César 2015 : pronostics victoires

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Qui va remporter un César ce vendredi 20 février au Châtelet ? Pronostics et analyses des nominations ci-dessous.

Timbuktu 2
Meilleur film et meilleur réalisateur :

Sauf surprise, la lutte pour les deux principaux trophées semble se limiter à un duel entre le Saint Laurent de Bertrand Bonello et Timbuktu d’Abderrahmane Sissako avec un léger avantage pour ce dernier. Bonello, à l’image d’un Téchiné ou d’un Corneau nommés plusieurs fois avant de finalement l’emporter, semble destiné à attendre son premier trophée encore un peu. Étonnamment il s’agit de sa première nomination dans ces catégories malgré les huit citations de L’Apollonide dont une pour lui pour la musique.

Le vétéran de la sélection est là encore une surprise, puisqu’il s’agit d’Olivier Assayas. Réalisateur depuis Désordre en 1986, il a été nommé pour la première fois comme réalisateur pour Carlos en 2011 mais tous ses concurrents sont en lice pour la première fois. Il s’agit néanmoins de sa première participation au César du meilleur film. Sils Maria a gagné le Prix Louis-Delluc mais ce n’est pas réellement un indicateur valide, seuls dix films ayant réalisé le doublé Delluc/César du meilleur film de L’Argent des autres de Christian de Chalonge en 1978 à Un Prophète de Jacques Audiard en 2009 en passant par un rare doublé, celui d’Alain Resnais pour Smoking/No Smoking et On connaît la chanson.

Quinzième nomination pour une réalisatrice avec Céline Sciamma pour Bande de filles, seule Nicole Garcia ayant été citée deux fois, pour Le Fils préféré et Place Vendôme. Les Oscars peuvent aller se rhabiller même si Tonie Marshall pour Vénus Beauté (Institut) reste la seule à avoir transformé l’essai dans cette catégorie ! Le film est absent de la catégorie du meilleur film, remplacé par La Famille Bélier d’Eric Lartigau. Face à la richesse du cinéma français, ce choix laisse tout de même pantois…

Volker Schlondörff
Volker Schlondörff

 

Meilleur scénario original / meilleure adaptation :

Étrange parallèle, tous les nommés pour les sujets originaux sont aussi en lice pour le César du meilleur film, et c’est l’opposé parfait pour les adaptations. Timbuktu peut espérer faire le triplé film/réalisateur/scénario à l’image de Providence et les Smoking d’Alain Resnais, d’Au revoir les enfants de Louis Malle, de Trop belle pour toi de Bertrand Blier, des Invasions Barbares de Denys Arcand, du Dernier Métro de François Truffaut, de Thérèse d’Alain Cavalier, des Roseaux Sauvages d’André Téchiné ou des deux triplés d’Audiard (De battre mon cœur s’est arrêté, Un prophète) et Abdellatif Kechiche (L’Esquive, La Graine et le Mulet). Les scénarios efficaces et vraiment originaux des Combattants ou d’Hippocrate peuvent surprendre aussi.

Côté adaptations, Volker Schlöndorff peut espérer remporter son premier César pour Diplomatie avec Cyril Gely, l’auteur de la pièce d’origine, après deux nominations infructueuses dans la catégorie du film étranger pour Le Tambour et Le Faussaire. Bonne surprise, on retrouve ici la seule citation de La Chambre bleue de Mathieu Almaric (écrit avec sa compagne et partenaire à l’écran Stéphanie Cléau), sa huitième nomination personnelle en six catégories différentes (film, réalisateur, acteur, espoir masculin et scénario original en plus). Ce record est partagé avec d’autres dont Mathieu Kassovitz, Jean-Pierre Jeunet et Nicole Garcia ainsi que d’autres nouveaux arrivants cette année dans ce club select : Guillaume Canet (premier film, espoir, film, réalisateur et adaptation en autant de nominations) et Guillaume Gallienne en deux années seulement, chapeau ! Si vous en trouvez d’autres, n’hésitez pas à le mentionner dans les commentaires, il peut en rester ! Et attention, on ne compte pas ceux qui ont été nommés pour un scénario original, une adaptation et lorsque la catégorie du scénario ne faisait pas cette distinction. Lucas Belvaux, toujours sans trophée, reçoit sa septème nomination pour Pas son genre, Solveig Anspach sa deuxième (premier film de fiction pour Haut les cœurs!) tout comme son coscénariste Jean-Luc Gaget sur Lulu femme nue, cité en 1996 pour l’excellent court-métrage Le Bus, un rappel pour souligner que les années 90 ont été une période faste pour le format court en France, quasiment un âge d’or.

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Meilleur acteur :

Là encore un duel domine les discussions : quel Yves Saint-Laurent va gagner ? Le nouveau jeune premier du cinéma / théâtre français Pierre Niney semblait avoir déjà gagné en janvier lorsque le film de Jalil Lespert est sorti mais la version Bonello a plus séduit les critiques. L’avantage de Niney sur Gaspard Ulliel repose essentiellement sur le fait que ce dernier a déjà remporté un César, celui du meilleur espoir pour Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet, alors que lui a perdu ses deux citations en tant qu’espoir pour J’aime regarder les filles en 2012 et pour Comme des frères l’année suivante.

Si François Damiens pour La Famille Bélier (3ème nomination après celles de L’Arnacoeur et de Suzanne en second rôle) et Vincent Lacoste pour Hippocrate (2ème après espoir, Les Beaux Gosses) peuvent s’estimer heureux d’être nommés, les deux YSL ne sont pas les seuls à espérer être récompensés. Même s’ils sont moins probables, Niels Arestrup avec sa première citation comme acteur pour Diplomatie après quatre en second rôle dont trois victoires, Guillaume Canet autre première fois ici dans son étonnante performance de La Prochaine fois je viserai le cœur plus de quinze ans après sa citation en espoir pour En plein cœur et Romain Duris si émouvant dans Une nouvelle amie (2 fois nommé en espoir et 2 autres fois en meilleur acteur) ne sont pas à exclure.

L’absence d’Olivier Rabourdin pour Eastern Boys est d’autant plus injuste que le film est en compétition, dommage il aurait eu de réelles chances de l’emporter…

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Meilleure actrice :

La catégorie est plus ouverte car en dehors de Sandrine Kiberlain pour Elle l’adore (que l’on n’imagine pas se succéder à elle-même pour une deuxième comédie successive) et Karin Viard dans La Famille Bélier (un second rôle), les cinq autres candidates ont été très remarquées. Seule Emilie Dequenne (Pas son genre) n’a pas de César mais cela ne lui donne pas forcément un réel avantage. Catherine Deneuve (Dans la cour), treizième nomination en trente ans pile n’est pas non plus favorite avec sa nomination unique pour le film de Pierre Salvadori même si la voir monter sur scène aux côtés d’un Saint-Laurent pour de faux dont elle fut une proche pour de vrai aurait un côté charmant. La victoire semble se jouer entre les trois autres nommées : Adèle Haenel, César du second rôle l’an dernier pour Suzanne pourrait faire un joli doublé avec Les Combattants, Marion Cotillard nommée aux Oscars pour Deux jours, une nuit n’est pas à exclure non plus pour sa sixième nomination même si elle a déjà deux trophées à son actif (Un long dimanche de fiançailles et La Môme) mais Juliette Binoche pourrait représenter la seule chance de trophée pour Sils Maria. Elle n’a remporté qu’un seul César, il y a 21 ans déjà pour Bleu de Kieslowski sur neuf nominations, la dernière remontant déjà à 2003 (!) pour Décalage horaire.

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Meilleur acteur dans un second rôle :

Le duel entre les deux Pierre Bergé (Guillaume Gallienne / Jérémie Renier) devrait être départagé par la magnifique interprétation de Reda Kateb dans Hippocrate, l’un des meilleurs acteurs français du cinéma français qu’il est temps d’honorer, ce qui assurerait que ce film de Thomas Lilti ne reparte pas sans rien. Eric Elmosnino dans La Famille Bélier et Louis Garrel dans Saint Laurent ont des chances bien moindre.

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Meilleure actrice dans un second rôle :

LA catégorie que je n’ose départager. Les votants vont-ils aller vers le César d’honneur pour Claude Gensac, 88 ans le premier mars prochain et partenaire mythique de Louis de Funès sur dix films ? Rappelons que l’Académie n’a pas remis de trophée honorifique à un français depuis… 2007 (c’était pour Marlène Jobert), on oubliera charitablement qu’en 2008, un débile deuxième César d’honneur a été remis à Jeanne Moreau ainsi qu’un César posthume à Romy Schneider. Pour rappel, on a une liste de suggestions en cliquant sur ce lien !. Pour revenir à la catégorie proprement dite, la prestation de cette comédienne vénérable est amusante, tendre et drôle et mérite ce trophée, tout comme dans un tout autre registre celle de Kristen Stewart dans Sils Maria. Citée dans son propre pays surtout aux MTV Awards et aux Razzies, il s’agit de sa première nomination dans une cérémonie de première catégorie (si, les César, c’est important, malgré l’incompétence criminelle des organisateurs dans les César d’honneur – ma marotte). Dirigée par Sean Penn (César d’honneur 2015) dans Into the wild, elle fait officiellement partie de la liste des remettants et devrait donc être présente dans la salle aux côtés de son ancien metteur en scène, sauf changement de dernière minute mais ce serait étonnant de ne pas la voir, la nomination l’ayant certainement touchée. Sils Maria sera éligible pour les Oscars 2016.

Premières nominations pour Marianne Denicourt (Hippocrate) et Charlotte Le Bon (Yves Saint Laurent), deuxième pour Izia Higelin (Samba) après sa victoire en espoir pour Mauvaise fille, le nanar de Patrick Mille. Elle représente à elle seule le film de Nakache & Toledano, vite oublié par les votants et que l’on pensait voir dans plus de catégories dont celles de la meilleure actrice pour Charlotte Gainsbourg, de l’adaptation ou de la musique voire du meilleur acteur pour Omar Sy.

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Meilleur premier film :

Les Combattants de Thomas Cailley ou Party Girl de Marie Amachoukelie, Claire Burger et Samuel Theis ? On penche nettement vers le premier même si les coréalisatrices ont déjà un César du court-métrage pour C’est gratuit pour les filles. Elle l’adore, Fidelio, l’odyssée d’Alice et Qu’Allah bénisse la France ont notamment été préférés à Tonnerre de Guillaume Brac et au Sens de l’humour de Marilyne Canto, ce qui est bien dommage…

Meilleur espoir masculin :

Kevin Azaïs (Les Combattants) est le favori depuis des mois déjà. Une surprise n’est pas à exclure tout de même, en particulier venant de Kirill Emelyanov (Eastern Boys). Pierre Rochefort, fils de Jean Rochefort et de Nicole Garcia, cité pour Un beau dimanche réalisé par sa mère, peut espérer un jour être césarisé comme le reste de la famille, mais probablement pas cette année.

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Meilleur espoir féminin :

Il semble difficile d’ignorer l’engouement actuel pour Louane Emera, meilleure chance de La Famille Bélier, mais ignorer Lou de Laâge et Joséphine Japy (Respire), Ariane Labed (Fidelio, l’odyssée d’Alice) et Karidja Touré (Bande de filles) dont l’avenir d’actrice est plus crédible serait un choix étrange.

yves saint-laurent album

Meilleure musique originale :

C’est suffisamment rare dans cette catégorie pour le souligner mais tous les nommés le sont pour la première fois. Jean-Baptiste de Lauber (du groupe Para One) avait notamment signé celle de Naissance des Pieuvres, Lionel Flairs, Benoît Rault, Philippe Deshaies (du groupe HiTnRuN) celle des Beaux Gosses et Ibrahim Maalouf celle de La Crème de la crème et sont tous des quasi-débutants dans la BO, Amine Bouhafa signant vraiment sa première partition pour le grand écran avec Timbuktu. Seule Béatrice Thiriet (Bird People) a une longue et belle carrière enfin saluée ici. Oubliée des nominations au moment de Lady Chatterley de Pascale Ferran, elle est ici quasiment la seule représentante de son nouveau long-métrage (avec les ingénieurs du son) ! Pronostic difficile mais Maalouf, plus connu du groupe grâce à sa Victoire de la musique en 2014, a un net avantage. Mais honnêtement sa musique est moins marquante que celle de ses compétiteurs.

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Meilleure photo :

César 2014 pour L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet, Thomas Hardmeier ne devrait pas se succéder à lui-même et devrait céder sa place à l’un de ses rivaux, aucun n’ayant jamais remporté ce trophée. Christophe Beaucarne (La Belle et la Bête) a déjà été cité pour Coco avant Chanel et Tournée, Josée Deshaies (Saint Laurent) pour L’Apollonide (Souvenirs de la maison close), déjà de Bonnello et Sofian el Fani (Timbuktu) pour La Vie d’Adèle, Yorick le Saux l’est pour la première fois avec Sils Maria. On parie sur les images marquantes de Timbuktu, avec celles de Saint Laurent en embuscade.

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Meilleur montage :

Cette catégorie technique est parfois favorable aux ‘petits’ films et Party Girl pourrait se voir honorer ici, les autres films n’étant pas des tours de force visibles d’un simple coup d’oeil. Lilian Corbeille (Les Combattants), Christel Dewynter (Hippocrate), Frédéric Baillehaiche (Party Girl), Fabrice Rouaud (Saint Laurent) et Nadia Ben Rachid (Timbuktu) sont tous cités pour la première fois.

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Meilleurs décors et costumes :

Plus de vétérans dans ces deux catégories, et comme souvent ce sont les mêmes films qui y sont cités en double, à l’exception de Timbuktu et Une nouvelle amie (Pascaline Chavanne, 6ème nomination, une victoire l’an dernier pour Renoir) qui se partagent respectivement les cinquième ‘places’ des décors et des costumes. Pour La Belle et la Bête sont cités Thierry Flamand pour les décors (3ème nomination après Place Vendôme et Le Deuxième souffle) et Pierre-Yves Gayraud pour les costumes (2ème après Indochine en 1993), Jean-Philippe Moreaux et Carine Sarfati pour La French (la double surprise de ces catégories) et le nouveau duel entre les deux Saint(-)Laurent. La version Bonello est doublement favorite ici avec la décoratrice Katia Wyszkop (citée pour Van Gogh et Les destinées sentimentales, primée pour Les Adieux à la reine) et la costumière Anaïs Romand (primée pour L’Apollonide) malgré le prestigieux pedigree des deux femmes de talents réunies pour la version Lespert : Aline Bonetto, primée pour deux décors de films signés Jean-Pierre Jeunet (Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, Un long dimanche de fiançailles) et citée pour deux autres (Micmacs à tire-larigot, L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet) et Madeline Fontaine, elle aussi citée pour ces quatre mêmes longs-métrages (avec un trophée pour Un long dimanche de fiançailles), primée aussi pour Séraphine et citée encore pour Camille redouble.

Meilleur son :

Si une catégorie technique sert essentiellement à gonfler le score d’un film ou à en rattraper un autre, c’est bien celle-là qui privilégie donc les razzias mais aussi les films policiers et musicaux. Daniel Sobrino (en lice pour Bande de filles) a ainsi été récompensé pour Les Choristes et Gainsbourg (Vie héroïque) et a été cité pour Faubourg 36. Configuration différente ici et l’on espère du coup voir l’équipe des Combattants récompensée.

Après Lady Chatterley pour Pascale Ferran déjà, deuxième citation commune pour Bird People pour Jean-Jacques Ferran, Nicolas Moreau (3ème en tout pour eux deux) et Jean-Pierre Laforce qui obtient ses onzième et douzième citation cette année (il est aussi dans l’équipe de Saint Laurent version Bonello) avec deux victoires pour On connaît la chanson et L’Exercice de l’État.

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Meilleur film étranger :

Si l’on tient compte du succès en salles et de leur exposition médiatique, la victoire devrait se jouer entre Ida de Pawel Pawlikowski et Mommy de Xavier Dolan, ce dernier recevant, grâce au quota francophone (deux places annuelles), sa quatrième nomination en six années, seul Tom à la ferme sorti en 2014 également a échappé aux César, ce qui pourrait lui donner un avantage. Les frères Dardenne ont autant de nominations dans cette catégorie (La Promesse, Le Silence de Lorna, Le Gamin au vélo) plus trois pour L’Enfant (film, réalisateur et scénario) mais ce sera pour une prochaine fois a priori. Steve McQueen avec 12 years a slave, Oscar 2014 du meilleur film et Nuri Bilge Ceylan avec Winter Sleep, Palme d’or 2014 complètent le line-up.

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Meilleur film documentaire :

Belle liste de nommés avec le chef d’oeuvre de Frédérick Wiseman (National Gallery) en compétition avec Le Sel de la terre de Wim Wenders (cité pour L’Ami américain, Paris, Texas et Les Ailes du désir en film étranger dans les années 80) et Juliano Ribeiro Salgado, La Cour de Babel de Julie Bertuccelli (4ème nomination dans 4 catégories différentes dont un trophée du premier film pour Depuis qu’Otar est parti) et Les Chèvres de ma mère de Sophie Audier. Produit par Radu Mihaileanu, le méritant Caricaturistes – fantassins de la démocratie de Stéphanie Valloatto devrait être un moyen pour les votants de dire ce soir-là ‘Je suis Charlie’.

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Meilleur film d’animation :

Pour le long métrage, Le Chant de la mer de Tomm Moore devrait éclipser sans problème Jack et la mécanique du cœur de Mathias Malzieu (le groupe Dionysos) et Stéphane Berla et Minuscule – la vallée des fourmis perdues de Thomas Szabo et Hélène Giraud. Pour le court-métrage, c’est plus difficile, même si l’on espère voir le triomphe de Cowboy, Indien, Cheval et Steven pour La Bûche de Noël.

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Meilleur court métrage :

Si la présence du pathétique film signé Emma Luchini et Nicolas Rey (La Femme de Rio) laisse songeur, les cinq autres feraient de beaux lauréats : Aïssa de Clément Tréhin-Lalanne et son commentaire implacable en voix-off sur une immigrée en situation irrégulière dont on jauge l’âge pour savoir si elle est expulsable, Inupiluk de Sébastien Betbeder et sa rencontre burlesque et tendre entre deux Thomas et deux esquimaux, Où je mets ma pudeur de Sébastian Bailly qui filme le quotidien d’une jeune femme voilée (Hafsia Herzi, bouleversante) en posant sa caméra et son stylo d’auteur à juste distance en racontant un destin personnel qui n’est jamais une leçon ou une démonstration facile et La Virée à Paname de Carine May et Hakim Zouhani sur la tentative pour un jeune de banlieue d’assumer sa vocation de devenir auteur de cinéma. Le sujet rappelle celui de Fais croquer de Yassine Qnia, avec la même intelligence, le même humour et un même art de douce tragédie. Misons néanmoins sur le moyen-métrage Les Jours d’avant de Karim Moussaoui qui vient de sortir en salles et évoque la violence dans l’Algérie des années 1990 via le regard de deux adolescents attirés l’un par l’autre. Un vrai grand moment de cinéma qui aura certainement marqué les membres de l’Académie. Quel que soit le résultat, la présence de ces cinq films est à mettre à l’honneur des votants.

 

En conclusion, une pensée pour les absents : Le Sens de l’humour et Tonnerre (voir premiers films), Adieu au langage de Jean-Luc Godard, Astérix : le Domaine des dieux d’Alexandre Astier et Louis Clichy, L’Amour est un crime parfait des frères Larrieu, Le Procès de Viviane Amsellem de Shlomi et Ronit Elkabetz, Pasolini d’Abel Ferrara, Gemma Bovery d’Anne Fontaine, Maestro de Lea Fazer ou Aimer, boire et chanter d’Alain Resnais à qui un hommage sera rendu lors de la soirée.

 

Pronostics en bref et en clair, comme Canal + le soir de la cérémonie…

Meilleur film : Timbuktu d’Abderrahmane Sissako

Meilleur réalisateur : Abderrahmane Sissako pour Timbuktu

Meilleur acteur : Gaspard Ulliel dans Saint Laurent

Meilleure actrice : Juliette Binoche dans Sils Maria

Meilleur acteur dans un second rôle : Reda Kateb dans Hippocrate

Meilleure actrice dans un second rôle : Claude Gensac dans Lulu femme nue ou Kristen Stewart dans Sils Maria

(je m’accorde un non-choix, mais léger avantage pour cette dernière)

Meilleur scénario original : Abderrahmane Sissako et Kessen Tall pour Timbuktu

(possible : Thomas Lilti, Baya Kasmi, Julien Lilti et Pierre Chosson pour Hippocrate)

Meilleure adaptation : Cyril Gely et Volker Schlöndorff pour Diplomatie

Meilleur premier film : Les Combattants de Thomas Cailley

Meilleur espoir masculin : Kevin Azaïs dans Les Combattants

Meilleur espoir féminin : Louane Emera dans La Famille Bélier

Meilleure musique originale : Ibrahim Maalouf pour Yves Saint Laurent

Meilleure photo : Sofian el Fani pour Timbuktu

Meilleur montage : Frédéric Baillehaiche pour Party Girl

Meilleurs décors : Katia Wyszkop pour Saint Laurent

Meilleurs costumes : Anaïs Romand pour Saint Laurent

Meilleur son : Jean-Luc Audy, Guillaume Bouchateau, Niels Barletta pour Les Combattants

Meilleur film étranger : Mommy de Xavier Dolan

Meilleur film documentaire : Caricaturistes – fantassins de la démocratie de Stéphanie Valloatto

Meilleur film d’animation :

long-métrage : Le Chant de la mer de Tomm Moore

court-métrage : La Bûche de Noël de Vincent Patar et Stéphanie Aubier

Meilleur court métrage (fiction, documentaire) : Les Jours d’avant de Karim Moussaoui

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