Test Blu-ray : The boy II – La malédiction de Brahms

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The boy II – La malédiction de Brahms

États-Unis, Chine, Canada, Australie : 2020
Titre original :
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur : Metropolitan Vidéo
Durée : 1h27
Genre : Horreur
Date de sortie cinéma : 26 février 2020
Date de sortie DVD/BR : 26 juin 2020

Recherchant un environnement calme pour leur fils et ignorant tout de son funeste passé, un couple s’installe dans le Manoir Heelshire. Bientôt le jeune garçon se lie d’une troublante amitié avec une poupée étrangement réaliste qu’il appelle Brahms…

Le film

[3/5]

Annoncé à deux reprises, tout d’abord en juillet, puis en décembre 2019, The boy II – La malédiction de Brahms ne sortirait finalement sur les écrans du monde entier que fin février 2020. Le 21 aux États-Unis, le 26 en France… Soit environ dix jours avant la période du « Grand Confinement » lié à la crise sanitaire du Covid-19, du moins dans l’hexagone. Le nouveau film de William Brent Bell a donc subi de plein fouet la crise, stoppant sa course dans les salles hexagonales à 150.000 entrées, alors même que le premier film était parvenu à réunir, en fin de course, presque 410.000 curieux dans les salles obscures. Heureusement, la frilosité des autorités américaines vis à vis des mesures de confinement aura permis à The boy II – La malédiction de Brahms de réaliser des recettes avoisinant les 19 millions de dollars. Une culbute relativement confortable si l’on considère que le budget du film n’était que de dix millions.

Pour les cancres du fond qui n’auraient pas suivi, The boy II – La malédiction de Brahms est donc la suite direct du sympathique The boy, sorti sur les écrans en 2016. Succès surprise, il récolterait 55 millions de dollars de recettes à travers le monde, ce qui, dans l’esprit des exécutifs Hollywoodiens, est automatiquement synonyme de « suite ». Pourtant, à l’époque, nous évoquions un scénario habile au final relativement fermé, qui rendrait la mise en chantier d’une suite « non pas impossible, mais du moins très difficile à mettre en œuvre pour qui osera s’y risquer. » Ce sont finalement les deux auteurs du premier épisode, William Brent Bell (réalisateur) et Stacey Menear (scénariste), qui s’y colleront, et force est de constater qu’ils ont plutôt habilement réussi leur coup.

On avait souligné les difficultés qu’auraient les scénaristes du deuxième opus à trouver une intrigue rattachant ses wagons à l’original, mais impossible n’est pas un terme ayant cours à Hollywood. Malin, le scénariste Stacey Menear a donc fait le choix d’opérer une « refonte » totale de son histoire. On s’explique. Attention, on ne pourra éviter ici quelques légers [Spoilers] : mieux vaut a minima avoir vu le premier opus pour continuer à lire. L’originalité du premier opus était de proposer une idée de base tournant autour d’une poupée, Brahms. Menear basait une grande partie de son récit sur le fait que le spectateur allait inévitablement penser qu’à l’image de Chucky ou Annabelle, cette dernière était dotée d’une volonté propre, doublée d’un foutu sale caractère. La dernière bobine, adepte du twist fatal de la mort qui tue, nous révélerait qu’en fait, non. Ce n’était pas la poupée qui était vivante, il y avait une explication à l’enchaînement de phénomènes surnaturels mis en scène par le film. Tout en déroulant une nouvelle histoire suivant une famille en proie aux affres d’un traumatisme récent, le deuxième épisode fera donc le choix de revisiter assez largement l’intrigue du premier épisode, et d’ajouter un background solide au lieu unique où se déroulait le premier film. The boy II – La malédiction de Brahms nous révèle donc finalement que, attention parce que là [big Spoiler]  – figurez-vous qu’en fait, si : la poupée Brahms est bel et bien vivante. Et elle a vraiment particulièrement sale caractère.

Il y a donc de fortes chances pour que certains spectateurs poussent des hauts cris à la découverte du pot aux roses, hurlant à la foutaise et gueulant sur tous les toits que ce revirement annihile les efforts et toute l’originalité du propos de William Brent Bell et Stacey Menear. Ce n’est pas tout à fait vrai, dans le sens où la façon dont le scénariste parvient finalement à modifier les données établies par le premier opus est assez remarquable, les choses apparaissant petite touche par petite touche, l’efficacité de la réalisation signée William Brent Bell faisant le reste. Mais on admettra également que ce n’est pas tout à fait faux non plus : en faisant re-basculer son intrigue dans le paranormal, les auteurs de The boy II – La malédiction de Brahms le replacent de plein pied dans le fantastique à base de poupée maléfique, genre déjà un peu encombré et manquant d’originalité.

Cela dit, par ce choix délibéré, William Brent Bell et Stacey Menear placent également la franchise The boy du côté de toutes les autres sagas horrifiques bien installées. Il n’y aura donc dorénavant plus tellement à se casser la tête pour les prochains films, et simplement à laisser dérouler, tranquilou, tous les deux-trois ans, en trouvant juste un moyen de ramener la poupée à la vie en début de métrage. Jusqu’à épuisement… Mais la redondance est une des lois élémentaires du cinéma horrifique depuis les années 80. Ainsi, on peut supposer que William Brent Bell et Stacey Menear parviendront à garder la foi dans leur concept encore durant quelques films, en nous proposant par exemple un « prequel » pour le troisième épisode, qui reviendrait sur la conception de Brahms, une nuit de pleine lune dans un cimetière indien, et sa contamination par le mal par un enfant dégénéré enculeur de poules. Dans l’absolu, ça ne nous gêne pas. Et étant donné que The boy II – La malédiction de Brahms demeure un bon petit film d’horreur du samedi soir, très correctement réalisé et rythmé, il n’y a aucune raison de ne pas se laisser tenter par le prochain !

Le Blu-ray

[4/5]

Le Blu-ray de The boy II – La malédiction de Brahms édité par Metropolitan Vidéo rend un joli hommage au petit film de William Brent Bell, tout autant qu’à la jolie photo du film, signée Karl Walter Lindenlaub. La définition est au taquet, le piqué précis, les couleurs explosives et les noirs admirablement denses et profonds. Le film est naturellement proposé au format et en 1080p, bref c’est du tout bon, on peut applaudir des deux mains l’éditeur. Côté son, le film nous est proposé dans des mixages DTS-HD Master Audio 7.1 à la fois en VF et en VO, et se révèle particulièrement dynamique – la scène arrière est omniprésente et permet vraiment une immersion parfaite – surtout bien sûr lorsque interviennent les inévitables jump-scares qui vous feront assurément sauteur jusqu’au plafond par leur puissance.

Côté suppléments, l’éditeur nous proposera tout d’abord une sélection de bandes-annonces de film d’horreur disponibles chez Metropolitan Vidéo. Ensuite, pas de featurette ou de making of à l’horizon : on ne saura donc pas comment Katie Holmes a réussi à échapper aux influentes griffes des Scientologues Hollywoodiens et à intégrer le casting du film. Cela dit, l’éditeur nous propose plus intéressant : on commencera avec une fin alternative (9 minutes), un peu plus poétique et moins démonstrative que celle conservée au montage final. On notera que Brahms n’y affiche pas la bouche en forme de trou de balle qu’il se paye dans les dernières minutes du film. On continuera ensuite avec une scène coupée (évoquant la santé mentale du personnage de Katie Holmes) et trois scènes alternatives allant dans le même sens que le final. La première proposera un petit bout du dessin animé Casper the friendly ghost (1945) en lieu et place de la neige visible sur l’écran plat (!) durant la scène où Brahms est seul devant la TV. La deuxième nous proposera quelques variantes de dessins dans le carnet du petit Jude, ayant la particularité d’être moins spectaculairement sanglants. La troisième sera une variante du « jump scare » prenant place dans la scène durant laquelle Katie Holmes vient inspecter la marque de fabrication de la poupée. Dans la version sortie en salle, Brahms ouvre la bouche, et des insectes dégueu en sortent par dizaines. Dans cette première version, Holmes criait simplement car la main de la poupée lui retombait sur le bras… Intéressant !

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