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Film de la semaine : La Fin d’Oak Street

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Affiche La Fin d'Oak Street

Titre original : The End of Oak Street
Réalisateur et scénariste : David Robert Mitchell
Producteur : J.J. Abrams (Bad Robot)
Casting principal : Anne Hathaway, Ewan McGregor, Maisy Stella, Christian Convery
Genre : Science-fiction, aventure
Durée : 1h40
Pays : États-Unis : 2026
Distributeur : Warner Bros. France
Date de sortie : 12 août 2026 (France), 14 août 2026 (États-Unis)

Note de la rédaction★★★★★★★★★★3,5 / 5

Synopsis

Dans un pavillon de banlieue américaine, la famille Platt traverse une crise conjugale ordinaire lorsqu’un événement cosmique inexpliqué fait basculer tout le quartier d’Oak Street dans une ère préhistorique peuplée de dinosaures, figée symboliquement en 1982. Coupée du monde, la famille doit apprendre à survivre ensemble.

Pourquoi ce film plutôt qu’un autre cette semaine

La semaine du 12 août 2026 proposait un contraste net entre deux logiques de sortie. D’un côté, le choix éditorial de la presse ciné, à commencer par Critique Film, allait vers Soudain de Ryusuke Hamaguchi, drame intimiste de trois heures sorti sur seulement 141 copies — un geste de « contre-programmation » assumé. De l’autre, un vrai blockbuster de studio, porté par un casting hollywoodien de premier plan et une campagne marketing internationale : La Fin d’Oak Street, produit par J.J. Abrams et distribué par Warner Bros.

C’est ce second film qui s’impose comme l’événement de la semaine, non pas nécessairement par la qualité critique — l’accueil est partagé — mais par son ampleur : sortie mondiale quasi simultanée, budget conséquent, et une couverture médiatique qui a largement dépassé le strict cadre cinéphile pour s’installer dans la presse économique.

De quoi ça parle

Sans dévoiler la résolution, disons que le film navigue entre séquences de survie spectaculaires — évidemment nourries de références à Jurassic Park et à La Guerre des mondes — et scènes plus intimistes sur le deuil, l’usure du couple et la transmission entre générations.

Analyse critique

C’est un film à double fond, et c’est bien ce qui divise la critique. D’un côté, on peut légitimement reprocher à David Robert Mitchell une forme de confort : sous des dehors « progressistes » de façade, le film referme finalement son intrigue sur une réconciliation familiale assez classique. Le vernis nostalgique années 1980 façon Amblin peut aussi virer au procédé.

Ewan McGregor dans La Fin d'Oak Street

Ewan McGregor dans La Fin d’Oak Street. © Warner Bros. Pictures.

De l’autre côté, on ne peut pas ignorer la sincérité du geste d’auteur qui infuse ce cahier des charges de blockbuster. Mitchell dédie le film à son père, mort en 2024, et cela s’entend : chaque « bulle temporelle » traversée par la famille fonctionne comme une métaphore du deuil. Anne Hathaway et Ewan McGregor tiennent leur duo avec une justesse qui évite le pur pilotage automatique.

Le film souffre en revanche d’un déséquilibre de rythme assez net dans son dernier tiers, et d’un traitement des enfants Platt qui reste en retrait par rapport au couple parental.

Verdict et recommandation

La Fin d’Oak Street n’est ni le triomphe critique espéré par Warner Bros., ni le naufrage total que suggèrent certains titres de presse américaine pointant sa performance commerciale décevante (20 millions de dollars en ouverture aux États-Unis, entre 38 et 48 millions au niveau mondial, pour un budget avoisinant les 85 millions). C’est un blockbuster d’auteur imparfait mais habité, qui mérite d’être vu au cinéma, à condition d’accepter que David Robert Mitchell s’en serve avant tout comme prétexte à une réflexion plus personnelle sur le deuil et la famille.

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