, ou cette étrange sensation d’être vivant quand on se prend un coup dans les côtes. Karate Kid : Legends utilise New York comme un dojo géant, un terrain de jeu où les ombres des immeubles deviennent des adversaires silencieux. Et parfois, au détour d’un plan, une métaphore improbable surgit : un sac de frappe qui se balance comme un vieux slip oublié sur un fil à linge — image immédiatement compensée par un travelling arrière qui révèle la solitude du personnage, perdu dans un monde trop grand pour lui.

Ce qui frappe dans Karate Kid : Legends, c’est sa manière de traiter la transmission comme un art fragile. Le film parle d’héritage, mais aussi de rupture, de reconstruction, de ces moments où l’on doit désapprendre pour mieux apprendre. Le film montre que la sagesse n’est pas un trésor qu’on transmet comme un NFT poussiéreux, mais un mouvement perpétuel, un échange, un souffle. Les scènes entre Ben Wang et Jackie Chan sont parfois drôles, parfois maladroites, parfois émouvantes, mais toujours sincères. Et quand Karate Kid : Legends s’autorise une digression formelle – par exemple un plan inutile mais délicieux sur une pizza trop cuite qui ressemble à un soleil mourant – c’est finalement pour mieux revenir à l’essentiel : la quête d’équilibre, ce truc insaisissable qui fait qu’on tient debout même quand tout vacille.

Enfin, si Karate Kid : Legends s’inscrit dans une époque où les récits d’apprentissage se multiplient, le film garde tout de même une singularité : une douceur presque artisanale, un refus de céder à la frénésie algorithmique. Le film préfère la lenteur, la patience, la construction, et s’offre grâce à son directeur photo Justin Brown une poignée de plans d’une beauté inattendue, où la lumière caresse les visages comme une promesse de réconciliation. En deux mots comme en cent, Karate Kid : Legends n’est certainement pas un chef d’œuvre, mais c’est un film généreux, honnête, vibrant, qui rappelle que le cinéma populaire peut encore surprendre sans hurler.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

Le Blu-ray 4K Ultra HD de Karate Kid : Legends, édité par Sony Pictures, nous arrive dans un boîtier sobre accompagné d’un fourreau cartonné qui fait son petit effet, avec Jackie Chan et Ralph Macchio qui posent comme deux maîtres prêts à vous juger si vous rangez mal vos disques. L’objet est propre, élégant, sans chichi, et s’inscrit parfaitement dans la collection des amateurs de la saga. Côté transfert, l’image Katka nous est proposée en Dolby Vision et HDR10, et impressionne par sa précision : les rides de Jackie Chan apparaissent comme des hiéroglyphes gravés par le temps, et les textures des décors new-yorkais sont d’une netteté presque chirurgicale. Les couleurs oscillent entre gris urbains, bruns chaleureux et verts méditatifs, avec une saturation juste, jamais tapageuse. Les contrastes sont solides, les noirs profonds, les scènes nocturnes parfaitement lisibles. Du très beau travail. Côté son, le Blu-ray 4K Ultra HD de Karate Kid : Legends nous propose une VO en Dolby Atmos ample, dynamique, immersive. Les coups, les chocs, les déplacements d’air pendant les combats se déploient dans l’espace avec une précision redoutable. Les ambiances new-yorkaises enveloppent l’auditeur, les chansons sont bien réparties, et le caisson de basses donne du coffre sans jamais écraser le reste. La VF, mixée en DTS-HD Master Audio 5.1, s’en sort également parfaitement bien : dialogues clairs, spatialisation honnête, impacts bien rendus, mixage équilibré.

Les suppléments du Blu-ray 4K Ultra HD de Karate Kid : Legends s’organisent comme un petit parcours initiatique, une série de modules qui prolongent l’esprit du film sans jamais chercher à le surcharger. On commencera avec une featurette courte mais efficace qui revient sur Ben Wang (4 minutes), son entraînement et la manière dont il s’est approprié l’héritage de la saga. On poursuivra avec un module dédié aux deux « maîtres » (6 minutes) – un sujet qui respire la nostalgie et s’attarde sur la complicité retrouvée entre Jackie Chan et Ralph Macchio, deux figures qui semblent se redécouvrir autant qu’elles se remémorent leur passé. Le module suivant adopte un ton plus solennel, revenant sur l’héritage de Pat Morita (4 minutes) et sur la recréation des décors emblématiques des premiers films. On enchaînera ensuite rapidement avec une featurette revenant sur le casting (5 minutes), explorant les rôles secondaires, pour s’attarder sur le sujet consacré aux scènes d’action (5 minutes), qui se révélera plus instructif, détaillant les chorégraphies, les styles martiaux et les références directes à la carrière de Jackie Chan, avec un enthousiasme communicatif. Le traditionnel bêtisier (2 minutes) apportera une respiration bienvenue, témoignant de la bonne humeur générale du tournage. Enfin, les scènes coupées (12 minutes) nous offriront un ensemble inégal mais intéressant : si les premières n’apportent pas grand-chose, les trois dernières auraient clairement mérité une place dans le montage final, notamment celles qui approfondissent les relations entre les personnages et éclairent certains choix narratifs. Intéressant !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici