Critique : May

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May

MayMay

USA : 2002
Titre original : May
Réalisateur :
Scénario : Lucky McKee
Acteurs : , ,
Distribution : Zootrope Films
Durée : 1h34
Genre : Epouvante-horreur
Date de sortie : 10 mars 2004

3,5/5

May est le premier film réalisé et écrit par Lucky McKee. Un film d’horreur au scénario complexe et psychologique, à mi-chemin entre Frankenstein et Donnie Darko. May est une belle surprise, un ovni dans le paysage des films de genre. Alors découverte d’un nouveau talent ou chance de débutant pour Lucky McKee ?

Synopsis : May travaille dans un cabinet vétérinaire. C’est une jeune fille timide et complexée qui a beaucoup du mal à se faire des amis et dont l’attitude est étrange aux yeux des autres. Elle partage son appartement avec sa seule vraie amie, une poupée que lui a donné sa mère quand elle était petite.

Un jour, elle flirte avec un jeune mécanicien intrigué par son attitude. Leur relation ne dure pas longtemps et après d’autres brèves rencontres sans lendemain, May décide de se fabriquer elle-même un amant idéal…

May

Un scénario plus vrai que nature

La grande réussite de May réside dans son scénario très psychologique et truffé de détails qui nous plongent dans l’univers franchement décalé de cette héroïne plus qu’étrange. L’histoire est écrite avec une précision déroutante, chaque détail de l’existence de cette jeune femme est méticuleusement expliqué, nous offrant un personnage étrange, inquiétant mais terriblement attachant. May, c’est d’abord l’histoire personnelle de son scénariste Lucky McKee qui avoue avoir écrit un scénario semi-autobiographique…

Le personnage de May est parfaitement construit, tant au niveau de sa vie actuelle que l’on suit avec plaisir que de son enfance résumée ici pour nous permettre de mieux comprendre cette personnalité atypique. Les autres personnages qui gravitent autour de May ont chacun leur petite bizarrerie, à l’image de sa collègue lesbienne franchement nymphomane ou encore de son premier amour Adam, fan de gore et d’histoires sanglantes. Le petit monde qui gravite autour de May semble avoir ses névroses. celles-ci permettent de rendre plus humain le personnage principal.

Malgré cela on trouvera dans May quelques défauts, à l’instar d’une réalisation correcte mais qui souffre de quelques temps morts. Il faudra attendre une heure avant de véritablement voir un film d’horreur, la première partie étant résolument tournée vers le drame sentimental, ce qui pourrait décourager les puristes venus assister à un film d’horreur classique. Mais tout ceci semblait nécessaire pour nous offrir un final que le spectateur désire honteusement. La montée en puissance de la démence est habilement menée, de plus on est forcé d’éprouver de l’empathie pour cette jeune femme et on se surprend à espérer, à attendre sadiquement  une vengeance aussi dure que les épreuves qu’a endurées May.

May

Une fin bâclée

Dommage que le final soit un peu en-dessous du reste du film. La vengeance n’est pas franchement jouissive, les scènes de meurtres manquent de rythme et laissent une impression de bâclé. Finalement Lucky McKee semble plus à l’aise dans le drame sentimental que dans l’horreur à proprement parler.

Mais qu’aurait été May sans l’incroyable interprétation de son actrice principale, Angela Bettis (Liaison bestiale, Scar 3D). L’actrice nous offre un rôle qui transpire la folie, bien aidé par son physique étrange. A noter également les excellentes prestations de Jeremy Sisto, vu dans Thirteen et Waitress, et de la complètement dingue Anna Faris, star de la saga Scary Movie.

Résumé :

May est un conte horrifique délicieux. Une drame sentimental, proche d’une tragédie humaine qui se transforme progressivement en un revenge movie jubilatoire. On s’attache à la douce folie d’une Angela Bettis envoûtante.

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