Critique : The last girl – Celle qui a tous les dons

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The last girl


Royaume-Uni, États-Unis : 2016
Titre original : The girl with all the gifts
Réalisation : Colm McCarthy
Scénario : Mike Carey
Acteurs : Gemma Arterton, Glenn Close, Paddy Considine
Distribution : La Belle Company
Durée : 1h51
Genre : Horreur, Thriller, Drame
Date de sortie : 28 juin 2017

4/5

Colm McCarthy signe un film de zombie pas comme les autres. The Last Girl, porté par Glenn Close et Gemma Arterton, raconte le destin d’une petite fille atteinte du virus qui ronge l’humanité. Alors que les adultes se sont transformés en terribles monstres, la nouvelle génération parvient à créer une symbiose avec le virus. Mi-hommes, mi-zombies, ils sont capturés et utilisés pour la science par Glenn Close afin de concocter un antidote. Gemma Arterton est professeur et guide ces enfants dans un monde hostile. Elle se prend d’amitié pour Mélanie (Sennia Nanua), une enfant qui serait la clé.

Synopsis : Au fin fond de la campagne anglaise, une base militaire héberge et retient prisonniers un groupe d’enfants peu ordinaires qui, malgré le fait d’avoir été infectés par un agent pathogène « zombie » qui a décimé la planète, demeurent capables de penser et de ressentir des émotions. Lorsque la base est attaquée, Melanie, qui semble être la plus surdouée d’entre eux, réussit à s’échapper en compagnie de son professeur, de deux soldats et d’une biologiste qui ne voit en elle qu’un cobaye indispensable à la découverte d’un vaccin. Dans une Angleterre dévastée, Melanie doit découvrir qui elle est vraiment et décider ainsi de son propre sort comme celui de l’humanité tout entière…

 

 

Un film de zombie pas comme les autres

The Last Girl a l’avantage d’offrir un point de vue peu ordinaire. La première partie du long métrage est une véritable leçon. Le spectateur est immiscé directement au plus près des personnages et apprend à connaître les protagonistes. Mélanie, malgré un penchant pour la viande fraîche, apparaît comme une gamine attachante qui cherche à se faire apprécier et accepter de ses aînés. L’introduction est intrigante, Colm McCarthy, qui vient du monde de la série, parvient à mettre en place une mise en situation de haute volée, à la fois intrigante, passionnante et très rythmée. Les personnages sont rapidement établis et leur écriture n’est pas paresseuse, le manichéen n’a pas ça place dans ce long métrage.

La première attaque est renversante. Une action parfaitement filmée ou la tension est à son comble. La violence se déchaine, le chaos remplace la légère sécurité qu’avaient mis en place les survivants. Les zombies déferlent, les hommes tombent, et le sang coule. The Last Girl est dans sa première partie une œuvre sous tension, au rythme endiablé, et à la mise en scène vive et imprégnée d’une situation désespérée.

Cette première partie tonitruante permet de poser les enjeux et les personnages. Le casting est parfait. Glenn Close revient en grande forme. Le teint grisonnant, la vieillesse sur le visage, elle s’investit parfaitement dans son rôle de médecin prêt aux pires sacrifices pour concocter son antidote. Gemma Arterton apporte une touche de sensibilité. Sans jamais être mièvre elle conserve l’humanité nécessaire pour garder la tête froide. Paddy Considine apparaît parfaitement à l’aise dans un rôle de militaire intelligent, efficace et protecteur. Enfin, c’est Sennia Nanua qui crève l’écran, dans son rôle ambigu d’enfant zombie, figure de danger extrême, paradoxalement couplée à un ressort émotionnel de haute volée. Elle est parfaite dans cette composition oscillant constamment entre folie animale et empathie humaine.

 

 

Une seconde partie plus calme

La seconde partie perd en intensité et en tension pour tomber davantage dans le relationnel. Les zombies se font plus rares, Mélanie devient plus proche des hommes, apprend à contrôler ses pulsions meurtrières. Les liens entre les cinq survivants se resserrent, et la jeune fille commence à être prise en sympathie par les survivants humains.

Cette seconde partie soulève une série de questionnements existentiels sur la condition de cette jeune enfant. Est-elle vivante ? A-t-elle la pleine possession de ses moyens intellectuels ou est-elle contrôlée par le champignon pathogène ? Peut-elle vivre en harmonie avec les êtres humains ? Reste-t-elle une menace ? Etc… Colm McCarthy lâche le tape à l’œil pour créer une ambiance plus intimiste au cœur des relations. Pour autant la tension s’essouffle et le rythme perd en intensité. Inversement, les enjeux augmentent jusqu’au dénouement inattendu et à double sens. La conclusion reste dissimulée et les intentions de Mélanie restent approximativement flous jusqu’à la fin.

Ce final parfaitement exécuté est une véritable claque, appuyée par une photographie absolument démentielle, offrant des plans somptueux, et porté par une bande originale lancinante et hypnotisante, quelque part dans la lignée du cinéma asiatique, prenante et en adéquation parfaite avec le thème.

 

 

Conclusion

Malgré une entrée en matière fracassante, The Last Girl subit parfois les méfaits d’un montage trop académique et marque un essoufflement dans sa seconde partie. Pour autant, ce film de zombie parvient à sortir de l’ordinaire et offre une vraie nouvelle vision grâce à une écriture des personnages précise et intéressante.

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