
Cela n’est mentionné nulle part dans la communication qui entoure la nouvelle rétrospective trimestrielle de LaCinetek, disponible en ligne dans le cadre de l’abonnement depuis avant-hier. Mais en ce mois de mars 2026, cela fait un demi-siècle que l’immense réalisateur italien Luchino Visconti nous a quittés. Ce fut le 17 mars 1976, pour être exact, à l’âge de 69 ans. Pendant trois mois, jusqu’au 27 juin, vous aurez donc l’occasion de vous plonger dans sept œuvres essentielles du maître. Ou plutôt six sur la durée entière du cycle, puisque son chef-d’œuvre Le Guépard n’y restera que jusqu’au 4 juin. Une formidable rétrospective (partielle) qui fait également la part belle à sa collaboration avec la scénariste Suso Cecchi d’Amico, associée à l’ensemble des films présentés.
Ces derniers couvrent plusieurs périodes importantes de la filmographie de Luchino Visconti. Y compris son premier film tourné en couleur, avec le hautement mélodramatique Senso, sa fresque sur la violence quotidienne au sein de la classe populaire italienne dans Rocco et ses frères, un genre typique du cinéma italien des années ‘60 avec le film à sketchs Boccace 70 et donc ce classique parmi les classiques l’adaptation de Tomasi di Lampedusa Le Guépard et son tour de force par Burt Lancaster en vieux patriarche sur le déclin. Puis, l’intégrale de la dernière partie de son corpus cinématographique y figure de même, grâce aux très crépusculaires Ludwig ou le crépuscule des dieux sur la folie du roi Louis II de Bavière, l’infiniment plus intimiste quoique aussi poisseux Violence et passion et son dernier film, sorti de manière posthume, L’Innocent.
Alors que cet échantillon d’ores et déjà très confortable des films de Luchino Visconti vous permettra aisément de vous familiariser avec son style baroque et ses sujets subtilement révolutionnaires, certains longs-métrages majeurs en sont hélas absents. A commencer par son premier coup double de maître en plein néo-réalisme italien dans les années 1940 avec Les Amants diaboliques et La Terre tremble. Puis ses deux collaborations avec Marcello Mastroianni – l’acteur mythique du cinéma italien célébré par le biais d’une rétrospective sur LaCinetek il y a deux ans, début 2024 – à l’occasion des Nuits blanches et de L’Étranger. Ainsi que le seul véritable rôle principal tenu dans son univers filmique par Claudia Cardinale dans Sandra.
Sans oublier ces deux pièces maîtresses de la décadence viscontienne soit dans l’Allemagne des années 1930 dans Les Damnés, soit dans une cité de Venise ravagée par la peste dans Mort à Venise, tous deux avec Dirk Bogarde. De quoi parfaire votre connaissance exhaustive de la filmographie de ce cinéaste hors pair ailleurs, par vos propres moyens …

Les 7 films inclus dans la rétrospective « Luchino Visconti »
Senso (1954) de Luchino Visconti, avec Farley Granger et Alida Valli
Rocco et ses frères (1960) de Luchino Visconti, avec Alain Delon et Renato Salvatori
Boccace 70 (1962) de Vittorio De Sica, Luchino Visconti, Federico Fellini et Mario Monicelli, avec Romy Schneider et Tomas Milian
Le Guépard (1963) de Luchino Visconti, avec Burt Lancaster et Claudia Cardinale – Palme d’or au Festival de Cannes en 1963
Ludwig ou le crépuscule des dieux (1973) de Luchino Visconti, avec Helmut Berger et Romy Schneider
Violence et passion (1974) de Luchino Visconti, avec Burt Lancaster et Silvana Mangano
L’Innocent (1976) de Luchino Visconti, avec Giancarlo Giannini et Laura Antonelli
















