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Cannes 2018 : Climax


France, 2018
Titre original : –
Réalisateur :
Scénario : Gaspar Noé
Acteurs : et de nombreux danseurs !
Distribution : Wild Bunch
Durée : 1h35
Genre : Danse, LSD et Violence
Date de sortie : 19 septembre 2018

4/5

Présenté à la

Après le sulfureux Love il y a deux ans, ou encore le scandale Irréversible en 2002, il semble que Gaspar Noé ait encore voulu créer l’événement à Cannes. Aucune image n’a été dévoilée avant la première projection de Climax à la Quinzaine des Réalisateurs, avant laquelle son réalisateur, tout excité, prenait en photo la salle bondée. Tourné en quinze jours au début de l’année, avec un casting uniquement composé en danseurs (et de Sofia Boutella), on pourrait se dire que l’on est face à un film expérimental. Non pas qu’il cherche à briser des codes (on retrouve le style habituel du duo Gaspar Noé / Benoit Debie), mais dans le sens où il promet une expérience qui se veut inoubliable. Explications, garanties sans aucune substance illicite.

Synopsis : Naître et mourir sont des expériences extraordinaires. Vivre est un plaisir fugitif.

On achève bien les chevaux

Une longue scène de danse ouvre Climax, et il s’agit peut-être de sa partie la plus intéréssante.  Pas d’ultra-violence en vue : seulement des corps désarticulés qui n’en finissent plus de gesticuler sur le Supernature de Céronne, Noé donnant le même temps d’image à la quinzaine de protagonistes qui peuplent le film. Si on les avait vu se présenter au travers d’un écran cathodique, aucun mot ne pourra les rendre aussi vivants que leur(s) chorégraphie(s). Peu à peu cependant, les corps désarticulés qui seront mis en scène ressembleront de plus en plus à des corps mécaniques, à des zombies. Etonnament pour un long-métrage qui s’attache autant aux plans séquences, c’est par le montage que le cinéaste va nous présenter des personnes intrinséquement liés entre elles. Les binômes qui discutent entre deux danses semblent se répondre entre eux, aux fil de dialogues pas forcémment très subtils. Si Gaspar Noé afirme que tout a été improvisé, on a du mal à y croire vu que les danseurs exposent nombre d’obsessions du cinéastes, tels l’inceste ou l’avortement – malgré le côté festif du spectacle, on reste dans un film de Noé !

Peu à peu, la troupe sombre dans l’angoisse et la folie, pour notre plus grand plaisir. On se retrouve ainsi enfermés dans un local ressemblant plus à un asile qu’à une salle municipale, la maîtrise du couple Noé / Debie (son chef opérateur) nous étourdissant par ses habituels plans-séquences. Surtout, le sound-design incroyable participe à cette immersion, onirique au départ, cauchemardesque ensuite. Si le côté parfois trash et vulgaire propre à l’univers de Gaspar Noé peut rebuter, il serait bête de rater une telle expérience qui au final veut célébrer  la vie. Les quelques morts violentes en chemin, elles, font partie de ce grand jeu, semble nous expliquer le papa de ce Climax 

Conclusion

Le dernier long-métrage de Gaspar Noé, loin d’être parfait, déploie avec une énergie communicative et une sponatanéité impressionante. Bien etendu, si vous n’avez pas aimé les précédents films du cinéaste, vous n’aimerez pas non plus Climax. Mais il serait dommage de bouder son plaisir devant cette danse de laquelle on ressort exténués, mais heureux …

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Auteur

Nicolas Santal

Cet article a été rédigé par Nicolas Santal, rédacteur de Critique-film.fr