Tyrannosaur

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Tyrannosaur, photo du film

Tyrannosaur, l'affiche du film

Grande-Bretagne : 2011
Titre original : Tyrannosaur
Réalisateur :
Scénario : Paddy Considine
Acteurs : , ,
Distribution : DistriB Films
Durée : 1h31
Genre : Drame
Date de sortie : 25 avril 2012

Globale : [rating:4][five-star-rating]

Porté par la composition renversante de Peter Mullan, ce premier film de Pady Considine inspiré de son propre court métrage multi récompensé s’avère une belle réussite en dépit de scènes d’une violence parfois un peu facile et gratuite. Le scénario d’une totale justesse et l’attention portée aux personnages remportent l’adhésion sans conteste.

Synopsis : Dans un quartier populaire de Glasgow, Joseph est en proie à de violents tourments à la suite de la disparition de son épouse. Un jour, il rencontre Hannah. Très croyante, elle tente de réconforter cet être sauvage et violent. Mais sous son apparente sérénité, elle cache un lourd fardeau.

Tyrannosaur, photo du film

Peter Mullan au sommet

Entre drame psychologique et thriller, ce premier film réalisé par Pady Considine, comédien vu chez Paul Greengrass notamment et auteur d’un court métrage ovationné dans de nombreux festivals, révèle un talent plus que prometteur. Avec un souci du détail, il scrute chacun de ses personnages, relayant son analyse psychologique par une mise en scène extrêmement soignée et un montage qui va mettre un crescendo de violence au premier plan pour mieux montrer les travers d’une société qui n’hésite pas à laisser pour compte ses sujets les plus fragiles.

Cette violence va se manifester principalement chez les hommes, procédé peut-être un peu schématique autant que les actes de barbarie perpétrés à deux reprises sur la gent canine. La scène d’ouverture est d’ailleurs en ce sens insoutenable et mérite d’être citée ici avec la mention « susceptible de choquer » et pas seulement les jeunes spectateurs. Heureusement, la suite du film explique, sans le justifier bien sûr, ce débordement de haine gratuite.

Tyrannosaur, photo du film

Le décor comme un personnage

Nous sommes en effet face à un personnage détruit de l’intérieur, fracassé par l’existence et qui n’a que la rébellion pour exutoire à sa déréliction psychique. Une rébellion qu’il extériorise en vociférant, en tuant plus faible que lui mais qui peut s’émouvoir au point de s’effondrer en écoutant une prière. Et lorsque sur sa route passe cette jeune femme, il n’a d’autre issue que de la malmener, jusqu’au jour où une forme d’apaisement prendra le pas sur la violence.

C’est dans un quartier sordide de la capitale écossaise que le cinéaste a planté son décor qui joue ici un personnage à part entière et confère à l’ensemble son âpreté. Pâleur des cieux, absence de soleil, bâtiments qui ne sont qu’un appel au suicide vont confiner les personnages dans une sorte de prison en plein air dont rares seront les moyens d’évasion. Rares mais pas inexistants, le cinéaste n’hésitant pas non plus à désamorcer le drame par des éclaircies de légèreté, en particulier au cours d’une très belle séquence qui fait suite à un enterrement.

Si la mort rode en permanence, c’est tout de même la lueur de la vie et de l’espoir qui va finir par triompher. Avec la chaleur des êtres prêts à s’épauler pour faire face à l’adversité. Cette complexité est ici magnifiquement incarnée par des comédiens particulièrement bons et menés par le génial Peter Mullan, récompensé à Cannes grâce à « My Name is Joe » de Ken Loach. Portant sur son visage buriné toutes les formes de ce tourment quasi autiste, le comédien, également récompensé pour ce rôle dans divers festivals, livre une composition simplement exceptionnelle.

Résumé

En dépit de scènes de violence un peu gratuites, ce « Tyranausaur » s’avère une vraie réussite grâce à un scénario qui fouille avec acuité chacun de ses personnages, dont celui qu’interprète avec génie l’immense Peter Mullan.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=ONMkFzra7H0[/youtube]

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