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Nécrologie News — 01 mai 2019
Décès du réalisateur John Singleton
© 1992 Columbia Pictures Inc. Tous droits réservés

Le réalisateur américain est décédé avant-hier à Los Angeles des suites d’une attaque cérébrale qu’il a eue douze jours plus tôt. Il était âgé de 51 ans. Dès son premier film, le drame social Boyz N the Hood, Singleton s’était imposé comme l’un des réalisateurs afro-américains majeurs du cinéma hollywoodien. Dans la plupart des neuf films qu’il a réalisés, il évoquait des sujets proches de sa propre expérience dans le quartier de South Central. Ces dernières années, il avait surtout travaillé pour la télévision, réalisant entre autres des épisodes des séries à succès « Empire » et « American Crime Story ».

© 2000 New Line Cinema Tous droits réservés

A peine sorti de l’université, le jeune John Singleton avait dû se battre pour que le studio Columbia le laisse réaliser lui-même son premier scénario. Boyz N the Hood, un conte sombre sur des jeunes dans le quartier chaud de South Central, interprétés entre autres par Ice Cube, Cuba Gooding Jr. et Morris Chestnut, avait été sélectionné au Festival de Cannes dans la section Un certain regard en 1991 avant de devenir un succès critique et public aux États-Unis. En attendant de transformer l’essai sur le terrain filmique, Singleton avait réalisé le clip vidéo pour la chanson « Remember the Time » de Michael Jackson. Pour son deuxième film, , il avait également fait appel à des vedettes du monde de la musique, puisque les deux rôles principaux de ce drame romantique étaient interprétés par Janet Jackson et Tupac Shakur. Toujours aussi socialement engagés, ses deux films suivants, Fièvre à Columbus University et Rosewood, avaient davantage peiné à rencontrer leur public.

© 2005 Paramount Pictures Tous droits réservés

Le succès commercial était de retour pour John Singleton en 2000 grâce à son remake du mythe de la blaxploitation Shaft avec Samuel L. Jackson, qui va d’ailleurs reprendre dès cet été son rôle dans une relecture plus comique de l’univers du flic le plus cool de New York entreprise par Tim Story. Ce départ vers des productions plus commerciales allait se confirmer au cours des films restants de la filmographie du réalisateur, puisque à l’exception de Baby Boy avec Tyrese Gibson et Snoop Dogg, les trois autres ressemblaient à s’y méprendre à des films de commande : la première suite de Fast & Furious, , l’histoire de vengeance Quatre frères avec Mark Wahlberg et André Benjamin et enfin le film d’action efficace mais dépourvu de signes particuliers avec Taylor Lautner et Lily Collins. Depuis 2015, Singleton avait ainsi travaillé exclusivement pour la télévision, en tant que réalisateur et producteur. Dans les années 2000, il avait déjà produit les films de son confrère Craig Brewer Hustle & Flow et Black Snake Moan.

Identité secrète © Metropolitan FilmExport Tous droits réservés

John Singleton a été nommé à l’Oscar du Meilleur réalisateur et du Meilleur scénario original en 1992 pour Boyz N the Hood. Il était alors devenu le premier réalisateur afro-américain nommé dans cette première catégorie et il allait même rester le seul pendant dix-huit ans, jusqu’à la nomination de Lee Daniels pour Precious en 2010. A ce jour, seuls cinq réalisateurs afro-américains ont été nommés à l’Oscar du Meilleur réalisateur, en plus de Singleton et Daniels, Barry Jenkins pour Moonlight, Jordan Peele pour Get out et Spike Lee pour Blackkklansman, ainsi que l’anglais Steve McQueen pour 12 Years a Slave. Un autre record établi à l’époque par John Singleton est toujours d’actualité, puisqu’il demeure à 24 ans le plus jeune réalisateur nommé à l’Oscar, toutes proportions filmiques gardées de plus de deux ans plus jeune que Orson Welles quand celui-ci avait réalisé Citizen Kane en 1941 ! Boyz N the Hood lui avait également valu les prix du Meilleur Premier Film des critiques de New York et de Los Angeles, ainsi qu’une nomination de la Writers Guild. Pour sa réalisation d’un épisode de « American Crime Story », il a été nommé à l’Emmy en 2016 et au prix de la Directors Guild l’année suivante.

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles