Blackbird

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affiche blackbird

Canada : 2013
Titre original : Blackbird
Réalisateur :
Scénario : Jason Buxton
Acteurs : , ,
Distribution : ZED
Durée : 1h43
Genre : drame
Date de sortie : 12 juin 2013

Globale : [rating:3.5/5][five-star-rating]

Pour son premier long métrage, Jason Buxton (qui a fait ses classes aux côtés de réalisateurs comme James Cameron) décide de parler d’injustice, d’aliénation, mais aussi d’adolescence et d’Internet, comme une certaine Sofia Coppola et son Bling Ring. Pourtant, voilà deux traitements bien différents…

Synopsis : Sean, adolescent tourmenté, est rejeté par les élèves du collège de sa petite ville canadienne. Isolé et mal dans sa peau, il se sert d’Internet comme exutoire et imagine des scénarios de vengeance virtuels. Alertée, la police fait irruption dans la maison où elle trouve les armes de chasse de son père. Accusé de planifier un crime, Sean va devoir faire face à l’hostilité de la communauté et affronter une machine judiciaire obsédée par le principe de précaution.

blackbird chasse

La simplicité pour maître mot

Coïncidence du calendrier, Blackbird et The Bling Ring sortent dans les salles françaises le même jour. Voilà sur le papier deux histoires similaires qui parlent des adolescents d’aujourd’hui, leur recherche de popularité et leur utilisation d’Internet. Pourtant, la comparaison s’arrête ici puis que là où Coppola fille applique son titre à la lettre dans un film clinquant, Blackbird se détache par sa simplicité. Dans sa mise en scène, dans son jeu, dans son thème, tout est amené tranquillement, doucement, dans un univers sombre mais jamais plombant et qui n’a pas besoin de long discours pour être entièrement assimilé.

Connor Jessup (Falling Skies) incarne parfaitement l’adolescent en marge de la société, forcément un peu victime de sa non-popularité à l’école, et qui par conséquent décide de détester la terre entière et d’appuyer sa différence que ce soit dans son comportement, son style vestimentaire ou ses choix musicaux. De ce fait, il se met bien entendu encore plus à part de la communauté mais il vaut mieux cela que subir le martyr du quotidien. Il est alors facile de s’identifier à lui, à son calvaire et sa solitude et à l’amour qu’un ado peut ressentir pour la première fois, même si c’est un amour envers une fille aussi superficielle (mais belle) que celle jouée par Alexia Fast (Jack Reacher).

Blackbird prison

Un film engagé

Mais Blackbird n’est pas qu’un film d’adolescent mal dans sa peau. Ce qui lui aura valu une récompense au festival de Toronto, c’est sûrement sa maîtrise du scénario qui nous fait peu à peu plonger dans un enfer incroyable avec le personnage principal, prit dans les filets d’une injustice monstrueuse. En effet, le réalisateur mêle l’utilisation d’internet faite par les jeunes d’aujourd’hui (cette manie de tout filmer sur youtube, poster les vidéos pour se mettre en avant sur les réseaux sociaux…) avec la loi archaïque du pays qui ne protège plus ses mineurs des dangers qu’ils se constituent eux-mêmes en ligne et qui abuse du fameux principe de précaution aux détriments de la victime.

Résultat, le personnage de Sean se retrouve envoyé en prison, pour un crime qu’il n’a pas commit, mais pour une menace pour la société qu’il pourrait représenter dû à une vidéo qu’il a posté et qui a été mal interprétée. Impossible de s’en tirer, tout ce qu’il fait ne l’accable qu’un peu plus, sans parler de l’enfer de la prison et  de son aliénation extrême. Prenant.

Mais là où le film est encore plus intéressant, c’est qu’il aborde également la critique de la société canadienne en l’occurrence, et la menace que constitue ce besoin de faire partie d’une communauté. Le film « La Chasse » abordait ce même sujet l’an dernier, et c’est désormais au tour de Blackbird de montrer la lâcheté de l’être humain,  l’abandon des « amis », et la trahison en tout genre. Véritable critique politique et sociale, Blackbird est un film dense et prenant devant le quel on a envie de hurler et de bondir au secours du personnage principal.

Seule ombre au tableau, la fin officielle du film est en trop. Parfaitement identique à ce qui s’est déjà passé durant tout le début du long métrage, elle n’apporte rien à l’histoire. Pire, elle peut lasser et forcer à regarder sa montre en quittant la salle sur une fausse note. Mais heureusement, le reste du film et la force du propos restent bien présents et l’on sort du film certes un peu perturbés mais en se disant que Jason Buxton fait bien de s’attaquer à des longs métrages désormais.

blackbird procès

 

Résumé

Blackbird est ce genre de film dont la simplicité de la mise en scène sert l’émotion. On s’immerge complètement dans cette histoire d’injustice et d’adolescence, on s’identifie puis on se sent mal et révolté. Dommage qu’une fin à rallonge répétitive vienne plomber un ensemble pourtant  plus que réussi.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=bGKjcOWGYV8[/youtube]

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