German Film Awards 2015 : le triomphe de Victoria

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Laia Costa, Frederick Lau, Sebastian Schipper et le producteur Jan Dressler (photo : Gisela Schober/Getty Images)

Le 19 juin dernier, un peu moins de deux semaines avant sa sortie française, le film noir de Sebastian Schipper était le grand vainqueur de la cérémonie des Deutscher Filmpreis (ou German Film Awards), l’équivalent allemand des César ou des Oscars, surnommés Lolas depuis la sortie de Cours, Lola, cours de Tom Tykwer, comme un hommage à l’abondance du prénom dans les films allemands, les plus célèbres autres exemples étant les rôles de Marlène Dietrich dans L’Ange bleu ou de Barbara Sukowa dans Lola, une femme allemande de Fassbinder.

Victoria
Victoria

Victoria est un tour de force visuel, un plan-séquence sans coupe de 2h14 et a reçu six Lolas sur ses sept nominations, dans les catégories du meilleur film, réalisateur, actrice (), acteur (), photographie (Sturla Brandth Grøvlen) et musique (Nils Frahm), ne perdant que pour le son. Victoria sort ce 1er juillet, voir la critique de Johan Amselem.

Laia Costa, Frederick Lau, Sebastian Schipper et le producteur Jan Dressler (photo : Gisela Schober/Getty Images)
Laia Costa, Frederick Lau, Sebastian Schipper et le producteur Jan Dressler pour Victoria (photo : Gisela Schober/Getty)

La créatrice de costumes a reçu le Lola d’honneur qui chaque année honore «les mérites exceptionnels par rapport au cinéma allemand». Elle a travaillé sur plusieurs œuvres de Fassbinder à partir de Effi Briest, notamment sur , , , Lola, et son tout dernier Querelle. Elle avait débuté sur de Peter Fleischmann et avait encore signé les costumes de la minisérie franco-allemande Via Mala avec Marsuchka Detmers et Dominique Pinon ou du film Aimée et Jaguar de Max Färberböck.

Barbara Baum
Barbara Baum
avec Rainer Werner Fassbinder sur le tournage de lola, une femme allemande (photo : Karl-Heinz Vogelmann)
avec Rainer Werner Fassbinder sur le tournage de Lola, une femme allemande (photo : Karl-Heinz Vogelmann)
Effi Briest
Effi Briest

Les films liés à la Seconde Guerre Mondiale étaient largement représentés dans les nominations comme Le Labyrinthe du silence de Giulio Ricciarelli, succès surprise de ce printemps en France avec déjà plus de 150 000 entrées rien qu’en région parisienne. Cité dans quatre catégories, film, scénario (Elisabeth Bartel, Giulio Rocciarelli), second rôle masculin (Gert Voss) et musique, il repart sans trophée. Étrangement, Phoenix de Christian Petzold (notre test DVD) n’était en lice que pour son extraordinaire actrice Nina Hoss et pour la non moins bouleversante Nina Kunzendorf en second rôle, primée pour son rôle de survivante qui n’arrive pas à s’adapter au monde libre à sa sortie des camps. , d’Oliver Hirschbiegel, sur la trajectoire de cet homme qui a tenté d’assassiner Hitler en 1939 avait sept nominations non transformées. Sa sortie française est annoncée pour le 21 octobre prochain.

Nina Kunzendorf dans Phoenix
Nina Kunzendorf dans Phoenix

(Age of cannibals) de Johannes Naber permet à Stefan Weigl de recevoir le prix du scénario, le synopsis semblant bien barré. Citizenfour de Laura Poitras, oscar du meilleur long-métrage documentaire cette année, remporte son équivalent allemand, le film étant une production locale et était également en lice pour le montage de Mathilde Bonnefoy (récemment invitée à rejoindre l’Académie des votants pour les Oscars) et le son. Les Sœurs bien-aimées de Dominik Graf, représentant malchanceux de l’Allemagne dans la catégorie du film étranger cette année, était cité dans sept catégories et reçoit les trophées des costumes et des maquillages & coiffures. Le Deutsche Filmpreis du second rôle masculin revient à pour We are young, we are strong de Burhan Qurban. Enfin, les hackers de Who Am I – Kein System ist sicher de Baran bo Odar reçoivent les trophées du son, du montage et des décors.

Joel Basman
Joel Basman

Til Schweiger a reçu un trophée spécial en tant que réalisateur de Honig im Kopf, le plus gros succès pour un film allemand au box-office.

Til Schweiger (photo : Gisela Schober/Getty)
Til Schweiger (photo : Gisela Schober/Getty)

Gageons que nous retrouverons certaines de ses productions lors de la rétrospective consacrée au jeune cinéma allemand lors de la prochaine saison de la Cinémathèque Française à Paris, voir le programme ici.

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