Zoom de la semaine : Le pouvoir des clichés

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Zoom de la semaine 7 : le pouvoir des clichés

Zoom de la semaine 7 : le pouvoir des clichés

Ils sont nombreux, ils sont partout, ils sont parfois un peu lourds, les clichés  envahissent les écrans. Fiers, la tête haute, pimpants, les clichés ont du succès, font la une des magazines et défilent sur les tapis rouge. Mais pourquoi plaisent- ils tant ?

Les clichés sont attirants pour les cinéastes, c’est un peu l’option « facilité », mais qui, avouons le, est très tentante. Comment résister au stéréotype de la blonde écervelée, de l’artiste ténébreux, du psy rigide ou encore du belge un peu bête ? Ce n’est hélas là qu’un échantillon de l’océan de clichés que l’on retrouve tous les jours au cinéma.

En prenants deux exemples de films prochainement à l’affiche, on voit déjà que les clichés pointent le bout de leur nez. American pie 4 et Il était une fois, une fois sont en effet, dès la bande annonce, une propagande pour les stéréotypes en tout genre. Un cliché est une valeur sure, quelque chose qui rassure. Le fait de mettre les gens dans des cases existe depuis toujours et le cinéma s’en sert pour rassembler les gens autour.

Devant un cliché, les gens rient, pleurent, et tremblent ensemble car les émotions attendues sont plus prévisibles comparées à des émotions plus complexes qui dépendent plus de chacun. Comparer à la vraie vie où tout change tout le temps, les clichés sont rassurants car ils sont stables, prévisibles,  ils ont un peu une fonction anti stress pour les spectateurs. Les réalisateurs ne font que répondre à une demande de la part du public.

Le changement, surtout aujourd’hui, fait peur, les gens ne veulent pas que les choses changent, il y a une vrai inquiétude pour l’avenir et se raccrocher aux clichés, c’est en quelque sorte se raccrocher à l’espoir que tout va bien se passer et qu’il n’y aura pas de mauvaises surprises. Même en tant de crise, les salles restent toujours pleines, les gens aiment ce genre de cinéma pour sa capacité à unir, à consoler et à rassurer.

Ce pouvoir d’unir autour de mêmes émotions est intéressant mais ne fait qu’effleurer la palette d’émotions dont les spectateurs disposent. Chaque personne est unique et a donc son propre vécu, sa façon a lui d’être ému et les stéréotypes ne vont pas forcement aller dans la subtilité de l’émotion. Il peut paraître difficile de se reconnaitre dans un film comme Black Swan mais la complexité du personnage peut révéler des émotions beaucoup plus intenses et intéressantes que celles suscités par professeur draguant une élève ou une coiffeuse faisant du commérage.

Au delà du fait de passer un bon moment, le cinéma à aussi pour mission d’emmener le spectateur là où il ne s’y attend pas, de lui permettre de s’évader et un film rempli de stéréotypes, où tout est prévisible ne l’emmènera pas très loin. Ces films peuvent ressembler à la vrai vie mais à y regarder de plus près, il se rapprochent plus de la science fiction ou du fantastique car un cliché, au fond, c’est un peu comme un grigri, on veut y croire et se dire que les gens et les choses peuvent rester les mêmes mais la réalité est tout autre.

Le zoom de la semaine : le pouvoir des clichés

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