Je suis venu vous dire…

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Je suis venu te dire

Globale : [rating:4][five-star-rating]

Un peu plus d’une heure et demi en présence de Gainsbourg, est-ce que ça se refuse ? Assurément non. Ce documentaire qui prend le parti de l’autoportrait 20 ans après la mort du plus célèbre trublion du PAF, fédère tous les publics, les fans comme les néophytes. Et sur grand écran, le plaisir est plus grand…

Synopsis : Le réalisateur a rassemblé des images d’archives de la carrière de Serge Gainsbourg sur lesquelles l’artiste parle à la première personne. De ses débuts avec « Le Poinçonneur des Lilas » à « Hey Man » lors de son ultime tour de chant au Zénith, en passant par Bardot, Birkin, Bambou, l’Eurovision qu’il fit gagner à France Gall en 1965, Anna Karina, Michel Simon, 35 ans d’un parcours hors du commun sont retracés.

Je suis venu te dire

Un autoportrait post mortem

Le 20ème anniversaire de la mort de Gainsbourg l’an dernier avait charrié son cortège d’hommages, de rééditions, d’émissions spéciales, d’exégèses en tous genres. Jusqu’à un film de fiction renié par les proches du chanteur et sommes toutes plutôt raté. Y’avait-il encore donc à dire sur ce poète qui fit de la provocation un art majeur ?

Pierre-Henry Salfati a pris le parti de proposer un film entre documentaire et autoportrait. Quelques scènes fictionnelles ont été ajoutées pour combler l’absence d’images sur certaines parties de la vie de Gainsbourg. Elles se fondent dans la masse des archives et sont commentées par Gainsbourg himself (comme le laisse supposer le titre). L’homme d’images et de son fusionnent donc dans un double montage qui fait souffler la fraicheur de l’inédit dans la forme à défaut de le faire dans le fond.

Je suis venu vous dire... photo du documentaire sur Gainsbourg

Gainsbourg et ses nanas

Le montage des images effectue régulièrement de grands écarts temporels, comme pour mieux montrer comment chaque période de la vie de Gainsbourg a construit l’homme, l’artiste, l’amant, le père. Le passé nourrit le présent et tous deux se télescopent au gré de ce montage syncopé qui symbolise également cette dualité permanente du personnage (la fameuse bipolarité Gainsbourg/Gainsbarre).

Certes, un tel film comporte par là même ses propres limites. Une heure et demi pour retracer un tel parcours, cela peut paraître un peu léger d’autant que les images sont pour la plupart connues, Salfati s’étant cantonné aux grandes étapes du parcours gainsbourgien. Exit Adjani, Deneuve. Point d’ « Equateur », « Stan the Flasher » (deux films qu’il réalisa). Passées à la trappe les dizaines de BOF (du « Pacha » à « Tenue de soirée »). Gréco et Paradis ne font que de la figuration alors que la parole est donnée à Barbara, à Michel Simon, à Anna Karina.

Ce sont donc les quatre piliers de l’œuvre de Gainsbourg qui sont solidement ancrés dans l’âme de ce film : les chansons, les nanas (jusqu’à sa chienne ainsi surnommée), la peinture, les enfants. Ce qu’on en connaissait donc déjà. Pourtant, par l’astucieux parti pris du cinéaste, c’est sous un jour nouveau que l’on découvre ce sublime dandy, ce romantique évadé d’un autre siècle. Le résultat est fascinant, souvent drôle, parfois émouvant. A son image…

Résumé

Des images qu’on connaît presque tous mais que le cinéaste présente dans un montage visuel et sonore très original, permettent de dépeindre non pas un nouveau Gainsbourg mais d’entrevoir cet artiste sous un jour différent. Un film qui colle trait pour trait à son modèle.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=oEqPoWWx9Sg[/youtube]

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