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Test Blu-ray 4K Ultra HD : Tron – Ares

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Tron – Ares

États-Unis, Canada, Nouvelle Zélande : 2025
Titre original : –
Réalisation : Joachim Rønning
Scénario : Jesse Wigutow
Acteurs : Jared Leto, Greta Lee, Evan Peters
Éditeur : Walt Disney France
Durée : 1h59
Genre : Science-fiction
Date de sortie cinéma : 8 octobre 2025
Date de sortie DVD/BR/4K : 11 février 2026

L’étonnante aventure d’un Programme hautement sophistiqué du nom de Ares, envoyé du monde numérique au monde réel pour une mission dangereuse qui marquera la première rencontre de l’humanité avec des êtres dotés d’une intelligence artificielle…

Le film

[3,5/5]

Se lancer dans le visionnage de Tron : Ares, c’est un peu comme assister à la résurrection d’un vieux logiciel qu’on croyait rangé dans un tiroir, coincé entre un modem 56k et un CD-Rom de l’Encyclopedia Universalis. Le film s’ouvre sur un déluge d’infos, de logos, de voix off et de titres façon JT futuriste, comme si le film craignait que le spectateur ne comprenne pas que l’univers Tron est toujours là, toujours lumineux, toujours un peu persuadé d’être plus profond qu’il ne l’est vraiment. Tron : Ares semble vouloir prouver qu’il a mûri, qu’il a réfléchi, qu’il a lu deux ou trois articles sur l’IA générative et la cybersécurité, mais derrière cette façade techno-spirituelle, on sent poindre une certaine maladresse charmante, presque touchante, comme un ado gothique qui récite du Baudelaire en VR.

Dans Tron : Ares, les programmes sortent désormais de la Grille pour venir faire coucou dans le monde réel, un peu comme des influenceurs holographiques qui auraient décidé de prendre un café en terrasse. Influencé par la popularisation des « multivers » dans la SF grand-public, le film joue avec cette idée de porosité entre les mondes, et c’est là qu’il trouve ses moments les plus inspirés : la matérialisation d’Ares, ses hésitations, ses gestes encore maladroits, donnent à Tron : Arès une dimension presque organique, comme si le numérique se mettait soudain à transpirer. Et pourtant, au fil des séquences, le film ne peut s’empêcher de retomber dans ses vieux réflexes : des dialogues qui sonnent comme des lignes de code mal indentées, des enjeux qui se prennent très au sérieux, et une mythologie qui s’étire comme un câble HDMI trop sollicité.

Indéniablement, l’esthétique de Tron : Ares reste son arme principale. Les néons, les lignes géométriques, les surfaces lisses : tout dans ce nouvel opus semble vouloir nous rappeler que la franchise a toujours été un terrain de jeu visuel avant d’être un terrain narratif. Les séquences dans la Grille sont d’une beauté presque mathématique, avec des couleurs qui s’entrechoquent comme des particules dans un accélérateur. Tron : Ares se rapproche parfois de la grâce abstraite d’un Speed Racer ou les ambitions plastiques d’un Ghost in the Shell (version 1995, évidemment). Mais derrière cette splendeur graphique, le film laisse filtrer une impression étrange : celle d’un monde qui tourne en rond, comme si la Grille avait été rebootée trop de fois et qu’elle commençait à perdre quelques pixels de lucidité.

Les personnages de Tron : Ares oscillent entre le fascinant et le légèrement caricatural. Ares (Jared Leto), par exemple, traverse le film avec une innocence presque comique, comme un robot qui découvrirait l’existence de toutes les émotions dans la même journée. Cette naïveté donne lieu à quelques moments involontairement drôles, mais le réalisateur Joachim Rønning parvient à les rattraper en les transformant en réflexion sur l’identité, la conscience et la liberté. Le personnage d’Eve Kim (Greta Lee), de son côté, apporte à l’ensemble une énergie nerveuse, presque électrique, qui contraste avec la rigidité de l’univers. Quant aux antagonistes, ils semblent parfois sortis d’un manuel de management toxique, ce qui donne presque à Tron : Ares une dimension satirique inattendue, comme si le film murmurait que les vrais méchants ne sont pas les programmes, mais les réunions PowerPoint.

Certaines scènes de Tron : Ares flirtent avec l’absurde pur, notamment lorsque les lumicycles reviennent faire leur petit numéro. Le film semble alors se souvenir qu’il est aussi une franchise de divertissement, et qu’il peut se permettre une pointe de folie. Durant ces quelques séquences, assez réussies, la mise en scène utilise les courses effrénées dans des labyrinthes de LED pour illustrer la tension entre vitesse et contrôle, entre liberté et déterminisme, entre trajectoire imposée et trajectoire choisie. Et dans ces moments, Tron : Ares touche du doigt quelque chose de plus grand, de plus universel, presque philosophique. Le rapport entre le réel et le virtuel ouvre aussi la porte à une réflexion plus large sur notre époque, où les IA, les deepfakes et les réseaux sociaux transforment la perception du monde. Le scénario de Jesse Wigutow ne propose pas grand-chose de nouveau bien sûr, mais il fait preuve d’une sincérité désarmante, comme un film qui voudrait vraiment croire que la technologie peut encore être un espace de poésie.

En fin de compte, même si Tron : Ares trébuche parfois, même si son scénario ressemble par moments à un fichier ZIP mal décompressé, il reste attachant dans sa volonté de proposer un spectacle total, un monde cohérent, une mythologie qui continue de se réinventer malgré ses limites. Le film de Joachim Rønning ne représente peut-être pas le renouveau tant attendu, mais il possède une identité visuelle forte, une bande-son hypnotique, et une envie sincère de faire exister un univers qui refuse obstinément de disparaître. Et l’ensemble s’avère suffisamment singulier pour mériter qu’on s’y attarde, ne serait-ce que pour admirer ses néons, ses géométries impossibles et ses tentatives parfois maladroites mais toujours honnêtes de raconter quelque chose sur l’humain, le numérique et les frontières qui se brouillent entre les deux.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

Le Blu-ray 4K Ultra HD de Tron : Ares arrive sous les couleurs de Walt Disney France, dans un boîtier qui semble tout droit sorti d’un showroom où les designers auraient décidé de fusionner un néon, un miroir et un fantasme de geek insomniaque. Le packaging et le visuel du fourreau jouent la carte du clinquant assumé : lignes lumineuses, silhouettes stylisées, reflets presque agressifs, comme si le boîtier voulait rappeler que Tron : Ares est avant tout une affaire de surfaces, de géométrie et de lumière. L’éditeur propose un disque Blu-ray 4K Ultra HD doté d’un master Dolby Vision et HDR10 qui sublime les contrastes, renforce les noirs abyssaux et donne aux couleurs cette intensité presque radioactive qui caractérise l’univers de la Grille. Les séquences nocturnes y gagnent en lisibilité, les contours deviennent plus nets, et les effets lumineux semblent flotter dans l’espace comme des méduses numériques. Les technologies HDR10 et Dolby Vision offrent une stabilité remarquable, et poussent les nuances jusque dans leurs derniers retranchements, notamment dans les scènes où les personnages oscillent entre le monde réel et la Grille. Les textures des costumes, souvent brillantes et nervurées, retrouvent une précision presque tactile, rendant justice à l’ambition visuelle du film, même lorsque celui-ci s’égare dans des arabesques scénaristiques dignes d’un tableur Excel sous acide.

Côté son, le Blu-ray 4K Ultra HD de Tron : Ares propose une VO en Dolby Atmos qui déploie une spatialisation impressionnante. Les drones, les lumicycles, les explosions géométriques : tout circule avec une fluidité presque insolente, comme si Tron : Arès avait été conçu pour tester les limites des enceintes. Les basses grondent avec autorité, les voix restent claires même au milieu du chaos lumineux, et la musique électronique enveloppe l’ensemble avec une ampleur hypnotique. La VF en Dolby Digital+ 7.1 est presque aussi impressionnante que son modèle, avec une dynamique épatante et une bonne séparation des canaux, même si elle manque peut-être un peu de la précision chirurgicale de la VO. Le film conserve néanmoins un puissant impact sonore, et les spectateurs francophones ne perdront rien de l’énergie du film.

Le disque Blu-ray de Tron : Ares propose une série de suppléments qui, sans être pléthoriques, permettent de mieux comprendre la fabrication d’un film qui oscille constamment entre ambition visuelle et scénario en roue libre. Un making of (12 minutes) ouvre le bal avec un aperçu des coulisses, où l’on découvre comment ce film a tenté de moderniser la franchise tout en conservant ses codes esthétiques. Les équipes expliquent la volonté de créer un pont entre les films précédents et cette nouvelle itération. On continuera ensuite avec un focus sur la scène des lumicycles (7 minutes), qui détaille la chorégraphie complexe des mouvements, la création des effets lumineux et la manière dont les caméras ont été positionnées pour accentuer la vitesse et la verticalité. Le module suivant reviendra sur la construction narrative du film (6 minutes), en montrant comment le scénario tente de concilier deux mondes : celui du réel, avec ses enjeux politiques et technologiques, et celui de la Grille, avec ses règles propres et sa logique interne. Les scénaristes expliquent comment ils ont voulu explorer la notion d’identité numérique, de conscience artificielle et de matérialisation des programmes. Ce module permet de mieux saisir les ambitions thématiques de Tron : Ares, même si le film ne parvient pas toujours à les articuler avec la clarté espérée. On continuera avec une conversation entre les acteurs (5 minutes) et le traditionnel sujet consacré aux easter eggs (5 minutes), qui mettra en lumière les références, les caméos et les hommages disséminés tout au long de l’intrigue de Tron : Ares. Enfin, une courte poignée de scènes coupées (2 minutes) offrira un aperçu de moments retirés du montage final, sans apporter de révélations majeures mais en complétant l’expérience du film.

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