Test Blu-ray : Out of time

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© 2003 Metro-Goldwyn-Mayer Pictures Inc.

États-Unis : 2003
Titre original : –
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur : L’atelier d’images
Durée : 1h45
Genre : Thriller
Date de sortie cinéma : 28 janvier 2004
Date de sortie DVD/BR : 7 juillet 2020

Le chef de Police Matt Lee Whitlock entretient une liaison avec Ann, une femme mariée. Elle lui annonce être condamnée par la maladie à moins de bénéficier d’un traitement hors de prix. Pour tenter de la sauver, Matt vole dans le coffre-fort du commissariat l’argent d’une saisie. Quand les corps carbonisés d’Ann et de son mari sont retrouvés dans l’incendie de leur maison, Matt se retrouve piégé : il va devoir mener l’enquête alors que toutes les preuves l’accablent…

© 2003 Metro-Goldwyn-Mayer Pictures Inc.

Le film

[4/5]

Presque dix ans après Le diable en robe bleue (1995), qui représentait un des sommets de leurs filmographies respectives, Carl Franklin et Denzel Washington se sont retrouvés en 2003 sur le projet Out of time, un nouveau polar sous perfusion de « Film Noir » des années 40/50, présentant cependant l’originalité de se dérouler quasi-intégralement non pas dans la brume urbaine de New York ou dans les bas-fonds de Frisco, mais sous le cagnard de Banyan Key, petite ville (fictive) voisine de Miami. Autant dire que la sueur coule à grosses gouttes et que les chemises collent dans une ambiance poisseuse au possible.

Toujours particulièrement à l’aise quand il s’agit de camper des personnages borderline, Denzel Washington enfile donc ici le bermuda et la casquette du chef de la police locale, Matt Whitlock, qui aura la mauvaise intuition de tromper sa femme avec Anne, la Femme Fatale manipulatrice qui le mènera à sa perte. Avec son ambiance étouffante et sa façon de rapidement brouiller les frontières entre le bien et le mal, Out of time s’impose comme un « Néo-Noir » de première bourre.

Elégant et particulièrement réjouissant dans la façon dont son intrigue démonte chaque mensonge l’un après l’autre, plongeant le personnage principal dans une situation de plus en plus compliquée et inextricable, Out of time permet en outre à Carl Franklin de faire la démonstration de son Art du timing et du suspense. En effet, la demi-heure qui suit la découverte des deux corps dans l’incendie s’avère une véritable leçon de mise en scène, dans le sens où le cinéaste parvient réellement à faire monter le suspense dans un crescendo presque insoutenable.

© 2003 Metro-Goldwyn-Mayer Pictures Inc.

Sombre et sans concession, Out of time s’inscrit au cœur d’une vague globalement assez peu (re)connue de polars américains des années 90/2000, dont il détourne en partie les codes, pour s’inscrire dans la mouvance sulfureuse et moite d’un Sexcrimes (John McNaughton, 1998), avec qui il partage quelques points communs. En effet, en lieu et place des immensités désertiques de l’Ouest américain, des motels crasseux, des crimes crapuleux et des flics ripoux filmés par les frères Coen, John Dahl, Stephen Frears ou Dennis Hopper, Carl Franklin faisait quant à lui le choix de transposer tout cela sous le soleil de Floride, et de balader le spectateur aux côtés d’un représentant de la loi dépassé par les événements, et victime d’une série de mauvais choix.

Une des forces d’Out of time est cependant de composer avec ces choix esthétiques et de parvenir à obtenir à l’écran le même résultat aride, rugueux et désespéré. Par sa science du rythme et du montage, Carl Franklin parvient à donner un dynamisme fou aux différents rebondissements, retournements de situations et autres séquences durant lesquelles les personnages se croisent ou cherchent au contraire à s’éviter. Même la simple réception d’un fax peut finalement apparaître à l’écran comme un moment de tension…

Comme à son habitude, Denzel Washington domine d’une tête le reste du casting en termes de charisme. C’est ainsi : Denzel bouffe tout le monde autour de lui, même quand il incarne comme ici un personnage solitaire, taciturne et finalement peu sympathique. On notera bien sûr les efforts notables d’Eva Mendes et Sanaa Lathan pour offrir un peu de profondeur à leurs rôles : toutes deux s’avèrent tout à fait convaincantes. En revanche, Hollywood est cruel avec les actrices, et dix-sept ans après la sortie du film, Sanaa Lathan, 48 ans, ne tourne quasiment plus. Eva Mendes, 46 ans, ne tourne quant à elle plus du tout depuis 2014. Elle avait pourtant enchainé 25 films entre 2001 et 2012. On ignore si cette retraite anticipée a été prise de plein gré ou si l’usine à rêves lui a prématurément brûlé les ailes.

© 2003 Metro-Goldwyn-Mayer Pictures Inc.

Ainsi, lorsque Flipper (Wesley Snipes), architecte noir et marié, a une liaison avec Angie, sa secrétaire d’origine italienne (Annabella Sciorra), l’enfer se déchaîne littéralement. Même passées les réactions (extrêmement violentes) de la famille proche, ce sont les amis et les voisins qui s’en mêlent… Porté par des acteurs au taquet, des dialogues finement ciselés et une utilisation des plus émouvantes de la musique de Stevie Wonder, Jungle fever s’impose comme un film vraiment sincère et brillant, montrant comment les préjugés s’infiltrent dans la sphère privée et dans la vie quotidienne. Parallèlement, le personnage de Samuel L. Jackson alimente une intrigue secondaire consacrée aux effets destructeurs de la drogue sur la communauté noire.

Film prophétique et désespéré, mettant des images sur un des grands tabous américains (les relations interraciales), Jungle fever illustre la peur, la haine et les divisions entre communautés, semblant irréconciliables. En effet, le film de Spike Lee n’a pas de « réponse » miracle à apporter, ce qui s’avère sans doute le plus dérangeant / questionnant quant à la place des noirs et des relations interraciales au cœur de la société américaine.

© 2003 Metro-Goldwyn-Mayer Pictures Inc.

Le Blu-ray

[4/5]

Disponible en DVD depuis 2004, mais curieusement jamais sorti sur support Haute-Définition, Out of time s’offre aujourd’hui une édition que les fans de Denzel « The Man » Washington attendaient probablement impatiemment. Celle-ci débarque sous les couleurs de L’atelier d’images. Côté master, il n’y a forcément aucune comparaison possible entre l’image qui nous est proposée ici et celle issue du séculaire DVD édité par MGM. Fine, détaillée et respectueuse du grain cinéma, l’image du Blu-ray nous propose de plus des couleurs et des contrastes impeccables. Du beau travail. Côté son, la VO et la VF sont mixées en DTS-HD Master Audio 5.1, et s’avèrent parfaitement immersives, et même très dynamiques dans leur genre. Les « surrounds » se font entendre, le caisson de basses se déchaine, en particulier durant le dernier tiers du film, et la musique de Graeme Revell est particulièrement mise à l’honneur, surtout sur la version originale.

Dans la section suppléments, L’atelier d’images recycle l’intégralité de l’interactivité déjà disponible sur l’édition DVD de 2004. On commencera donc avec un passionnant commentaire audio du réalisateur Carl Franklin (VOST), qui ne s’avère pas avare en plaisanteries et en anecdotes. On continuera ensuite avec une featurette (12 minutes) revenant brièvement sur l’envers du décor, et donnant la parole aux différents membres de l’équipe. Ce sujet nous permettra notamment d’apprendre que la chaleur sur le tournage était assez insupportable, et qu’elle rendait Eva Mendes complètement folle. La featurette suivante sera consacrée à une description des personnages principaux (6 minutes), avec un retour sur leurs principaux traits de caractère. Enfin, on passera rapidement sur le bêtisier pas drôle (1 minute) pour se concentrer sur les essais de casting de et Sanaa Lathan (10 minutes). On terminera ensuite avec la traditionnelle galerie de photos, la bande-annonce et l’habituel « espace découverte » de L’atelier d’images.

© 2003 Metro-Goldwyn-Mayer Pictures Inc.

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