Test Blu-ray : The turning

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Royaume-Uni, Irlande, Canada, États-Unis : 2020
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : ,
Acteurs : , ,
Éditeur : Universal Pictures
Durée : 1h34
Genre : Fantastique
Date de sortie DVD/BR : 1 juillet 2020

Une jeune femme, engagée comme nounou de deux orphelins, est convaincue que le manoir dans lequel ils vivent est hanté…

Le film

[3/5]

C’est précédé d’une bien peu flatteuse réputation que The turning vient de débarquer en Blu-ray chez Universal Pictures France. En effet, le film de Floria Sigismondi arrive chez nous après avoir fait un sacré bad buzz de l’autre côté de l’Atlantique : le film affiche en effet à ce jour un taux de satisfaction de 11% côté critiques et 15% côté spectateurs (2200 votants) sur l’agrégateur Rotten Tomatoes, et une note de 3,8/10 sur IMDb (7600 votants).

Ce ressenti absolument catastrophique de la part du public s’explique essentiellement par deux problèmes majeurs, qui finalement sont assez étrangers au fait que les frères Chad et Carey W. Hayes, scénaristes du film, n’aient absolument rien compris à la nouvelle « Le tour d’écrou » d’, dont The turning est une énième adaptation. Cela n’a rien à voir non plus avec la profusion de jump-scares et le design absolument ignoble choisi par l’équipe artistique du film afin de représenter le personnage de Peter Quint. Après l’épluchage en règle de plusieurs centaines de critiques, on peut affirmer que les deux éléments les plus problématiques de The turning pour le public sont :

  • La volonté de Floria Sigismondi de proposer une relecture post #MeToo de l’œuvre d’Henry James. C’est particulièrement maladroit dans le sens où le seul personnage masculin du récit, Peter Quint, dont les obsessions sadiques déteignent sur Miles, le jeune garçon de la maison, en devient de ce fait considéré comme un simple « violeur », et non plus comme un « amant ». Il s’agit d’une interprétation sans nuance et particulièrement bien-pensante du personnage, qui occulte toute notion de fascination et/ou de consentement de la part de Miss Jessel. La défiance des spectateurs américains vis à vis de tout récit trop ouvertement tourné vers un féminisme hardcore se retrouve donc à nouveau ici, quelques semaines après la sortie du remake de Black christmas (lire notre article)

  • La fin du film, qui revient, à longueur de critiques, dans les récriminations du public. Donnant clairement le sentiment d’avoir été modifié au dernier moment (ce qui est d’autant plus clair que des images issues de la fin « alternative » étaient visibles dans la bande-annonce du film), ce dénouement tombe réellement comme un cheveu sur la soupe et s’avère particulièrement frustrant – voire même incompréhensible, comme s’il manquait une bobine en fin de métrage. De fait, cette fin abrupte laisse The turning s’achever sur une mauvaise impression, celle d’un gâchis éhonté. C’est humain : le fait que le film de Floria Sigismondi s’achève sur un sentiment si négatif fait que la note s’en ressent par conséquent forcément, comme si toutes les qualités qui précédaient en avaient été annihilées.

Pourtant, et si l’on parvient à faire abstraction du fait que The turning est l’adaptation d’un récit très connu, le film n’en est pas pour autant dénué de qualités, notamment du côté de sa photographie, vraiment somptueuse. Le travail de David Ungaro (99 francs) sur les éclairages et les compositions de plans est en effet absolument superbe, chaque décor et chaque jeu de lumières touchant au grand Art. Les acteurs sont également convaincants, Mackenzie Davis et Finn Wolfhard en tête – ils contribuent clairement à rehausser l’intérêt de The turning, qui s’avérera une expérience certes déstabilisante et très imparfaite, mais intrigante et plutôt bien rythmée si toutefois vous faites abstraction du « Tour d’écrou » et de sa fin incompréhensible.

Le Blu-ray

[4/5]

Le Blu-ray de The turning édité par Universal Pictures France est à la hauteur de la magnifique photo signée David Ungaro et des plans sublimes qui émaillent régulièrement le film. Le piqué s’avère en effet d’une belle précision, les couleurs sont éclatantes et font des merveilles sur les scènes les plus lumineuses. Les scènes nocturnes ne sont pas en reste, les noirs s’avèrent bien gérés, bien denses. Ajoutons à cela un encodage sans accroc et en 1080p et les HDphiles les plus pointilleux pourront découvrir sans risque de déception technique cette curiosité horrifique franchement bizarre. Côté son, c’est également très intense et dynamique avec deux pistes (VF/VO) encodées en DTS-HD Master Audio 7.1, à la spatialisation très bien conçue et immersive.

Côté bonus, Universal Pictures nous propose de nous plonger dans une fin alternative (4 minutes) ainsi que dans une poignée de scènes coupées (5 minutes). La scène de fin n’est pas finalisée au niveau des effets spéciaux et nous donne à voir un Peter Quint non déformé par des effets spéciaux ridicules – comme on l’avait supposé, le rendu est finalement plus efficace sans ces effets visuels trop encombrants. On terminera enfin avec une featurette revenant sur le tournage du film (11 minutes) et donnant notamment la parole à Floria Sigismondi, qui reviendra sur ses motivations et justifiera la fin du film comme un hommage à la nouvelle d’Henry James, puisque l’on peut y remettre en doute les propos du narrateur concernant le dénouement.

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