Critique : Boro in the Box + Living still Life

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France : 2011 (), 2013 ()
Titre original : –
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : Elina
Distribution : Malavida
Durée totale : 0h56 ( : 0h40, : 0h15)
Genre : Court-métrage, Expérimental
Date de sortie : 2 juillet 2014

Note : 3/5

Deux ovnis de format court signés par un réalisateur qui joue avec les formes du cinéma, avec un hommage poétique et décalé au réalisateur polonais Walerian Borowczyk accompagné d’un très bref exercice de style visuellement sidérant même s’il est plus abscons.

Synopsis : : De sa conception épique à sa mort cinématographique, le portrait fantasmé et fictif du cinéaste Walerian Borowczyk (dit Boro) et ses aventures sensitives et organiques, de la Pologne à Paris, au coeur d’un abécédaire fantasmagorique.

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                     : Fièvre est une femme énigmatique qui recueille les animaux morts. Elle leur donne vie à travers les films d’animation. Un jour, un homme vient la voir, sa femme est morte…

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Je m’appelle Walerian BOROwczyk, je suis un cinéaste mort et polonais

Le moyen-métrage s’ouvre sur ces mots :  » Je m’appelle Walerian Borowczyk, je suis un cinéaste mort et polonais. J’ai vécu toute ma vie enfermé dans une boîte trouée… « . C’est l’excellente comédienne Elina Lowensöhn qui est le narrateur et interprète également le rôle de la mère de Boro. Le choix singulier de Mandico est donc de montrer le cinéaste piégé dans une boîte, comme pour souligner la solitude du cinéaste dans le monde du 7ème Art, ou plus simplement pour ne pas le limiter à l’interprétation de plusieurs comédiens qui évacueraient la dimension onirique.

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Mandico se refuse d’aller vers la captation biographique et évoque bien trop peu les films tournés, sinon pour regretter que l’aspect érotique et vulgaire aient privilégié le regard critique et pour dénoncer le rejet unanime de la presse. Peut-être eut-il été préférable alors de s’intéresser aux qualités autres de son travail ? Certes, la démarche n’est pas vraiment de faire comprendre l’oeuvre de Borowczyk, s’inscrivant plutôt dans le registre de l’allégorie poétique.

La construction ici se fait sous forme d’abécédaire de mots clefs, comme Bestialité, Courtiser, Enfermement, Fumer, Gourgandines, Jouir, Kafka, Laterna Magica, Mort, Nue, Pornographie, Querelle, Souvenir ou le propre nom du réalisateur. Ce choix parfois artificiel fonctionne plutôt bien malgré le décalage entre le mot et le moment où il est cité. Les anecdotes sont vraies pour certaines (la relation conflictuelle avec Jan Lenicka, co-signataire de ses premiers films), d’interprétation libre pour d’autres. La démarche est plus littéraire que documentaire, ce qui est un choix artistique loin d’être inintéressant, même s’il est toujours un peu frustrant d’aller vers l’abstraction lorsque l’on fait le portrait d’un artiste méconnu.

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Un rendez-vous manqué avec BORO

Avec , étrange essai filmique, rend un hommage dévoué au réalisateur d’origine polonaise Walerian Borowczyk décédé en 2006. L’affection de ce jeune auteur pour son aîné repose sur un élément qui n’est pas anodin : en plus de leur envie de réaliser, ils sont tous deux plasticiens et s’intéressent à la création autrement que sur un support de pellicule. Il a failli le rencontrer mais gêné, il s’est défaussé. Ces 40 minutes sont donc une tentative de rattraper ce rendez-vous manqué.

Si le projet est intriguant, il peine ainsi à convaincre totalement. Il a le mérite d’être très beau à regarder et bénéficie d’une belle bande-son signée de Erwan Eyck et Ghedalia Tazartes. L’alliance images / effets sonores / musique est irréprochable avec un superbe noir et blanc de Pascale Granel.

Malgré les quelques reproches qu’on peut légitimement lui faire, son intérêt pour un créateur oublié est un acte vraiment généreux. Cela donne ce drôle d’objet un peu bancal, dont le plus grand mérite est de mettre le doigt sur une réalité terrible, qu’illustre cette phrase sur le parcours de Walerian Borowczyk :  » Son cinéma attrape une maladie : plus personne ne veut les voir.  » Quand un auteur ne rencontre pas, ou plus son public, est-il encore en mesure de créer ? Observation cruelle mais hélas vraie pour de nombreux autres artistes.

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– la résurrection des natures mortes

En complément de programme, qui s’ouvre sur une citation de Walt Disney, sur ‘l’animation comme illustration de la vie’. Dans une atmosphère post-apocalyptique, une femme interprétée par Elina Lowensöhn redonne vie à des animaux morts en les photographiant puis en les animant ensuite ‘image par image’, décomposant-recomposant leurs mouvements à la manière d’Eadweard Muybridge. Ce film de 14 minutes est découpé en quatre chapitres (le lièvre mort, le chien fleuri, le cheval noyé, l’homme en deuil) visuellement créatifs et différents à chaque fois. Contrairement à , ce deuxième film du double programme est en couleur et le réalisateur joue avec les variations de palette d’une partie à l’autre pour de très beaux effets, comme des tableaux qui vont ensuite s’animer. L’oeuvre conservera une part de mystère jusqu’au bout mais cet hommage à un précurseur du cinéma est une expérience intrigante à défaut d’être aisément aimable.

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Résumé

Deux courts-métrages difficiles d’accès certes mais qui permettent de découvrir un réalisateur porteur d’un univers très personnel, accompagné par une comédienne trop rare, Elina , révélée par Hal Hartley (Simple Men, Amateur) et qui s’engage ici dans le cinéma singulier de .

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