Les sorties du 16 novembre 2016

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Vu le peu d’enthousiasme suscité pour les films sortis cette semaine, il est assez tentant de suggérer aux spectateurs aux fortes envies de cinéma de leur dire de rattraper les sorties des semaines précédentes ou de se plonger dans l’une des rétrospectives et/ou hommages ici ou là. À Paris, recommandons notamment l’intégrale Satyajit Ray à la Cinémathèque. Des œuvres humanistes et exigeantes sur la culture indienne. Heureusement, un film se détache aisément, le documentaire sur un des plus grands directeurs de la photographie, réalisé par Pierre Filmon, projectionniste au cinéma le Grand Action qui sera la seule salle parisienne à le programmer étrangement malgré une presse dithyrambique. Sacré frisson de projeter son propre film, j’imagine aisément. Les témoignages sont passionnants, notamment celui de Peter Fonda qui nous offre une belle leçon de cinéma.

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À noter la double présence dans l’actualité du cinéaste Ivan Passer qui témoigne dans ce film et dont l’une des œuvres dont il est l’auteur, Eclairage intime, ressort cette semaine. Un long-métrage tourné en 1965, tout comme Un Homme et une femme de Claude Lelouch, Palme d’or en 1966, ancré depuis dans l’histoire du cinéma et qui lança la carrière de cet auteur indépendant qui a enthousiasmé les uns et rebuté les autres.

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Notre ami Tobias est très attaché au entrepris par Gérard Depardieu et Sadek devant la caméra de Rachid Djaïdani. Ils jouent deux personnages hautement emblématiques, deux conceptions de la France. Malgré un va-et-vient entre leurs deux «camps», c’est un récit vif, voire optimiste, qui nous est proposé avec un Depardieu dans un rôle à sa démesure, celui d’un homme qui a su rester admirablement humain en dessous des nombreux préjugés qui lui troublent la vue sociale. Notre autre ami Nicolas lui aussi apprécié ce voyage initiatique bercé de rap, avec une mise en scène parfois brute, parfois rêveuse. , documentaire sur des adolescents qui grandissent au cœur de cités défavorisées en France, semble s’inscrire dans une même famille de cinéma. Le soutien de l’ACID qui lui a permis une belle exposition au Festival de Cannes est plutôt un gage de qualité.

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Polina, danser sa vie est une fiction réalisée par les grands danseurs et chorégraphes (de ceux que l’on peut qualifier de poètes) Valérie Müller et Angelin Preljocaj devrait être un joli moment de cinéma dansé, avec Anastasia Shevtsova, l’une des 17 pré-finalistes au César du meilleur espoir, dans le rôle principal. Les amateurs de magie devraient aux se réjouir de l’adaptation d’une prequel à Harry Potter, , toujours signé par J.K. Rowling et réalisé par David Yates, déjà à la barre des quatre dernières aventures du jeune magicien et que l’annonce déjà à la barre des quatre épisodes qui suivront. Les premiers échos sont bons, à vérifier. Nous sommes curieux du premier long-métrage de Maud Alpi, Gorge Coeur Ventre, où elle plonge un jeune homme dans le quotidien d’un abattoir, accompagné de son chien. Elle a déjà signé plusieurs courts-métrages marquants, d’ailleurs à découvrir ce lundi 21 novembre au cinéma l’Archipel à 20h, dont Courir, où elle captait avec un talent certain le mouvement de façon captivante, en suivant une jeune fille qui découvrait par hasard la course à pieds…

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Bon, les autres films maintenant, passons à ceux qui sont plus clairement dispensables. est un thriller assez inégal réalisé par Jalil Lespert qui, pour son quatrième long-métrage derrière la caméra, s’offre pour la première fois un rôle important, celui d’un banquier dont la femme (Charlotte Le Bon) est kidnappée par un homme désoeuvré (Romain Duris). Le choix d’une adaptation d’un thriller de Hideo Nakata est une étonnante source d’inspiration, l’on regrette que la machinerie se grippe au bout d’un moment et de ne jamais vraiment s’intéresser à ce film noir poisseux mais trop distant et froid. Pas de nouvelle semaine de cinéma sans au moins une comédie à la française.

Cette semaine, nous sommes également gâtés avec deux comédies bof-bof. Une bien méchante, Les Têtes de l’emploi, avec Franck Dubosc, Elsa Zylberstein et François-Xavier Demaison en employés d’agence pour l’emploi qui vont tenter de créer du chômage pour ne pas s’y retrouver. Bien méchante mais qui tombe souvent à plat, avec quelques grosses lourdeurs, dans les blagues et dans les moments de tentative d’émotion. Au moins, elle divertit, au contraire du Petit locataire bien navrant malgré ses interprètes dont Hélène Vincent qui nous rejoue Quelques heures de printemps de Stéphane Brizé comme hors contexte, mais attention, ce n’est pas sa faute mais celle d’un scénario qui, comme il ne raconte rien, se décide à prendre un élément majeur d’un autre film sans raison apparente, sinon celle de créer une émotion un peu factice.

Côté documentaires en bref, s’inscrit dans la continuité de Snowden avec une bataille au sein de l’Europe sur la protection des données personnelles, autour d’un voyage initiatique en Anatolie autour de la tradition de chants ancestraux, Afectados (Rester debout) sur la crise sociale en Espagne qui a jeté des centaines de milliers de personnes dans la rue et enfin avec Jeremy Irons embarqué dans un voyage à travers le monde pour étudier les dommages causés par les déchets sur l’environnement et notre santé.

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de David Yates (Etats-Unis / Royaume-Uni, Fantastique, 2h13, distribué sur 805 copies), avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler, Alison Sudol, Colin Farrell, Ezra Miller, Samantha Morton, Jon Voight, Carmen Ejogo et Ron Perlman

Afectados (Rester debout) de Silvia Munt (Espagne, Documentaire, 1h22)

de Nathalie Rossetti et Turi Finocchiaro (Pologne, Documentaire, 1h16 distribué sur 9 copies)

de Pierre Filmon (France, Documentaire, 1h21min, distribué sur 5 copies), avec les témoignages de Vilmos Zsigmond, John Travolta, Isabelle Huppert, Nancy Allen, Peter Fonda, Richard Donner, John Boorman, Caleb Deschanel, Michael Murphy, Vittorio Storaro, Darius Khondji, Bruno Delbonnel, Mark Rydell, Haskell Wexler, Dante Spinotti, Jerry Schatzberg, Stephen Goldblatt et Ivan Passer (critique)

de David Bernet (Allemagne, Documentaire, 1h40, distribué sur 4 copies)

Gorge Coeur Ventre de Maud Alpi (France, Drame, 1h29 distribué sur 6 copies), avec Virgile Hanrot et Dimitri Buchenet

de et avec Jalil Lespert (France, Thriller, 1h39, distribué sur copies), avec Romain Duris, Charlotte Le Bon, Camille Cottin, Adel Bencherif et Sophie Verbeeck

de Nadège Loiseau (France, Comédie, 1h39, distribué sur 278 copies), avec Karin Viard, Philippe Rebbot, Hélène Vincent et Côme Levin

de Rebecca Zlotowski (France, Drame, 1h48 distribué sur 180 copies), avec Natalie Portman, Lily-Rose Depp, Emmanuel Salinger, Amira Casar, Pierre Salvadori, Louis Garrel, David Bennent, Damien Chapelle et Benoît Forgeard

Polina, danser sa vie de Valérie Müller et Angelin Preljocaj (France, Drame, distribué sur 64 copies), Anastasia Shevtsova, Niels Schneider et Juliette Binoche

de Olivier Babinet (France, Documentaire, 1h24, distribué sur 40 copies)

de Bentley Dean et Martin Butler (Australie, Drame, 1h44, distribué sur 30 copies), avec Mungau Dain, Marie Wawa et Marceline Rofit

Les Têtes de l’emploi de Alexandre Charlot et Franck Magnier (France, Comédie, 1h30, distribué sur 350 copies), avec Franck Dubosc, Elsa Zylberstein et François-Xavier Demaison

de Rachid Djaïdani (France, Comédie dramatique, 1h35), avec Gérard Depardieu, Sadek et Louise Grinberg (critique 1) (critique 2)

de Candida Brady (Royaume-Uni, Documentaire, 1h38), avec Jeremy Irons

Les reprises

Eclairage intime de Ivan Passer (Comédie dramatique, 1965, 1h11), avec Zdenek Bezusek, Karel Blazek et Vera Kresadlova

Un Homme et une femme de Claude Lelouch (France, 1966, Comédie dramatique, 1h40), avec Jean-Louis Trintignant, Anouk Aimée et Pierre Barouh

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