Test Blu-ray : Open water 3 – Les abîmes de la terreur

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Australie : 2017
Titre original :
Réalisation :
Scénario : Gerald Rascionato
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h17
Genre : Horreur
Date de sortie DVD/BR : 27 juin 2018

 

 

Au large de l’Australie, trois amis en quête de sensations fortes décident de filmer leur plongée dans une cage, au milieu d’une eau infestée de grands requins blancs. Mais, quand une vague géante renverse leur bateau et casse leurs amarres, ils se retrouvent isolés en plein océan alors que la nuit tombe et que les secours ne pourront être sur place avant l’aube…

 

 

Le film

[3/5]

Petit film d’horreur aquatique sorti en 2003, Open water avait engrangé rien de moins que 55 millions de dollars de recettes au box-office mondial, récoltant de ce fait quasiment 11.000 fois sa mise de départ. Rentabilité optimale donc pour un found footage tourné en DV, à la croisée des chemins entre deux succès de l’année 1999 (Blair witch project et Peur bleue), qui avait le mérite d’avoir su capter l’air du temps, tout en réussissant à développer dans son dernier tiers une tension bien réelle. On était en présence d’une intéressante série B, mais en toute honnêteté, les longueurs et le peu d’intérêt de la première partie du film n’incitaient pas forcément à une deuxième vision. Quatorze ans plus tard, c’est donc avec une certaine surprise que l’on accueillera la sortie d’Open water 3 – Les abîmes de la terreur ; cette sortie paraitra d’autant plus étonnante que bien des cinéphiles ignoraient jusqu’à l’existence d’un deuxième opus… Alors, s’agit-il d’une facétie, à la manière de celle orchestrée par James Huth et Jean Dujardin avec leur Brice 3 ?

Absolument pas – la raison cela dit pour laquelle une partie du public français a pu louper le deuxième épisode de la franchise Open water est simple : il s’agit en fait d’un film allemand sorti en 2006 initialement simplement intitulé Adrift, que des producteurs peu scrupuleux ont officiellement rebaptisé Open water 2 : Adrift afin de surfer sur le succès fracassant du film de 2003. Ainsi, si le film fait officiellement partie de la franchise, il est sorti dans de nombreux pays sans porter ce titre ; on suppose que les distributeurs en ayant acquis les droits avant qu’il ne se voie « rebaptisé » n’ont pas pu utiliser ce titre, de toute façon relativement trompeur : point d’histoire de requins ici, mais juste quelques jeunes pataugeant dans l’eau durant une longue partie du métrage. Sorti en France en 2007 sous le titre Dérive mortelle, ce thriller aquatique se révélait une excellente surprise, abandonnant la DV crasseuse pour arborer un scope flamboyant et faire montre d’une maestria technique réellement sidérante lors de certaines séquences. Ce qui frappait avant tout à la vision de Dérive mortelle, c’était la façon très habile avec laquelle le film parvient presque à transmettre la phobie de l’eau du personnage principal au spectateur. Remarquablement mis en scène (la scène du « plongeon » est un exemple de tension cinématographique, valant à elle seule la vision du métrage), jouant très habilement de la profondeur de champ (on ressent un net sentiment de claustrophobie malgré l’immensité de l’océan), le film se permettait même une petite réflexion sur le refus de vieillir et le renoncement, à travers son personnage central, n’assumant pas réellement son rôle de mère à cause du désir qu’elle ressent pour son ancien camarade. A travers le drame qui lie les personnages, elle prendra conscience de son non-désir de maternité et en tirera les conséquences de façon assez radicale. Bref, s’il s’était fait déchirer de toute parts par la presse qui n’avait souvent même pas pris la peine de le voir (combien de sites et de critiques évoquent la présence de requins, alors qu’il n’en est jamais question dans le film ?), Dérive mortelle ne méritait pas tant de haine, et représente encore aujourd’hui le haut du panier de la série B actuelle.

Vous l’aurez compris : la franchise Open water ne brille certainement pas par sa cohérence. Ainsi, en creusant un peu, on découvrira qu’à l’origine Open water 3 ne faisait à priori pas non plus partie de la franchise : il s’agit en fait d’un film australien intitulé Cage dive, et rebaptisé Open water 3 : Cage dive pour les ventes à l’international. Le film a donc intégré la saga pour de simples questions pécuniaires, et parce que l’on suppose que les droits nécessaires afin de relier « officiellement » le film de Gerald Rascionato à une franchise enterrée depuis plus de dix ans devaient représenter un investissement suffisamment peu risqué pour tenter le coup et s’assurer de meilleures ventes à l’étranger.

Et qu’en est-il du film en lui-même ? On dira qu’il a l’avantage d’être court (le générique de fin apparait au bout d’1h10 seulement). On peut comprendre la « filiation » avec le premier Open water, dans le sens où le film australien reprend les « fondamentaux » du film originel de Chris Kentis : prises de vue en DV, found footage et méchants requins. On y ajoutera juste l’idée de la plongée sous-marine dans une « cage », à la mode puisqu’également au cœur de l’excellent 47 meters down, même si cet élément est finalement à peine effleuré dans Open water 3. Pour le reste, on est dans la moyenne habituelle du genre ; autant dire que les amoureux de found footage seront aux anges, quand les autres pourront trouver le temps long…

 

 

Le Blu-ray

[3,5/5]

Difficile de juger la qualité technique d’un Blu-ray tel que celui d’Open water 3 – Les abîmes de la terreur. Intégralement tourné en DV, la galette affiche, selon les passages, une définition et un piqué plus ou moins pointus. La granulation est très forte, surtout sur les scènes nocturnes, mais gardons à l’esprit qu’il s’agit là d’une des particularités du film, à la facture technique volontairement médiocre ; on peut donc dire que le Blu-ray édité par M6 Vidéo semble globalement faire honneur au matériau de base. En revanche, le film est encodé en 1080i (avec un défilement à 25 images / seconde), ce qui réduit sa durée totale d’1h20 dans les salles australiennes à 1h17 dans votre salon. Côté son, VF et VO sont mixées en DTS-HD Master Audio 5.1, le rendu est très enveloppant, et les effets de surprise vous feront à coup sûr sursauter dans vos fauteuils. Si la version originale reste forcément plus convaincante d’un strict point de vue artistique, le doublage de la version française est relativement soigné dans son genre.

Rayon bonus, outre la traditionnelle bande-annonce du film, l’éditeur nous propose tout d’abord une longue série de scènes coupées et/ou étendues, à l’intérêt très variable (20 minutes) ; on trouvera également un court making of revenant sur la genèse du projet et proposant plusieurs entretiens avec l’équipe (réalisateur, acteurs). On notera cependant les suppléments seront à réserver aux anglophones confirmés, puisqu’aucun d’entre eux ne dispose de sous-titres français.

 

 

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