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Test Blu-ray 4K Ultra HD : Predator – Badlands

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Predator : Badlands

États-Unis : 2025
Titre original : –
Réalisation : Dan Trachtenberg
Scénario : Dan Trachtenberg, Patrick Aison
Acteurs : Elle Fanning, Dimitrius Schuster-Koloamatangi…
Éditeur : 20th Century Studios
Durée : 1h48
Genre : Science-Fiction
Date de sortie cinéma : 5 novembre 2025
Date de sortie DVD/BR/4K : 11 mars 2026

Dans le futur, sur une planète lointaine, un jeune Predator, exclu de son clan, trouve une alliée improbable en la personne de Thia et entreprend un voyage en territoire hostile, à la recherche de l’adversaire ultime…

Le film

[4/5]

Aucun manuel de survie intergalactique ne nous avait réellement préparé à Predator : Badlands. Le film s’impose en effet comme un objet hybride et inattendu, qui s’amuse à bousculer les habitudes d’une franchise qu’on croyait condamnée à répéter éternellement la même danse sanglante. Dan Trachtenberg choisit donc ici une autre voie : celle du récit initiatique, du buddy-movie improbable, et même, par moments, de la fable, presque tendre – oui, vous avez bien lu, on a écrit « tendre », ce qui détone un peu dans un univers où habituellement, les mandibules claquent plus souvent que les portes d’un vieux saloon. Le film ne renie jamais la brutalité de son ADN, mais il la détourne, la reconfigure, comme si la saga Predator avait décidé de se regarder dans un miroir déformant et d’y découvrir un visage qu’elle ne soupçonnait pas.

L’un des paris les plus audacieux de Predator : Badlands consiste à faire du Predator le personnage principal. Et il n’est ni un anti-héros cynique, ni une machine à tuer vaguement romantisée, mais un jeune Yautja nommé Dek, dont la petite taille et la maladresse relative en font presque un personnage de shōnen perdu dans un cauchemar de science-fiction. Le film joue avec cette fragilité, la transforme en moteur narratif, et construit autour d’elle une réflexion sur la valeur, la reconnaissance, la place qu’on occupe dans une société obsédée par la force. Predator : Badlands parle de rites, de hiérarchie, de tradition, mais aussi de différence – et le fait avec une sincérité étonnante pour un blockbuster où les créatures géantes ont tendance à régler leurs problèmes en arrachant des morceaux de décor.

Visuellement, Predator : Badlands déploie un univers qui semble avoir été sculpté dans un mélange de poussière, de métal et de cauchemars biologiques. Genna, la planète où se déroule l’essentiel du récit, ressemble à une version extraterrestre d’un western post-apocalyptique : roches acérées, végétation agressive, faune qui semble sortie d’un bestiaire écrit par un enfant hyperactif sous acide. Les couleurs oscillent entre ocres brûlés et verts toxiques, comme si la planète elle-même cherchait à prévenir les visiteurs : « ici, même les cailloux veulent votre peau ». Cette esthétique brutale sert parfaitement les thématiques du film : Dek doit survivre dans un monde qui ne veut pas de lui, et la mise en scène traduit cette hostilité permanente par des cadres serrés, des mouvements nerveux, et des créatures qui surgissent au détour d’un plan comme des pensées intrusives.

La relation entre Dek et Thia, l’androïde Weyland-Yutani à moitié détruite incarnée par Elle Fanning, constitue le cœur émotionnel de Predator : Badlands. Leur duo improbable – un Predator en quête de reconnaissance et une synthétique qui n’a plus grand-chose à perdre – fonctionne comme une parabole sur la coopération forcée, la confiance qui se construit malgré les différences, et la manière dont deux êtres que tout oppose peuvent finir par se comprendre. Le film joue avec les codes du buddy-movie, mais les détourne : ici, pas de punchlines, pas de bromance forcée, juste deux solitudes qui apprennent à respirer ensemble. Les premières scènes mettant en scène le duo, durant lesquelles Thia est littéralement attachée au dos de Dek, résume parfaitement cette dynamique : deux êtres cassés qui avancent tant bien que mal, comme un centaure dysfonctionnel lancé dans une quête mythologique.

Predator : Badlands s’amuse aussi à revisiter les codes de la franchise. Le film multiplie les clins d’yeux à la saga, mais jamais de manière lourde : un masque improvisé, un combat final qui évoque la rage primitive du premier Predator tout en la réinventant… Comme il nous l’avait démontré avec Prey en 2022, Dan Trachtenberg connaît les règles, et s’avère bien décidé à jouer avec, tout en élargissant le terrain de jeu : l’intégration dans l’intrigue du film des synthétiques Weyland-Yutani est une façon habile de créer un (nouveau) point de convergence entre les franchises Predator et Alien. L’idée bien sûr est de créer et développer un univers partagé cohérent, qui pourrait bien sûr se prolonger au cinéma ou à la télévision, les androïdes Weyland-Yutani constituant le cœur de la série TV Alien : Earth créée en 2025 par Noah Hawley.

Cette approche permet à Predator : Badlands de rester accessible aux nouveaux venus tout en offrant aux fans de longue date une relecture respectueuse mais audacieuse. Le récit, situé très loin dans le futur, libère le film de toute contrainte de continuité, ce qui lui permet de respirer, d’explorer, de tenter des choses, et même parfois de surprendre, comme avec la révélation de la véritable nature de Bud, une espèce de petit singe extraterrestre ayant une importance assez significative dans le récit – une révélation qui pourrait passer pour vaguement WhatTheFuck-esque si elle n’était pas immédiatement rattrapée par une réflexion sur la filiation, la responsabilité et la transmission.

D’ailleurs, les créatures qui peuplent les coins et recoins de Predator : Badlands méritent une mention particulière. Le film multiplie les rencontres avec des espèces inédites, comme si la saga Predator avait enfin décidé d’ouvrir son bestiaire au-delà des éternels humains à découper. Chaque créature semble pensée pour raconter quelque chose : la violence de Genna, la fragilité de Dek, la logique implacable de la chaîne alimentaire. Le Kalisk, en particulier, incarne une forme de majesté brutale, un mélange de puissance et de tragédie qui rappelle les monstres nobles des mythes antiques. Le combat final, au cœur duquel Dek affronte [Attention #Spoiler] Tessa, le double négatif de Thia dans une sorte d’exosquelette démentiel [Fin du #Spoiler], condense tout ce que le film réussit : spectacle, tension, émotion, et une vraie réflexion sur ce que signifie être vivant, être utile, être libre.

Les performances des deux acteurs principaux contribuent par ailleurs largement à la réussite de Predator : Badlands. Dimitrius Schuster-Koloamatangi apporte à Dek une vulnérabilité rare pour un Predator, une manière de bouger, de respirer, presque de douter, qui humanise sans jamais trahir la créature. Elle Fanning, quant à elle, offre à son double-rôle Thia / Tessa une présence à la fois mécanique et profondément touchante, comme si l’androïde découvrait peu à peu qu’elle possède une âme qu’on ne lui avait jamais programmée. Leur duo fonctionne comme une étrange symphonie dissonante, mais dont les notes finissent par s’accorder, et apporte finalement beaucoup à un film courageux, inventif et généreux. Un film qui ose déplacer les lignes d’une franchise souvent prisonnière de ses propres codes, et qui rappelle que même les chasseurs les plus redoutables peuvent parfois devenir les héros de leur propre histoire.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

Le Blu-ray 4K Ultra HD de Predator : Badlands édité par 20th Century Studios nous arrive dans un classieux boîtier avec fourreau – le visuel est très sympa et semble vouloir rappeler que la franchise Predator n’est jamais aussi vivante que lorsqu’elle ose sortir des sentiers battus. Le fourreau, sobre mais élégant, affiche un visuel qui met en avant Dek et les teintes ocres de Genna, comme si le packaging lui-même voulait prévenir : ici, la poussière coupe, les herbes tranchent, et même les ombres ont des dents. À l’intérieur, le disque 4K Ultra HD trône fièrement, accompagné du Blu-ray standard, dans une présentation claire et efficace. L’ensemble respire le sérieux, la volonté de proposer un objet solide, presque totémique, à l’image du film.

Côté image, le Blu-ray 4K Ultra HD de Predator : Badlands s’impose comme une petite démonstration technique. Le master bénéficie d’un étalonnage Dolby Vision + HDR10, et l’ensemble nous permet de redécouvrir Genna comme un monde vivant, agressif, presque organique. Les contrastes sont superbes, les noirs sont profonds sans jamais s’écraser, les hautes lumières conservent leurs détails, et les couleurs (ocres brûlés, verts toxiques, bleus métalliques…) explosent littéralement à l’écran. Les textures sont d’une précision redoutable : la peau de Dek, mélange de rugosité et de moiteur, gagne en relief, les surfaces métalliques des synthétiques affichent des reflets presque liquides, et la végétation hostile de Genna semble vouloir sortir du cadre pour venir griffer le spectateur. Le Blu-ray 4K Ultra HD nous offre une image stable, propre, sans artefacts visibles, et redonne au film une ampleur visuelle absolument remarquable. Le son n’est d’ailleurs pas en reste, et s’avère également une grosse claque dans laGl. La VO mixée en Dolby Atmos déploie un espace sonore ample, enveloppant, où chaque bruit (craquement de végétation, souffle du Kalisk, impacts des armes improvisées) trouve sa place avec une précision chirurgicale. Les basses sont profondes mais jamais baveuses, les voix (humaines, synthétiques ou Yautja) restent parfaitement intelligibles, et les effets verticaux sont utilisés avec une vraie intelligence, notamment lors des séquences de chasse ou des affrontements dans les structures Weyland-Yutani. La VF, qui nous est proposée en Dolby Digital+ 7.1, n’a pas à rougir de sa prestation : elle propose un mixage clair, dynamique, bien équilibré, avec une spatialisation convaincante et une énergie qui respecte parfaitement l’intention sonore du film. Les deux pistes cohabitent sans hiérarchie forcée : la version originale profite évidemment de l’Atmos pour offrir une immersion maximale, mais la version française propose une expérience solide, cohérente, et tout à fait digne d’un blockbuster moderne. L’ensemble forme un disque techniquement très réussi, qui permet de savourer Predator : Badlands dans des conditions optimales.

Les suppléments sont répartis entre les deux disques, avec une logique simple : le Blu-ray 4K Ultra HD accueille uniquement le commentaire audio, le Blu-ray regroupe le reste. Le commentaire audio de l’équipe du film réunit donc Dan Trachtenberg, Ben Rosenblatt, Jeff Cutter et Jacob Tomuri. Le quatuor reviendra sur la fabrication du film, les scènes abandonnées, les choix esthétiques, les contraintes de tournage en Nouvelle-Zélande, et les ajustements permanents entre storyboards, prévisualisations et réalité du plateau. Il s’agit d’une piste dense, vivante, qui offre un éclairage passionnant sur la manière dont Predator : Badlands a été pensé comme un récit initiatique plutôt que comme un simple film de chasse. Sur le Blu-ray, on trouvera ensuite une série de modules courts mais très efficaces. « Incarner le Predator » (6 minutes) revient sur le design du nouveau Predator : on y découvre la transformation de Dimitrius Schuster-Koloamatangi, le travail des designers, et la manière dont le costume et les effets numériques ont été combinés pour donner à Dek une expressivité inédite dans la franchise. « Des synthétiques authentiques » (7 minutes) met en avant Elle Fanning et son double rôle, en montrant comment les deux sœurs synthétiques ont été différenciées par le jeu, les mouvements et les effets pratiques. La featurette « Création des Badlands » (7 minutes) explore la conception de Genna, ses environnements, ses pièges naturels, et la manière dont les équipes ont transformé les paysages néo-zélandais en planète hostile. Pour les geeks qui désireraient arborer un costume de Predator lors de leurs prochains festivals cosplay, « Dek le Yautja » (6 minutes) s’intéresse à la culture Yautja, à la création de Yautja Prime, aux costumes, aux armes, et à la volonté de Dan Trachtenberg d’élargir le folklore autour du personnage, sans le trahir.

Enfin, on terminera avec une série de scènes coupées et prévisualisations (28 minutes), qui constituent un véritable trésor pour les amateurs de world-building : versions alternatives de rencontres, combats abandonnés, variations sur le Power Loader, et même une séquence où Dek et Bud étaient capturés par Weyland-Yutani. Ces scènes permettent de comprendre comment le film a évolué, comment certaines idées ont été abandonnées pour des raisons de rythme, de budget ou de cohérence thématique. L’ensemble forme un bloc de suppléments riche, cohérent, et parfaitement adapté à un film qui cherche à élargir l’univers Predator. En résumé, 20th Century Studios nous propose donc une édition solide, généreuse, et techniquement irréprochable : le Blu-ray 4K Ultra HD de Predator : Badlands s’impose comme la meilleure manière de découvrir (ou redécouvrir) cette relecture audacieuse d’une franchise mythique.

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