Test Blu-ray : L’étreinte du destin

0
527

L’étreinte du destin

États-Unis : 1955
Titre original :
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h42
Genre : Western
Date de sortie cinéma : 17 juin 1955
Date de sortie DVD/BR : 10 août 2020

À l’issue de la guerre de Sécession, Luke Fargo décide de changer de vie, d’oublier le joueur, bagarreur et coureur de jupons qu’il a été. S’il rentre chez lui, c’est désormais plein de bonnes intentions, dans les habits d’un pasteur pressé de reconstruire l’église locale. Mais son passé lui colle aux bottes et certains se chargent de le lui rappeler…

Le film

[3,5/5]

L’étreinte du destin est parfaitement représentatif de la précision et de la qualité qu’avait acquis, dans les années 50, le cinéma de George Sherman. Formé à l’école du western de série B, il avait peu à peu développé une véritable expertise dans le domaine, qui exploserait littéralement au début des fifties sur des films tels que Sur le territoire des Comanches (1950) ou Tomahawk (1951).

En 1955, avec L’étreinte du destin, il est au sommet de son Art, prenant à bras le corps cette histoire aux nombreux niveaux de lecture suivant un personnage tentant désespérément de repartir à zéro dans un endroit où personne ne veut de lui. Extrêmement fine, l’intrigue du film nous propose de découvrir des personnages à la psychologie riche, et développe une habile réflexion sur les concepts d’humanité, de culture ou encore de religion (le personnage central veut construire une église), et de leur rôle dans une société d’après-guerre, en pleine reconstruction, que cela soit à grande échelle ou de façon individuelle et nettement plus intime. Quelle place dans la société pour ceux qui se sont battus du « mauvais côté » du champ de bataille ? Comment s’élever au-dessus de son passé afin de trouver sa place dans le présent ?

Bien entendu, dix ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les liens que pouvaient entretenir les thématiques de L’étreinte du destin avec l’actualité étaient nombreux, le film de George Sherman proposant une lecture morale et philosophique de son temps par le biais du western. L’histoire est simple et relativement linéaire, mais elle se déroule dans un contexte compliqué, au cœur duquel les antagonismes sont d’avantage liés à une espèce de loyauté envers des idées qu’à de réels griefs.

Mais la réussite de L’étreinte du destin ne serait rien sans la performance des acteurs. Van Heflin est tout particulièrement remarquable dans la peau de Luke Fargo, le personnage principal : un homme qui essaie d’oublier son passé malgré l’adversité et le mépris de ses contemporains. A ses côtés, Joanne Woodward est formidable dans le rôle de Lissy, la jeune femme qui servira de jonction, de « passeur » entre passé et présent, entre le rejet et l’acceptation, entre l’hostilité et une vie meilleure. Prudente, elle apprendra tout comme le spectateur à découvrir le personnage trouble incarné par Van Heflin, pointant tout d’abord une arme sur lui – à plusieurs reprises d’ailleurs – se laissant finalement « apprivoiser » alors que Luke trouve le chemin de son cœur.

Le Blu-ray

[4,5/5]

Pour son arrivée sur support Blu-ray sous les couleurs de Sidonis Calysta, L’étreinte du destin s’offre une belle galette, à la définition et au piqué d’une précision étonnante, rendant honneur aux cadrages soignés et aux couleurs chaudes utilisées par George Sherman et son directeur photo Burnett Guffey : le niveau de détail est étonnant, même sur un écran de très grande taille, l’étalonnage des couleurs est de toute beauté, bref, l’image est digne de tous les superlatifs. Même constat d’excellence pour le son, proposé en DTS-HD Master audio 2.0 à la fois en VF et en VO. Les deux mixages s’avèrent excellentes, dosant les ambiances de façon fine et subtile, pour un rendu sonore optimal et une bonne immersion du spectateur au cœur du film.

Côté suppléments, on s’attardera avec plaisir sur la présentation du film par Patrick Brion (8 minutes). Le créateur du « cinéma de minuit » remettra le film dans son contexte historique et sur la nature d’OVNI du film dans la production western de l’époque. On terminera ensuite avec une présentation du film par Jean-François Giré (16 minutes). Il reviendra tout d’abord sur l’œuvre de George Sherman, en grande partie inédite en France, puis abordera en détail le film – l’intrigue bien sûr, mais également les thématiques et l’élégance de la mise en scène de Sherman.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici