Test DVD : La prochaine fois je viserai le cœur

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La prochaine fois je viserai le cœur

France : 2013
Réalisation : Cédric Anger
Scénario : Cédric Anger d’après « Un assassin au-dessus de tout soupçon » d’Yvan Stefanovitch
Acteurs : Guillaume Canet, Ana Girardot, Jean-Yves Berteloot
Éditeur : TF1 Vidéo
Durée : 1h47
Genre : Thriller, drame
Date de sortie en salles : 12 novembre 2014
Date de sortie DVD/BR : 18 mars 2015

Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes. Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoires au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent….

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Le film

[3,5/5]

A 40 ans, Cédric Anger a déjà eu plusieurs vies : journaliste aux « Cahiers du cinéma », scénariste, dialoguiste et, depuis 2002, réalisateur. La prochaine fois je viserai le cœur est son 3ème long métrage en tant que réalisateur. Le scénario qu’il a écrit à partir du livre d’Yvan Stefanovitch  « Un assassin au-dessus de tout soupçon » est très largement inspiré par un fait divers qui s’est déroulé dans l’Oise à la fin des années 70 : l’affaire dite du « Tueur de l’Oise », cette histoire d’un jeune gendarme, Alain Lamare, très bien noté par sa hiérarchie et qui, pendant un an, s’est attaqué à des jeunes filles, commençant par en renverser certaines au volant de sa voiture puis se mettant à tirer en plein trajet sur des auto-stoppeuses avant des les abandonner sur le bord de la route, mortes ou seulement blessées.

Cette histoire, Cédric Anger a choisi de la raconter en se focalisant sur Lamare, devenu Franck pour les besoins du film. Ce choix n’allait pas sans risque : que faire d’un personnage aussi lisse ? Lisse dans son métier, gendarme modèle qui enquête sur ses propres crimes, lisse dans son milieu familial, lisse jusque dans sa folie, jusque dans ses crimes commis avec beaucoup de froideur. Seules quelques scènes le voient sortir de cette banalité : celles où on le voit se flageller ou serrer du fil barbelé autour d’un bras ; celle où, alors qu’il raccompagne chez elle Sophie, sa femme de ménage, avec qui il vient de passer sa nuit, il laisse échapper verbalement toute sa haine des femmes. En fait, Cédric Anger ne cherche jamais à faire un portrait psychologique de Franck. La justice et les psychiatre s’étant montrés incapables de donner une explication aux actes de Lamare, finalement reconnu irresponsable, qui était-il, lui, cinéaste, pour le faire à leur place ? C’est le comportement de Franck qui intéresse Cédric Anger. Comme Franck est un être souvent solitaire et plutôt taiseux, le film regorge de scènes sans dialogue qui, à force, pourraient lasser sans la présence magnétique de Guillaume Canet qui interprète le rôle de Franck. Impeccable dans toutes les nuances exigées par le rôle, Guillaume Canet prouve une fois de plus qu’il est un très grand comédien. Auprès de lui, Ana Girardot interprète avec beaucoup de justesse le rôle de Sophie, la jeune femme de ménage amoureuse de son client. Un rôle qui n’a pas vraiment existé dans la véritable histoire du « Tueur de l’Oise ».

Les paysages hivernaux du Pas-de-Calais, choisis comme décors pour le tournage, contribuent par leur platitude et leur froideur au sentiment d’oppression que ressent le spectateur tout au long du film. Comme dans les films précédents de Cédric Anger, la musique joue un rôle important dans La prochaine fois je viserai le cœur. Pour la musique originale, il a choisi de faire de nouveau appel à Grégoire Hetzel en lui demandant, pour chaque scène, de traduire en musique les sentiments du personnage. Quant aux autres musiques présentes, on trouve Le Velvet Underground, Johnny Thunders, Christophe et Benjamin Britten. Au final, La prochaine fois je viserai le cœur est un thriller atypique et on ne sort pas complètement indemne d’avoir ainsi fréquenté pendant plus de 100 minutes un tel psychopathe.

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Le DVD

[4.5/5]

Edité par TF1, ce DVD est au format DVD-9 ce qui permet de faire passer, avec une bonne qualité d’image, 45 minutes de suppléments en plus des 107 minutes que dure le film. L’interview de Cédric Anger menée par Pierre Murat est particulièrement intéressante. Au cours de cette interview de 30 minutes, le réalisateur explique les choix qu’il a faits tout au long de l’élaboration de son film. Le making of du film, d’une durée de 15 minutes, fournit d’autres éléments intéressants en faisant intervenir d’autres protagonistes, producteurs et comédiens. Tourné dans le Pas-de-Calais en plein hiver, La prochaine fois je viserai le cœur était un challenge délicat pour le Directeur de la photographie Thomas Hardmeier. Son beau travail est bien rendu sur le DVD, que ce soit dans des scènes avec des paysages sous la brume, dans les scènes nocturnes ou dans les scènes d’intérieur. Le son, disponible en Dolby 2.0 et en Dolby 5.1, donne parfois des dialogues difficiles à suivre mais le transfert sur DVD n’y est pour rien : tous les ingénieurs du son de l’hexagone vous diront qu’ils rencontrent souvent des problèmes de diction avec de nombreux comédiens français ! A noter que le film peut être vu en audio-description et, également, avec des sous-titres destinés aux sourds et aux malentendants.

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1 COMMENTAIRE

  1. Fatigant, repetitive et forcé. Canet est tellement ennuyant comme d’habitude, pas de tout convaincant. Je veux l’argent de mon ticket après perdre 2 heures au cinéma. DVD? Jamais!

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