Redécouvrir Charles Belmont, cinéaste…

0
230
Charles Belmont et Annie Buron sur le tournage de

… en présence d’, la Chloé de son écume des jours Ce vendredi 24 octobre à partir de 19h la Maison des Auteurs (7 rue Ballu) accueille une soirée spéciale pour célébrer la mémoire du cinéaste . Son épouse , qui fut sa monteuse et sa coscénariste et sa fille lancent l’assemblée constituante de l’Association des amis de Charles Belmont dont le but est de faire redécouvrir son cinéma à ceux qui n’y ont pas accès. L’objectif de cette soirée est de présenter les ambitions de cette association et de signer les premières adhésions (pour ceux qui le souhaitent), les fonds serviront notamment à financer toutes les activités liées à la redécouverte de ce grand cinéaste qui a marqué les années 70, une décennie étrangement négligée même par les cinéphiles les plus dévoués.

Charles Belmont et Annie Buron sur le tournage de L'Écume des jours
Charles Belmont et Annie Buron sur le tournage de L’Écume des jours

Le 15 mai 2011, le cinéaste Charles Belmont disparaissait à l’âge de 75 ans. Après des débuts comme comédien (il est la tête d’affiche des de Claude Chabrol avec Jean-Claude Brialy et Bernadette Lafont), cet esprit libre préfère passer derrière la caméra. Il réalisera huit films, un court puis sept longs marqués par un humanisme, un engagement intime et politique et un attachement à la musique que l’on ressent dans les compositions d’André Hodeir ou Michel Portal.

Voir l’entretien avec Marielle Issartel qui évoque la carrière de Charles Belmont en détails.

Après le court-métrage avec le danseur magique Jean Babilée, il signe son premier long-métrage, L’Écume des jours, une belle adaptation libre du roman de Boris Vian dont la carrière en salles a été la victime innocente de l’agitation de mai 1968. Pourtant célébré par Jacques Prévert, le film est aujourd’hui quasiment invisible et attend une restauration digne de ce nom pour exister à nouveau en salles et en DVD ou bluray.

Six autres films suivront ce premier essai magistral :

Rak

Rak (1972), une fiction avec (Colin dans L’Écume) confronté à la maladie de sa mère jouée par la bouleversante Lila Kedrova. La maladie et la perte d’un proche ont rarement été évoqués avec une telle force, sans détour autant dans l’émotion pure de l’intimité d’un fils avec sa mère que dans l’observation du monde médical. Une quête pour la vie perdue d’avance malgré la détermination d’un fils.

 

Histoires d’A (1974), un documentaire réalisé avec Marielle Issartel de portée historique sur l’avortement, un an avant sa légalisation par Simone Veil. Une œuvre politique, réalisée pour accompagner le combat pour cette avancée indispensable des droits des femmes et faire changer la loi mais aussi éminemment cinématographique grâce à alors à ses débuts et dont le talent de composition est déjà évident. Une référence majeure sur ce thème.

Pour Clémence

Pour Clémence (1977), où un cadre qui perd son travail tente de réinventer son emploi du temps avec un questionnement passionnant : Faut-il vivre pour travailler ou travailler pour vivre? Une œuvre visionnaire sur l’écologie politique et la culpabilisation de ceux qui ne veulent pas vivre leur rapport au travail comme la société l’ordonne. Le travail sur l’image de Philippe Rousselot est là encore somptueux et original, soutenu par la musique hypnotique de Michel Portal qui enserre le protagoniste principal dans sa solitude.

 

(1997, voir critique), autour des Accords de Matignon qui ont permis de mettre fin au conflit en Nouvelle Calédonie

 

(2001), Nouvelle-Calédonie encore avec Marie-Claude Tjibaou et Ariane Mnouchkine qui assistent avec enthousiasme au 8ème Festival des Arts du Pacifique qui célèbre les musiques et les danses de vingt-six peuples du Pacifique. La caméra accompagne et anticipe les mouvements chorégraphiques, permettant de conserver une trace de ces danses rituelles envoûtantes, avec une réflexion sur la culture et la politique de cette région. Là encore le sens du cadre et du plan de Charles Belmont est une évidence, autant dans les plans tournés de jour que ceux enregistrés la nuit avec les rares lumières qui créent un climat singulier. Le documentaire marque aussi l’amorce d’une réconciliation, Marie-Claude Tjibaou ayant été approchée à cette occasion par le fils de l’assassin de son mari.

 

(2006), récit d’apprentissage d’une adolescente rebelle, écrit avec sa fille Salomé Blechmans qui en est l’interprète principale sur une musique de l’aérien Silvain Vanot et dont le titre est évidemment celui de la chanson de M que l’on entend dans le film.

Programme de la Soirée pour l’Association des Amis de Charles Belmont :

19h : accueil au bar

19h30 : projection du documentaire inédit Regards sur l’écume des jours de Charles Belmont d’une durée de quarante minutes, en présence d’Annie Buron et suivie d’échanges avec des intervenants du film : Christelle Gonzalo, spécialiste de Boris Vian, Djinn Carrénard et Salomé Blechmans, respectivement réalisateur et interprète de Donoma et dont le prochain film, FLA, sort en salles le 26 novembre. Le producteur André Michelin et le décorateur Pace évoquent dans ce documentaire leur collaboration sur ce film pop, grave et solaire sur la jeunesse.

20h30 : présentation de l’Association et de ses buts, des projets à court et long terme, dont une rétrospective à Paris au printemps que l’on espère intégrale (le court-métrage étant particulièrement difficile d’accès, actuellement en ‘sommeil’ aux Archives du film).

21h30 : grignotages et bavardages

 

Réservation indispensable au 0140449225 ou au 0622027414 ou par mail (marielleissartel@gmail.com)

Accès métro :
Ligne 2 : station Blanche ou Place de Clichy
Ligne 13 : station Liège

Accès en bus :
Lignes 68 et 74 : arrêt Blanche-Calais (rue blanche)
Lignes 80 – 81 – 68 – 30 – 54 – 74 – 95 – N02 – N15 – N51 : arrêt Place de Clichy

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici