Test DVD : La jeune fille et la brume

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La jeune fille et la brume

 
Espagne : 2017
Titre original : La niebla y la doncella
Réalisation : Andrés M. Koppel
Scénario : Andrés M. Koppel, Lorenzo Silva
Acteurs : Quim Gutiérrez, Verónica Echegui, Aura Garrido
Éditeur : Koba Films / L’Atelier d’images
Durée : 1h40
Genre : Policier, Thriller
Date de sortie DVD/BR : 21 mars 2018

 

 

Le sergent Bevilacqua et sa coéquipière Chamorro sont envoyés sur l’île des Canaries, la Gomera. L’affaire d’un homicide impliquant un politicien est réouverte deux ans après les faits. Avec la collaboration peu enthousiaste des autorités locales, les enquêteurs se lancent à la recherche d’un assassin qui semble s’être évaporé dans la brume de la forêt où est apparu le cadavre…

 

 

Le film

[4/5]

Tendu, intense et volontiers glauque, La jeune fille et la brume fait partie de ces polars dont l’influence majeure est ouvertement « littéraire » : le film d’Andrés M. Koppel prend en effet le temps d’installer une série de personnages à la psychologie fouillée se débattant autant -si ce n’est plus- avec leurs propres démons qu’avec les arcanes d’un crime sordide resté impuni depuis de nombreuses années, et dont les tenants et les aboutissants impliquent des protagonistes affichant des personnalités aux multiples (et sombres) facettes.

D’une façon assez surprenante, La jeune fille et la brume n’est pas, malgré les apparences, adapté d’un polar « nordique » du genre de ceux popularisés ces dernières années par Henning Mankell, Stieg Larsson, Jo Nesbø, Arnaldur Indridason ou encore Jussi Adler-Olsen : il s’avère en réalité de l’adaptation d’un roman signé Lorenzo Silva, troisième volume de sa série consacrée au personnage de Rubén Bevilacqua, dont la publication a malheureusement été interrompue dans l’hexagone après trois volumes sortis entre 2000 et 2005 chez Lattès. Au froid des pays d’Europe du Nord se substitue donc ici la chaleur étouffante des Canaries – pour autant, le film développe le même réalisme cru, la même lenteur savamment calculée et surtout une ambiance sombre et morbide propre à littéralement clouer le spectateur à son fauteuil.

Immersif, malsain, porté par une ambiance délétère et une direction artistique aux petits oignons (la photo du film signée Álvaro Gutiérrez est littéralement sublime), La jeune fille et la brume s’impose sans peine comme un excellent polar, à l’ambiance noire à couper au couteau, et porté par une interprétation sans faille et une réalisation aussi sobre qu’élégante. Un coup de maître pour Andrés M. Koppel, qui s’impose, quinze ans après avoir signé le brillant scénario d’Intacto (dont on se souvient encore aujourd’hui !), comme une des valeurs les plus sures et les plus tristement méconnues du cinéma espagnol contemporain.

Bizarrement, une autre des particularités de La jeune fille et la brume est de ne pas avoir été distribué dans les salles françaises, et de débarquer chez nous directement en Blu-ray et DVD, à la façon de quelques-uns de ses prestigieux confrères nordiques, tels que l’indispensable trilogie des Enquêtes du département V. Les temps sont durs pour les thrillers dans les salles françaises donc – néanmoins, il serait vraiment dommage de louper cette petite perle du polar sous prétexte qu’aucun distributeur n’a eu les « cojones » de le sortir dans nos salles !

 

 

Le DVD

[4/5]

Proposé en Blu-ray et DVD par Koba Films en collaboration avec L’Atelier d’Images (ou inversement, loin de nous l’idée de faire un quelconque favoritisme !), La jeune fille et la brume s’offre, pour la version DVD que nous avons eu entre les mains, une galette à la technique impeccable, sobre et efficace, allant à l’essentiel, en composant de façon adroite avec les limites d’un encodage en définition standard. L’image est propre, le piqué assez précis et les couleurs naturelles – malgré les nombreuses scènes plongées dans l’impressionnante brume de l’île des Canaries, le rendu est optimal, absolument parfait – cela fait du bien de se rendre compte que malgré la domination technique du format Blu-ray, certains éditeurs ne se contentent pas de livrer des disques en définition standard traités « par-dessus la jambe ». Côté son, l’éditeur nous propose de découvrir le film dans deux mixages Dolby Digital 5.1 100% immersifs et parfois bien punchy ; on notera cela dit que la version française n’est malheureusement pas des plus réussies dans son genre, les acteurs manquant un poil de conviction ; la VO espagnole est non seulement (un peu) plus dynamique dans le mixage de ses effets, mais également et surtout plus convaincante d’un strict point de vue artistique.

Du côté des suppléments, on trouvera qu’un court mais très complet making of du film, donnant la parole à plusieurs membres de l’équipe ainsi que du romancier Lorenzo Silva, qui souligne la chance qu’il a eu de tomber sur le scénariste / réalisateur Andrés M. Koppel, qui a également la caractéristique d’être un « lecteur », respectueux de sa vision d’artiste. On terminera avec une poignée de bandes-annonces de films du même genre disponibles chez l’éditeur Koba Films.

 

 

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