Critique : 22 Jump Street

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22 jump street

Etats-Unis, 2014
Titre original : –
Réalisateur : Phil Lord et Christopher Miller
Scénario : Rodney Rothman, Michael Bacall, Oren Uziel
Acteurs : , l,
Distribution : Sony
Durée : 1h52
Genre : Comédie
Date de sortie : 27 août 2014

Note : 4/5

Synopsis : Pour leur première enquête, les policiers d’élite(?) Schmidt et Jenko avaient infiltré un lycée. Cette fois-ci ils accèdent au niveau supérieur et entrent à l’université pour mettre fin à un nouveau trafic de drogue. Ils sont trop vieux pour l’école mais cela ne les arrêtera pas.

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Deux ans après le reboot parodique d’une série télé dont personne n’attendait rien, l et reprennent leurs rôles de policiers qui s’infiltrent dans des milieux scolaires pour ce deuxième volet encore plus fou..

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On prend les mêmes recettes et on recommence…

L’enquête criminelle n’a qu’une importance limitée ici, le scénario se moquant sans hésiter du manque d’imagination des suites qui n’ont jamais la fraîcheur des originaux et se contentent de reproduire les mêmes formules, en moins bien mais avec beaucoup voire beaucoup trop d’argent. Si le premier film se moquait des remakes dont les seules motivations sont pécuniaires, ce deuxième film ironise sur l’autre grande maladie du cinéma hollywoodien : les suites à répétition d’un film à succès. Quelle sera l’approche du prochain épisode ? Se moquer des films qui se moquent des films ?

Phil Lord et Christopher Miller confirment après 21 Jump Street, Tempête de boulettes géantes et La Grande aventure Lego qu’ils font partie des réalisateurs de comédies les plus doués de leur génération, capables de passer du film d’animation à la fiction et vice versa. Même s’ils ont bien compris la règle numéro un d’une suite, selon les critères commerciaux, c’est à dire plus grand, plus fort, plus cher, en résumé ‘crever les plafonds’, ils se moquent du manque d’inspiration d’Hollywood et désamorcent avec ironie les facilités du scénario et deviennent leurs premiers critiques. L’humour de répétition est au cœur de la structure de ce film qui fait rire avec ses références à la culture pop, fait exploser des voitures pour rien (mais moins souvent que dans le premier) avec des nouveaux clins d’oeil à la série d’origine, jusque dans le casting. Les réalisateurs assument de refaire le même film pour rassurer le spectateur tout en créant des gags de mise en abyme réjouissants sans perdre le spectateur.

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Sales gosses

l et reprennent leurs rôles avec un plaisir manifeste et communicatif et n’hésitent pas à exagérer leurs limites respectives, comme si leurs personnages n’étaient que des sales gosses jouant à être des flics mais avec de vraies armes. La performance de dans 21 Jump Street (critique) fut une vraie surprise et a permis à beaucoup de gens de voir en lui autre chose que le neuneu musclé qu’il risquait de devenir (après les belles purges que furent les deux premiers ). Grâce à cette comédie d’action qui se moquait déjà des adaptations de séries télé au cinéma, il sortait de cet emploi et révélait un sens de l’auto-dérision. Un réel talent de comédien apparaissait alors, ce qu’il confirma très vite avec ses rôles chez Steven Soderbergh dans des films aussi différents que où il revenait sur son passé de chippendale, l’ébouriffant film d’action et le drame où il était victime des effets indésirables d’un produit expérimental sur sa femme jouée par Rooney Mara. En attendant de découvrir sa performance feutrée dans Foxcatcher de Bennett Miller (critique), il se moque allègrement de lui-même (avec une vanne sur de Roland Emmerich) avec un jeu pince sans-rires qui fait passer beaucoup de choses sans en avoir l’air, notamment lorsqu’il est fier d’être ‘le premier de sa famille à faire de fausses études’. Il fait passer de telles idioties avec un naturel désarmant et hilarant. l pratique un humour moins agressif que dans ses précédentes comédies et leur duo est désormais une évidence. Ils se la jouent bad boys avec voiture de luxe et accents espagnols à la ramasse dans une mission d’infiltration pathétique.

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La jalousie qui met à mal leur amitié virile (ou bromance comme ils disent en anglais) est l’autre grand ressort comique du scénario, avec sous-entendus sexuels volontairement lourdauds, grâce à la complicité évidente entre les acteurs et ceux qui vont semer le trouble entre les deux héros : Wyatt Russell ami de chambrée de Jenko et qui séduit Schmidt aux risques et périls de ce dernier. Ils sont toujours dirigés par Ice Cube qui surjoue la nervosité du chef Dickson de police carrément méchant, jamais content et sont rejoints par , un méchant de pacotille copie conforme du premier et Jillian Bell en colocataire étudiante méfiante, avec un secret. Rob Corddry et , les méchants du premier film, sont de retour pour une apparition gag et douloureuse, surtout pour le deuxième.

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Résumé

Toute cette fine équipe est fière de refaire presque exactement la même chose et si une baisse de rythme se ressent quand le film d’action passe au premier plan, est une excellente comédie d’été avec un générique de fin hilarant qui laisse entendre qu’une suite est désormais impossible sauf si le ‘compacteur de la mélancolie’ intervient… voire une bonne idée ou beaucoup plus d’argent encore…

http://youtu.be/kh4VUM8AgQg

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