Accueil Blu-ray, DVD, livres Blu-ray Test Blu-ray : On continue à l’appeler Trinita

Test Blu-ray : On continue à l’appeler Trinita

0
100

On continue à l’appeler Trinita

Italie : 1971
Titre original : …Continuavano a chiamarlo Trinità
Réalisation : Enzo Barboni
Scénario : Enzo Barboni
Acteurs : Terence Hill, Bud Spencer, Yanti Somer
Éditeur : Rimini Éditions
Durée : 1h51
Genre : Western
Date de sortie cinéma : 15 mars 1972
Date de sortie DVD/BR : 12 mars 2026

Trinita et Bambino font une promesse à leur père sur le point de mourir : ils deviendront de vrais bandits et leurs têtes seront mises à prix. Mais ce n’est pas si simple : leur bonne nature va les amener à prendre la défense de moines menacés par des hors-la-loi…

Le film

[4/5]

Un parfum de poussière joyeuse flotte au-dessus d’On continue à l’appeler Trinita, comme si le film avait été tourné dans un saloon où quelqu’un aurait renversé un sac entier de bonne humeur (‘voyez le tableau ?). Le western italien, qui jusque-là aimait se prendre au sérieux avec ses regards d’acier et ses duels au ralenti, découvre ici qu’il peut aussi se marrer franchement. On continue à l’appeler Trinita arrive un an après le premier opus, et plutôt que de chercher à faire plus grand, plus sombre ou plus violent, il choisit la voie la plus inattendue : être encore plus décontracté. Le film ressemble à un cow-boy qui aurait décidé de faire la sieste en plein duel, juste pour voir la tête de l’adversaire.

Le charme d’On continue à l’appeler Trinita tient à cette manière de prolonger l’esprit du premier film sans jamais le photocopier. Terence Hill et Bud Spencer reviennent comme deux gamins turbulents qui auraient trouvé un coffre rempli de gags et décidé de tout tester. Le western comico, né presque par accident dans le premier Trinita, s’affirme ici comme un genre à part entière. Le film mélange les baffes chorégraphiées, les cascades improbables et les situations absurdes avec une aisance déconcertante. On y croise des moines qui se battent comme des ninjas, des bandits qui semblent sortis d’un cartoon poussiéreux, et des scènes où la logique prend des vacances prolongées. On continue à l’appeler Trinita assume pleinement cette folie douce, et c’est précisément ce qui le rend si attachant.

Le film ne cherche pas à raconter une histoire complexe. On continue à l’appeler Trinita préfère dérouler une suite de situations où les deux frères, l’un flegmatique comme un nuage d’été, l’autre massif comme un bison qui aurait appris à sourire, se retrouvent à défendre un monastère contre une bande de malfrats. Le scénario tient sur un coin de selle, mais ce n’est pas un défaut : c’est un choix. Le western comico repose sur l’énergie, le rythme, la complicité, pas sur les intrigues tarabiscotées. Le film avance comme un cheval qui trotte en chantonnant, sans jamais chercher à impressionner, mais toujours avec la volonté de divertir.

Visuellement, On continue à l’appeler Trinita reprend les codes du western italien pour mieux les détourner. Les cadrages hérités de Sergio Leone – gros plans sur les yeux, panoramas poussiéreux, zooms enthousiastes – deviennent ici des outils comiques. Un zoom dramatique se transforme en gag, un plan héroïque en blague visuelle, une scène de tension en prétexte à une avalanche de baffes. Le film joue avec son propre langage, comme un enfant qui démonte un jouet pour voir comment il fonctionne, puis le remonte à sa manière. Cette liberté donne à On continue à l’appeler Trinita une fraîcheur qui explique son succès – 14,5 millions d’entrées en Italie en 1972 – mais aussi sa longévité.

Le duo Terence Hill / Bud Spencer atteint ici une forme d’alchimie parfaite. Terence Hill, avec son sourire insolent et son flegme surnaturel, incarne un Trinita qui semble flotter au-dessus du monde, comme un cow-boy mystique qui aurait troqué la poudre à canon pour la poudre de rire. Bud Spencer, massif et tendre, apporte une présence physique qui transforme chaque scène en terrain de jeu. Ses coups de poing ressemblent à des bénédictions musclées, ses grognements à des poèmes minimalistes. On continue à l’appeler Trinita repose sur cette dynamique, mais sans jamais en abuser : le film sait varier les plaisirs, alterner les scènes d’action, les moments absurdes et les instants de pure camaraderie.

Bien sûr, comme le premier opus, On continue à l’appeler Trinita ne cherche pas à délivrer un message profond, mais il capte quelque chose de l’époque : une envie de relâcher la pression, de rire des figures d’autorité, de transformer les codes virils en terrain de jeu. Le western, genre historiquement sérieux, devient ici un espace de liberté où l’on peut se moquer des méchants, des colons, des pistoleros trop sûrs d’eux. Le film reflète ainsi une époque où le cinéma populaire commence à s’autoriser des écarts, à mélanger les genres, à casser les poses héroïques.

Le Blu-ray

[4/5]

Le Blu-ray d’On continue à l’appeler Trinita édité par Rimini Éditions nous arrive dans un boîtier surmonté d’un étui, avec jaquette recto/verso et trois photos format carte postale. L’objet respire le respect du patrimoine populaire : couleurs chaudes, visuels iconiques, et ce petit parfum de collection qui donne envie de le laisser traîner sur la table basse juste pour frimer un peu. Le coffret inclut deux montages français – 1972 et 1982 – ainsi qu’un DVD de bonus, un choix rare et précieux pour un film longtemps malmené par des éditions souvent très approximatives.

L’image du Blu-ray d’On continue à l’appeler Trinita est une belle réussite. Le master Haute-Définition, issu d’un scan 2K du matériel d’origine, offre une définition solide, un piqué agréable et une texture argentique homogène. Les couleurs chaudes, typiques du western italien, ressortent avec une belle vivacité, sans excès. Les noirs sont soutenus, les contrastes équilibrés, et les scènes en basse lumière conservent une lisibilité appréciable. La copie est propre, sans poussières ni rayures visibles, et l’étalonnage respecte parfaitement l’esprit du film. Côté son, On continue à l’appeler Trinita nous est proposé dans des mixages DTS-HD Master Audio 2.0 (mono), en anglais et en français. Les deux pistes sont claires, dynamiques, sans souffle notable. La version anglaise offre une restitution fidèle des voix postsynchronisées et de la musique enjouée de Guido et Maurizio De Angelis. La version française, disponible en versions 1972 et 1982, n’a pas à rougir de la comparaison : elle est propre, équilibrée, et conserve ce charme typique des doublages français de l’époque. Les voix de Pierre Arditi et Victor Lanoux (1972), puis celles de Patrick Poivey et Claude Bertrand (1982), donnent au film une identité sonore unique.

Côté suppléments, le DVD bonus nous proposera tout d’abord présentation du film par Philippe Lombard (14 minutes), dans laquelle il reviendra sur la volonté d’axer beaucoup plus ce second opus sur l’humour (bagarres et scènes de bouffe), et sur le fait que le duo Bud Spencer / Terence Hill commence à être bien rôdé – en substance, On continue à l’appeler Trinita s’impose dès lors comme le « modèle » de tous les films qu’ils tourneront ensemble par la suite. On continuera ensuite avec un entretien inédit avec Bud Spencer (32 minutes), enregistré par Jean-François Giré en 2014, qui nous offrira un regard précieux sur la carrière de l’acteur. Enfin, on terminera avec une galerie photos animée (4 minutes) et les bandes-annonces de 1972 et 1982. Du très beau travail éditorial, et la meilleure façon de redécouvrir On continue à l’appeler Trinita dans des conditions optimales.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici